Le tracé se lit comme les t ligne ascendante représent
nts, de gauche à droite spiration.
fortes inspirations périodiques avec pauses (fig. 5), lesquels se succèdent souvent et paraissent n’être que deux moments différents de la même forme respiratoire 1 ; enfin le type tremblé (fig. 6). Ce dernier type se rencontre surtout chez les anxieux; mais on peut l’observer aussi chez les stupides. Serait-il plutôt en rapport avec la variété de stupeur qui s’accompagne de délire actif? C’est possible, car il paraît trahir la douleur. C’est la respiration de la personne qui pleure. Pour MM. Elippel et Boëteau 2 cette contraction saccadée indique un tremblement des muscles respiratoires, lequel serait toujours en rapport avec le tremblement des autres muscles du corps. En d’autres termes, la contraction musculaire a partout, chez un même individu, la même forme. Les paralytiques généraux, par exemple, manifestent des tremblements aussi bien dans leur parole que dans leur démarche et que dans leur respiration.
La diminution de la fréquence et de l’amplitude de la respiration chez les stupides amène une rupture de l’équilibre qui doit exister normalement entre la quantité de sang que le cœur envoie au
i. En effet on comprend que la respiration plus forte vienne par intervalles plus ou moins éloignés pour compenser les autres; elle est d’origine réflexe et elle est en quelque sorte nécessaire.
-• Klippel et Boëteau, Des troubles de la respiration dans les maladies mentales et en particulier dans la paralvsie generale, Mem. de la Soc. de Biol., 1892, p. 49.
'.MPTOMATOLOGIE
poumon et lu quantité d’air qui arrive par les voies
respiratoires.La masse sanguine s’oxygénise moins; le sang veineux circule plus difficilement; le sang des capillaires est chargé d’acide carbonique — d’où chez les mélancoliques la cyanose du nez, des lèvres et de toutes les extrémités, d’où aussi l’abaissement de la température, la langueur de toutes les fonctions organiques.
Chez les anxieux, on observe encore plus de variété dans la fréquence et le rythme de la respition, à cause des modifications que les paroxysmes impriment à cette fonction. D’une façon générale cependant elle est accélérée, et principalement dans les crises d’agitation; mais elle peut être aussi ralentie. La forme de là respiration est surtout irrégulière; et les divers segments des tracés graphiques ne sont pas superposables, Elle est parfois superficielle; mais d’habitude elle est plus souvent ample. Ce qui la caractériserait dans les paroxysmes ce seraient son irrégularité et son tremblement (fig. 7). Elle , trahit la douleur morale, tandis que la respiration superficielle manifeste surtout l’arrêt, la faiblesse de l’énergie psychophysique.
En résumé, il est difficile de déterminer le type respiratoire des mélancoliques ; c’est la conclusion à laquelle M. Pachon était déjà arrivé. Il varie selon que l’on a affaire à des stupides ou à des anxieux, et selon le stupide ou l’anxieux que l’on observe. Diverses causes momentanées très complexes pa-
SYMPTOMATOLOGIE
raissent changer le rythme respiratoire chez ces malades. Toutefois il est possible, ainsi que nous l’avons fait, de dégager, pour les deux principales formes de la mélancolie (stupeur, anxiété), les types habituels, sinon constants.
Quelle est la signification de ces troubles , respiratoires ? Ceux-ci sont-ils en rapport avec l’état émotionnel ou avee l’état d’activité cérébrale? Nous
inclinerions à admettre qu’ils sont ordinairement liés à cette dernière condition. L’arrêt intellectuel est certainement la cause, chez les stupides, du ralentissement'et de la diminution d’amplitude de la respiration. De même l’excitation intellectuelle des anxieux provoquerait les phénomènes inverses. D’ailleurs, les émotions paraissent agir sur les fonctions organiques par les modifications qu’elles impriment à l’activité cérébrale (Binet et Courtier).
Les mêmes considérations s’appliquent aux troubles de la circulation dans la mélancolie. Les batte-
ments cardiaques sont en général affaiblis, de telle sorte qu’il est bien difficile de les enregistrer au cardiographe, qui suit plutôt les mouvements respiratoires.
Le pouls est d’ordinaire ralenti dans la stupeur, comme d’ailleurs dans tous les états de dépression 1 : c’est ce que nous avons pu constater dans nos observations. Notre circulaire S... présente un pouls plus lent et plus faible dans ses périodes de dépression que dans ses périodes d’agitation. Chez les anxieux le pouls serait plus rapide (fig. 8), plus encore, dans les paroxysmes, mais non forcément.
La tension artérielle est d’une étude difficile. Nous nous sommes servis du sphygmomètre de Bloch, auquel on a reproché de donner des renseignements trop subjectifs et même faux. Le principe sur lequel il est. construit a été attaqué, puisqu’il n’est pas prouvé ni môme probable que la contrepression exercée sur l’artère pour écraser le pouls mesure absolument la pression du sang. Peu importe, comme le font remarquer MM. Binet et Yaschide 2 , pourvu que le sphygmomètre donne les différences de tension en rapport avec d’autres phénomènes physiologiques (activité cérébrale, émotions). En résumé, nous pensons que l’instrument
1. Guillaud, Des 'périodes et du rôle du pouls sur l’aliénation mentale, th., 1858. Voir aussi Huard, Aperçu historique sur la sphygmographie-, Résultats fournis par cette méthode dans l’aliénation mentale, th. de Paris, 1892.