Charpentier, Troubles cérébraux et cancer de Vestomac
Congrès annuel de médecine mentale (1891), C. R., 1892,
p. 344 et suiv.
o. Joffroy, Leçon professée à l’asile Sainte-Anne,-1893.
faut citer la pellagre qui est une maladie de misère (Th. Roussel ‘, Bouchard, Baillarger). Les états mélancoliques ont été souvent décrits au cours de l’évolution de cette dernière maladie; ici l’intoxication de nature alimentaire joue un rôle important.
i. Maladies viscérales. — Pendant longtemps on a cru que les maladies des organes ne pouvaient agir sur le cerveau que par réflexe, par sympathie 1 2 . On admet aujourd’hui que beaucoup de ces maladies (pneumonie, angines) sont des infections générales et agissent par des toxines microbiennes.
La pneumonie donne, dans la période fébrile, un délire hallucinatoire aigu, semblable au délire alcoolique, qu’il est parfois d’ailleurs. Après le stade fébrile, au cours de la convalescence, au moment de la dépression physique, des états mélancoliques peuvent apparaître.
Aux maladies du tube digestif étaient jadis rapportées bien des maladies mentales et notamment la mélancolie. Esquirol était persuadé que le déplacement du côlon transverse était une des causes de la lypémanie. Les maladies du tube digestif nous paraissent retentir sur les troubles psychiques sur-
1. Th. Roussel, Traité de la pellagre et des pseudo-pellagres,
2. Loiseau, De la folie sympathique, th. Paris, 1856. — Régis, Art. Folie sympathique, in Dict. Encycl. des Se. méd 3 e s., XIII.
ÉTIOLOGIE
tout par l’auto-intoxication qu’elles produisent 1 . Parmi les désordres mentaux observés, un certain nombre sont des états mélancoliques.
La constipation 2 produit souvent, parl’auto-intoxication, un état d’anxiété, de tristesse, d’hypocondrie, qui a été fréquemment décrit.
Les maladies du foie , comme celles de l'estomac, expliquaient, d’après les anciens, la mélancolie et d’autres maladies mentales. Dans ces derniers temps, l’étude de certains observateurs s’est dirigée de ce côté 3 ; et Hammond 4 a décrit des mélancolies provoquées par des abcès du foie, lesquelles disparurent après la guérison des abcès.
La relation des maladies du cœur avec les troubles mentaux a été étudiée depuis longtemps s .
1. Duehon-Doris, De quelques troubles cérébraux liés à la dilatation de l'estomac, th. Paris, 1887.— Bettencourt-Rodrigues, Congrès international de méd. ment., C. R., 1890, p. 409. — Ballet et Roubinovitch, Contribution à l’étude des autointoxications dans les maladies mentales. Congrès des àlién. et neurolog. (Session de La Rochelle), 1893. — Dericq, Autointoxication gastro-intestinale et folie, Congrès des méd. ali'én. et neurolog. (Session de La Rochelle, 1893). — Séglas, Des auto-intoxications dans les maladies mentales, Arch. génér. de méd., 1893, p. 11.