J. Luys, Le traitement de la folie, 1S93, p. 283 et suiv
lièrement insisté sur ce point. Un mélancolique peut guérir et être rendu à sa famille alors, et il reprend ses occupations et sa vie normale. Mais doit-on le considérer comme complètement débarrassé et prémuni des retours offensifs de la lypémanie? Certainement non dans la grande majorité des cas; un mélancolique conserve pendant toute son existence le souvenir du mal qui l’a frappé. Nous pouvons dire avec l’auteur que nous venons de citer que la maladie est toujours latente chez lui; et, sous l’influence d’une cause occasionnelle, il est capable de retomber de nouveau. On voit donc qu’il est sou- : vent difîcile de se prononcer sur les résultats éloignés du traitement, et que pour cela il faut pouvoir suivre le malade pendant de longues années, être au courant de sa manière de vivre en dehors de l’asile et de la résisiance qu’il'manifeste dans sa lutte pour la vie. M. Luys 1 a vu dès mélancoliques sortir en apparence guéris de la période de dépres sion qu’ils venaient de traverser. Il les a revus « à plusieurs reprises, à deux et trois ans de distance, retomber, se relever pour retomber plus tard, et finalement s’acheminer avec force bizarreries de caractère, avec accompagnement d’extravagances, vers un état de passivité de caractère, la première étape de la démence ». Des faits de ce genre s’observent en en effet souvent chez les héréditaires