CHAPITRE V
ÉTIOLOG IE
Dans ce chapitre nous aurons en vue l’étude des causes de tous les états mélancoliques, aussi bien de ceux qu’on appelle des psychoses pures que de ceux qu’on appelle des délires symptomatiques. Si nous agissions autrement, il nous faudrait faire deux chapitres d’étiologie. Et comme bien souvent les mêmes causes peuvent produire des états psychopathiques qui, pour certains auteurs, ont tous les caractères des vésanies essentielles et qui, pour d’autres, représentent des troubles mentaux vagues, incapables de constituer des entités morbides, il nous faudrait nous répéter. Toutefois nous indiquerons au fur et à mesure celles des causes qui sont plus spécialement productrices des mélancoliespsychoses et celles qui sont plus spécialement productrices des mélancolies symptomatiques. Est-il besoin de dire que les facteurs étiologiques sont
ÉTIOLOGIE
beaucoup plus nombreux pour ces dernières? En effet on se représente — du moins c’est actuellement l’opinion courante — les mélancolies dites vraies comme des maladies essentielles dont les causes sont le plus souvent ignorées ou bien éloignées ainsi que les tendances héréditaires, ou encore simplement occasionnelles ainsi que les influences extérieures pathologiques et autres. Au contraire chaque fois qu’un facteur étiologique (l’alcool, une fièvre typhoïde, la paralysie générale) est très apparent et semble avoir une grande force, on est porté à ne voir dans le produit psychopathique qu’une vésanie symptomatique. Nous dirons au courant de ce chapitre quelles idées l’étude attentive des faits nous a permis de nous faire sur ce sujet.
Il est naturel de diviser cette étude étiologique en deux grands paragraphes : la prédisposition qu’on s’attache à rechercher à l’origine de toute maladie mentale et les causes que l’on peut appeler directes. Pour l’exposé de ce chapitre nous suivrons le plan du travail de l’un de nous % où nous puiserons, en les résumant, les faits qui nous intéressent ici.