‹ La mélancolieChapitre 41 sur 153 · Séglas, Leçons cliniques..., ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Séglas, Leçons cliniques..., ouvr. cité, p

2. Baillarger, Physiologie des hallucinations, in Recherches sur les maladies mentales, 1890, t. I, p. 395.

3. Séglas, L’hallucination dans ses rapports avec la fonction du langage, Progrès médical, 18 et 25 août 1888. — Id., Les troubles du langage chez les aliénés, collection Charcot- Debove, p. 119 et suiv.

4. Roubinovitch, Contribution à l’étude des hallucinations verbales psycho-motrices, Ann.médico-psychol., 1893, t.XVII, p. 98.

SYMPTOMATOLOGIE

qui ne peuvent pas s’expliquer par l’excitation du centre verbal d’articulation. Il est des individus qui disent entendre des voix dans l’intérieur de la tête, et des voix qui ne rappellent pas les voix entendues. Nous croyons que, dans les cas de ce genre, il s’agit réellement d’hallucinations psychiques au sens où l’entendait Baillarger, c’est-à-dire — pour employer les expressions modernes — d’images verbales sans forme bien distincte, n’étant nettement ni motrices, ni visuelles, ni auditives, et faiblement projetées à l’extérieur. Ce sont des images psychiques plus intenses que celles qui servent normalement au travail de l’idéation et qui donnent au malade l’illusion de phénomènes extérieurs. Quoi qu’il en soit, les hallucinations motrices verbales s’observent communément dans la mélancolie et sont parfois une des conditions psychologiques du dédoublement de la personnalité.

La pathogénie des hallucinations de la mélancolie est très obscure. On peut supposer que dans ce sourd travail morbide qui atteint plus ou moins tout l’organisme dans son fonctionnement, il y a de petites irritations suffisantes pour exciter les centres d’images sensorielles et motrices. Or comme le cerveau est privé de son pouvoir de contrôle, de par la diminution de la vitalité générale de toutes les fonctions, il règne une certaine anarchie. Les centres psychiques s’émancipent et sont üvrés à l’automatisme, si bien décrit par Baillar-

ger 1 comme condition nécessaire à la production du délire et des„hallucinations et que M. Janet 2 a bien étudié dans ces derniers temps chez les hystériques. C’est cet automatisme, c’est-à-dire l’exercice involontaire des facultés intellectuellles, qui crée; les hallucinations et l’extériorisation des sensations.

b. Idées délirantes mélancoliques. — Le délire est un élément fréquent de la mélancolie, mais non constant. Il est des formes cliniques où les malades ne manifestent aucune conception délirante. Mais il en est d’autres — très nombreuses et variées — où les idées mélancoliques sont nettement délirantes. Sous leur apparente variété, il est possible de retrouver des caractères communs qui en font bien des expressions équivalentes d’un môme état mental.

L’idée délirante mélancolique est de nature pénible ; et quelque forme, quelque couleur dont elle se revête, c’est toujours une sorte de cauchemar. Tel malade se dit abandonné de tous; un autre croit que tous ses parents sont morts ; celui-ci entend proférer des menaces terribles contre lui; celui-là est persuadé qu’on va dresser l’échafaud pour le guillotiner. Tous ces délires mélancoliques, avait remarqué Griesinger 3 , ont le môme caractère essentiel,' c’est que les malades souffrent, et sont

1. Baillarger, Physiologie des hallucinations, in Recherches ..., t. I, p. 490 et suiv.

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