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On en fait avec des indicateurs en verre

Si le malade vomit pendant le cathétérisme, il faut retirer la sonde, car des aliments ont pu pénétrer dans ces circonstances dans le larynx et causer la mort. On doit aussitôt asseoir le malade s’il n’est pas couché.

La nourriture qui servira à cette alimentation artificielle sera nécessairement liquide, de façon à pouvoir passer par la sonde. On emploie surtout du lait ou du bouillon mêlé soit avec des jaunes d’œufs, soit avec du tapioca, de la semoule, de la viande en poudre, du suc de viande pilée, de la purée de légumes avec du sel, de l'extrait de malt, etc. On peut y ajouter un peu de peptone pour faciliter la digestion ou bien du naphtol pour désinfecter l’intestin, ou tout autre médicament que le malade doit absorber. La quantité de liquide alimentaire ainsi introduite sera, dans une séance, d’un litre au plus, par exemple un litre de lait, deux œufs crus et 100 grammes de jus de viande. On répétera l’opération deux ou trois fois jour, selon les indications.

Il faut bien se garder, en retirant la sonde, de laisser pénétrer dans les voies respiratoires un peu de liquide alimentaire; pour cela on commence par comprimer l’extrémité libre de la sonde entre le pouce et l’index, et c’est après seulement qu’on retire l’instrument à l’aide d’une traction douce et progressive.

En procédant avec toutes ces précautions, le cathétérisme œsophagien pourra être pratiqué sans

TRAITEMENT

le moindre danger, et cela pendant longtemps. Il y a des cas où la sitiophobie dure des mois et des années et où la méthode indiquée rend des services ' considérables, attendu que, grâce à elle, les malades ne maigrissent point et même augmentent sensiblement de poids. Il arrive que les malades s’habituent à la sonde; aussi est-il bon de les pousser de temps, à autre à manger. Disons enfin que l’on doit procéder à l’alimentation artificielle après dix-huit heures d’abstinence.

Cette méthode est infiniment supérieure à celle qui préconise l’emploi des lavements nutritifs. On comprend facilement que ces derniers seront insufsants pour peu que la sitiophobie dure un certain temps. Aussi l’alimentation par la sonde œsophagienne, introduite par les narines, reste-t-elle le procédé de choix chez les mélancoliques refusant systématiquement toute nourriture.

Le traitement de la mélancolie soulève une question préjudicielle. Dans quelle mesure l’intervention thérapeutique est-elle efficace dans cette affection? Il ne faut pas oublier qu’à côté de la crise actuelle, dont le malade peut sortir plus ou moins victorieusement, il y a le germe de la prédisposition héréditaire ou acquise que l’individu porte en lui et qui d’un moment à l’autre peut le faire retomber dans un nouvel accès de lypémanie. M. Luys 1 a particu-

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