Marcé, Arch. de médecine , juillet
SYMPTOMATOLOGIE
lions et celui de la respiration n’était pas tout à fait celle que l’on trouve d’habitude chez les gens bien portants. C’est ainsi qu’il avait trouvé qu’à 70 pulsations devaient correspondre normalement 24 respirations; or ce dernier nombre est manifestement trop élevé. Quoi qu’il en soit de cette dissociation observable quelquefois (fig. 2), il reste l’opi¬
nion de Marcé que la respiration se ralentit dans la stupeur. M. Pachon *, qui a fait des recherches très consciencieuses sur ce point, arrive aux mômes conclusions. Nous avons constaté d’ordinaire ce ralentissement (fig. 3), mais pas d’une façon constante. Nous avons môme observé des cas où la respiration était très nettement exagérée ; il se pourrait que dans
t. Pachon, C. R. Soc. Biologie, 5 mars 1892.
les stupeurs à délire actif la respiration fût plus fréquente.
Le rythme est manifestement altéré dans la stupeur; — et il semble que le plus souvent l’amplitude est diminuée, sauf toujours les cas où il paraît y avoir un travail cérébral.
Dans la stupeur avec suspension plus ou moins complète de la pensée, la respiration serait donc en général peu fréquente et superficielle; ainsi que l’avait remarqué Marcé 1 , « les inspirations, au lieu de se faire avec ampleur et régularité, au lieu de s’accompagner d’un soulèvement régulier des parois thoraciques et d’un murmure vésiculaire perceptible à l’auscultation, perdent tout à fait leurs caractères physiologiques. Le thorax se soulève à peine et le murmure vésiculaire est parfois tellement affaibli qu’il devient difficilement perceptible et même imperceptible dans de véritables pauses ou arrêts respiratoires : dans certains cas six ou sept inspirations très faibles sont suivies d’une inspiration plus forte, dans d’autres cas l'inspiration est habituellement peu longue, mais elle se fait d’une manière saccadée, comme si elle se composait de plusieurs petites inspirations secondaires. » Nous avons pu constater, dans nos observations, ces trois types différents de la respiration des stupides : le type superficiel (fig. 4) et le type avec
1. L. V. Marcé, Traité pratique des maladies mentales , Paris, 1862, p. 319 et suiv.