‹ La mélancolieChapitre 33 sur 153 · Manheimer, Tribune médicale, 27 juillet · texte numérisé non relu

Manheimer, Tribune médicale, 27 juillet

2. Lamoure, De l’abaissement de la température dans la mélancolie avec stupeur, lh., 1878.

façon générale elle est au-dessous de la moyenne chez les stupides (fig. 10). La température périphérique est, dans la stupeur surtout, beaucoup plus basse que la température centrale; chez les anxieux

la température normale est même au-dessus de la moyenne (fig. 11).

Les sécrétions sont ordinairement diminuées ; cependant les extrémités sont quelquefois moites. L’œil est souvent sec malgré la grande douleur morale. La .salive est épaisse, la langue est couverte d’un enduit, jaunâtre, les sucs gastriques, parfois plus acides 1 ,

1. Paehoud, Recherches sur la sécrétion gastrique chez les aliénés atteints de mélancolie -, in-8°, Lausanne, 1888.

SYMPTOMATOLOGIE

moins abondants ou amoindris dans leurs propriétés, ne peuvent digérer suffisamment les aliments; d’où anorexie, perte d’appétit et refus d’aliments. Ces troubles sont souvent la base d’idées délirantes et entraînent dans tous les cas de l’amaigrissement.

Les fèces sont dures. Il en résulte une constipation opiniâtre qu’il faut parfois traiter par le curettage du bol fécal. Quelquefois, mais plus rare¬

ment, existe une diarrhée qu’on a attribuée à la dépression nerveuse. La sueur est aussi diminuée et altérée; la peau est sèche et sent mauvais. Cette altération de l’odeur expliquerait le fait narré par Alibert 1 d’un chien qui abandonnait son maître quand ce dernier était atteint de son accès de folie périodique et revenait à lui après la guérison de l’accès.

La quantité des urines est ordinairement diminuée (ûg. 12); mais, certains éléments diminuant aussi, la densité peut rester normale. La composition chimique en est altérée ; et l’on observe habituellement une diminution de l’urée, surtout dans les cas

1. Àlibert , Physiologie des passions, 3 e édit., 1837, t. II, p. 11.

de stupeur profonde, au contraire, une augmentation de l’acide urique et des phosphates qui indique une grande désassimilation portant principalement sur le tissu nerveux; enfin le chiffre des chlorures baisserait. C’est à ces conclusions que nous sommes arrivés après quelques recherches faites, sur notre demande, par M. Tiffenau, interne

Fig. 12. — Urines diminuées dans la mélancolie.

en pharmacie de l’asile Ste-Anne, et résumées dans le tableau ci-après (p. 93).

Chez notre circulaire S..., ces altérations dans la composition de l’urine ne se rencontrent que dans l’état de dépression; l’urine est normale dans la phase d’excitation. En outre, pendant la période de dépression, on trouve de l’indican en quantité réellement exceptionnelle.

La glycosurie a été quelquefois signalée chez les mélancoliques. -Schüle 1 rapporte un cas où le

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