P. Garnier, La folie à Paris, 1890, p
4. Roubinovitch, Sur le délire de persécution avec autoaccusation dans Palcoolisme, Annales méd.-psychol.. 1894 t. XX, p. 128.
dant plusieurs jours d’avoir tué M. Constans, alors ministre. Mais les alcooliques ne sont pas avec les mélancoliques les seuls auto-accusateurs. Les paralytiques généraux, les déments séniles et les dégénérés s’accusent parfois aussi.
On peut se demander si, dans certains cas, ces auto-accusations ne prendraient pas leur origine dans un rêve du malade, qui se prolongerait plus ou moins longtemps dans l’état de veille L Des esprits très sains ont été quelquefois victimes de cette illusion. Témoin Baillarger 2 qui rêve qu’un de ses confrères prenait la direction d’un journal de médecine. Le lendemain, il s’empresse d’annoncer la nouvelle à toutes les personnes qu’elle pouvait intéresser, lorsqu’à un moment il s’aperçut tout à coup qu’il racontait un songe. Mais, pour les mélancoliques, l’explication de ces auto-accusations est dans leurs tendances à rapporter à eux l’origine du mal dont ils sont les spectateurs.
Les idées hypocondriaques sont souvent associées au délire mélancolique. Baillarger 3 avait décrit un délire hypocondriaque qu’il croyait spécial aux paralytiques généraux. Mais c’était là une erreur; et ce même délire appartient aux mélancoliques non paralytiques, ainsi que l’avait déjà observé Marcé 4 :
1. Faure, Études sur les rêves morbides, Arch. génér. de méd., 1876, t. I.