‹ La mélancolieChapitre 126 sur 153 · Peeters, Gheel , p · texte numérisé non relu

Peeters, Gheel , p

coliques convalescents à titre de patronage familial

transitoire.

«Je pense avec M. Peelers que l’isolement dans une colonie familiale présente un côté favorable qu’il importe surtout de signaler. Le malade n’étant pas séparé de la société, on peut aisément juger par ses paroles et ses actes s’il est en état d’être rendu à sa famille et à son genre de vie primitif. Dans les cas douteux, l’aliéné sortant d’un établissement fermé pourrait être envoyé à Dun ou dans toute autre colonie familiale de convalescence, où il donnerait des preuves définitives de son aptitude à reprendre la vie sociale. C’est en ce sens que l’idée de M. Marandon pour la colonisation familiale à Paris nous semble devoir être comprise et pouvoir devenir féconde en résultats pratiques.

« Le milieu familial réalise en outre une surveillance affectueuse pour le malade, qui se trouve réellement mêlé à l’existence de ses gardiens. C’est là, si on rencontre des nourriciers intelligents, une excellente condition pour une observation continue et étroite, quoique discrète; et c’est aussi un moyen unique de moralisation par la suppression de la cohabitation avec des parents à tares dégénératives homologues.

« Voici pour terminer deux observations caractéristiques de malades observés à Dun. Dans la première il s’agit d’une malade de la colonie, qui, réclamée par les sièns, retomba, aussitôt rendue à son milieu

TRAITEMENT

antérieur, dans un accès anxieux avec sitiophobie, apparemment par suite du renouvellement des mômes causes (soucis, discussions constantes avec les siens); revenue à Dun dans une famille étrangère, elle s’y est de nouveau rétablie.

« Le second fait concerne une autre mélancolique qui a cherché en vain deux fois à s’étrangler, tentative constamment déjouée par les nourriciers, auxquels elle s’est maintenant attachée et qu’elle ne voudrait pas compromettre par une tentative nouvelle. Ce qu’il est intéressant à signaler c’est qu’elle se retient maintenant « parce que, dit-elle, je sais « que mes nourriciers sont responsables de moi » et « que je ne veux pas leur attirer des ennuis ».

Traitement.

La thérapeutique de la mélancolie doit être, nous le répétons, une thérapeutique individuelle. Nous ne donnerons iei que des préceptes généraux capables de guider les praticiens.

A. Traitement prophylactique. — La mélancolie, comme toutes les maladies mentales, prend sa source dans de mauvaises conditions héréditaires. Toutes les mesures propres à empêcher la transmission des tares pathologiques diminueront de ce fait les cas de mélancolie. Mais ce sont là des mesures

sociales étudiées ailleurs par l’un de nous 1 et sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre. Disons toutefois que le médecin ne doit pas conseiller le mariage aux individus atteints d’une forme grave de mélancolie, par exemple d’une forme délirante ou d’une forme stupide; les malades de ce genre ne cherchent d’ailleurs guère à se marier. Il doit aussi et surtout conseiller l’abstention sexuelle durant le temps de la maladie et de la convalescence.

Les états mélancoliques étant souvent sous la dépendance d’intoxications (alcoolisme, morphinisme), de maladies infectieuses (lièvre typhoïde, syphilis), de cachexie amenée par la misère, il est clair que toutes les mesures qui empêcheront le développement de ces maladies auront pour conséquence de diminuer le nombre des lypémaniaques. Mais ce sont là des questions (Tordre trop général pour que nous nous y arrêtions ici.

Il faut conseiller aux individus suspects de prédis position névropathique d’éviter toutes les causes de surmenage physique ou moral. Dans les familles où se trouve un hypocondriaque ou tout autre mélancolique, il est prudent d’écarter, quand on peut le faire, les jeunes sujets, dans la crainte qu’ils ne soient victimes d’une contagion des idées morbides.

B. Traitement étiologique. — Les indications sont encore mal connues. On essaiera cependant,

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