Griesinger, ouvr. cité, p
SYMPTOMATOLOGIE
passifs , dominés, soumis à une puissance invincible. Loin de récriminer, comme le font sans cesse les persécutés, et d’essayer de tirer vengeance des personnes auxquelles ils attribuent les maux dont ils sont accablés, ils se soumettent, résignés. Et c’est là —■ on ne saurait trop le répéter — une des grandes différences cliniques que cette passivité opposée à la réaction agressive des persécutés.
En outre le délire des mélancoliques est monotone et fixe. « Ce qui, disait Mareé l , caractérise à un degré plus avancé l’état intellectuel des mélanco-. liques, ce n’est pas seulement la nature toute spéciale de leurs conceptions délirantes, c’est encore la monotonie et la passivité de leur délire. Chez eux, l’imagination a singulièrement perdu de son activité. Loin de discuter leurs fausses conceptions, loin de chercher à les étayer de raisons ingénieuses et variées comme le font les monomaniaques, les mélancoliques, oppressés par la nature de leurs idées, se bornent à répéter les mêmes mots et les mêmes phrases. »
On a dit que le caractère du délire mélancolique était d’être secondaire . C’est ce que Griesinger 2 a mis en lumière. On a dit aussi que le délire mélancolique était divergent , et au contraire que le délire des persécutions était convergent. Ce sont là des appréciations un peu délicates.