‹ La mélancolieChapitre 37 sur 153 · Burckhardt, in Schüle, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Burckhardt, in Schüle, ouvr. cité, p

SYMPTOMATOLOGIE

Les circulaires sont précieux pour l’observation de ce phénomène. Notre malade S... maigrit constamment durant sa période de mélancolie et engraisse au contraire pendant sa phase d’excitation durant laquelle elle mange davantage. Chez les stupides, l’engraissement peut survenir à la longue. C’est un signe pronostique plutôt grave : la démence survient souvent dans ces cas.

Une des conséquences de cet abaissement de la nutrition, c’est une moindre résistance aux maladies infectieuses et notamment à la tuberculose qui, comme nous le disons plus loin, paraît être plus fréquente chez les mélancoliques. La pneumonie (Thore), la gangrène pulmonaire (Guislain) seraient de même plus fréquentes; et l’on peut admettre d’une façon générale que la fonction des phagocytoses est elle aussi ralentie.

Le gâtisme s’observe quelquefois chez les stupides.

Les signes physiques des mélancoliques ne se prêtent pas à des considérations générales et absolues. On peut dire en somme qu’il y a deux types : les anxieux et les mélancoliques. Chez les uns et les autres, certaines fonctions, comme la respiration et la circulation et peut-être quelques autres phénomènes physiques (température), paraissent en rapport avec un simple élément du syndrome clinique, avec le travail cérébral. Là où ee dernier est exagéré d’une façon évidente, comme dans l’anxiété, ou d’une manière cachée, comme dans, la stupeur à

délire actif, il en résulte les mêmes conséquences; de même — et les conséquences sont inverses — partout où il est diminué. Cependant il ne faut pas oublier que le travail des cellules cérébrales peut ne pas se résoudre en phénomènes de pensée et se dépenser en un travail bisto-chimique, lequel provoquerait les mêmes modifications dans les fonctions de respiration et de circulation, sans qu’il y ait d’hyperidéation. Dans la paralysie générale, par exemple, il y a un processus qui frappe les cellules nerveuses de l’encéphale et qui, sans provoquer toujours des phénomènes de conscience, paraît retentir, sur certaines fonctions de l’organisme. Nous donnons d’ailleurs cette dernière opinion comme une simple hypothèse.

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