‹ La mélancolieChapitre 54 sur 153 · Tillaux, Traité d’anatomie topographique, 1886, p · texte numérisé non relu

Tillaux, Traité d’anatomie topographique, 1886, p

SYMPTOMATOLOGIE

devenu réellement contagieux. Actuellement, il sévit dans certains milieux de déséquilibrés. On a dit qu’il y avait, en Russie, des clubs de suicidés. Les suicides familiaux sont le plus souvent en rapport avec des délires mélancoliques; nous aurons l’occasion de les mentionner à propos de l’hérédité.

Les délits des mélancoliques sont assez rares. On peut les surprendre en état de vagabondage ou en flagrant délit de vol.

L’homicide peut être la conséquence d’idées de suicide, ainsi que nous l’avons dit plus haut et que le prouve un cas remarquable observé par .Marc 1 . Quelquefois il peut être provoqué par une impulsion subite et aveugle, un raptus. Certains mélancoliques peuvent donc devenir dangereux pour leur entourage : ils veulent tuer et ils tuent, en effet, un membre de leur famille, un ami, etc. Il est vrai de dire que ceci est relativement assez rare dans la mélancolie, infiniment plus rare, par exemple, que dans le délire de persécution. Dans ce dernier cas, le malade, en tuant quelqu’un, est convaincu qu’il détruit un ennemi. Tout autre est le motif d’après lequel agit le mélancolique : il tue ses enfants pour leur éviter les malheurs qui les attendent dans la vie ; quelquefois aussi, il tue dans un moment de douleur morale excessive, dans un état de semi-conscience.

i. Marc, De la folie..., ouvr. cité, 1840, t. II, p. 159 et suiv.

B. Symptômes physiques variables. — Nous avons décrit les symptômes physiques qui font partie de la mélancolie, et qui se présentent plus ou moins renforcés ou atténués. D’autres symptômes somatiques tiennent aux causes apparentes de certaines variétés de lypémanie. Dans la mélancolie d’origine alcoolique, on rencontre les signes physiques propres à celte intoxication particulière, les tremblements, Pâthérome, les scléroses diffuses. Dans les états mélancoliques symptomatiques de paralysie générale, on pourra observer les troubles oculaires et de la parole, les attaques épileptiformes et apoplectiformes en rapport avec les lésions de l’encéphale. Mais nous n’avons pas à insister là-dessus.

Enfin il reste les troubles fonctionnels ou organiques qui sont quelquefois associés avec la mélancolie sans être liés à elle par un rapport de causalité bien évident. C’ést ainsi que l’on observe assez souvent la tuberculose chez les mélancoliques. L’anorexie, le refus d’aliments, l’affaiblissement des fonctions digestives créent chez les malades un terrain propice à l’évolution du bacille de Koch.

On a cru aussi remarquer que les mélancoliques, surtout les femmes, étaient sujets aux calculs biliaires.

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