‹ La mélancolieChapitre 127 sur 153 · Ed. Toulouse, Les causes de la folie, 1896, p · texte numérisé non relu

Ed. Toulouse, Les causes de la folie, 1896, p

chaque fois qu’il le sera possible, de combattre le facteur apparent des troubles morbides. On réussira souvent — mais pas toujours — en mettant à l’abstinence les alcooliques; c’est surtout dans ces circonstances que le traitement étiologique sera efficace. On traitera aussi — le cas échéant — la syphilis, l’impaludisme. Il est indiqué de lutter contre les troubles apportés par les maladies viscérales (cœur, foie et reins), de relever la nutrition des convalescents et d’essayer de modifier celle des arthritiques, lorsque ces états morbides paraîtront provoquer les troubles mentaux. Nous ne croyons pas devoir insister sur ces indications générales que tout médecin a présentes à l’esprit, d’autant que certaines considérations sur ce sujet seraient forcément reproduites plus loin.

G. Traitement symptomatique. — Il faut l’entendre dans le sens de traitement des symptômes : nous divisons le traitement en moral et physique.

a. Traitement moral. — Une partie sera examinée à propos du régime ; nous ne nous occuperons ici que des méthodes thérapeutiques propres à modifier, par le secours des émotions ou d’autres idées, l’état mental morbide. Ces modifications ne peuvent se faire que par l’intermédiaire de modifications somatiques parallèles. Aussi, est-il vrai de dire que ce traitement moral est un véritable traitement physique.

Lasègue 1 admettait deux méthodes : la méthode raisonnante et la méthode sentimentale. La première consiste dans l’emploi d’arguments propres à convaincre le malade, la seconde dans celui d’émotions capables dé modifier l’émotion pénible habituelle du sujet. Ces deux méthodes se confondent souvent dans la pratique.

La discussion avec les malades est le plus souvent nuisible, car la folie diffère de l’erreur par l’impossibilité de la persuasion (Féré). Il est préférable d’accepter les idées délirantes, mais sans cacher qu’elles sont fausses. Il est nécessaire de gagner la confiance du sujet; et, pour cela, il faut paraître s’intéresser à lui, être bienveillant tout en montrant une certaine fermeté. Gn ne peut davantage espérer d’obtenir le changement du délire en le flattant. « Pinel rapporte que, pendant qu’il était médecin à Bicêtre, il fit simuler un tribunal, qui jugea un mélancolique qui se croyait coupable; ce stratagème réussit, mais ce succès fut de courte durée, par l’imprudence d’un indiscret qui dit à ce même homme qu’on l’avait joué 2 . » Esquirol disait qu’il n’y a pas de méthode générale, que tantôt il faut en imposer au malade et substituer une crainte réelle à une crainte imaginaire, et tantôt gagner sa confiance, relever son courage, lui rendre l’espérance. Mais il est bien certain que, pour en arriver

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