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Mélancolies symptomatiques

Dans le précédent chapitre nous avons essayé de décrire les principales formes cliniques de la mélan-

colie. Bien que les variétés avec stupeur, anxiété ou délire hypocondriaque puissent se présenter comme plus ou moins liées pathogéniquement avec des états somatiques (intoxications, maladies infectieuses) et que, à ce point de vue, elles seraient justiciables de l’épithète de symptomatiques, nous les avons surtout considérées dans notre description comme des psychoses pures. Il reste donc à étudier la mélancolie dans ses modalités cliniques en rapport avec leurs causes plus ou moins apparentes, c’est-à-dire les états mélancoliques nettement symptomatiques dont nous essayerons d’indiquer — le cas échéant — les particularités d’aspect et d’évolution liées à la pathogénie.

Les mélancolies symptomatiques sont par exemple celles qui se développent sur un terrain dégénératif, celles d’origine alcoolique, celles qui évoluent chez les paralytiques généraux. C’est dire que, pour les analyser, il faut passer en revue l’étiologie tout entière de la mélancolie pure ou symptomatique : la prédisposition vésanique, héréditaire, congénitale ou acquise dont l’aboutissant est la dégénérescence, et les causes directes, sociales, biologiques, physiologiques, pathologiques, etc. A propos, de chaque cause nous indiquerons — quand il y aura lieu — les formes morbides spéciales, qu’elles sont susceptibles de déterminer.

Les maladies mentales peuvent s’accompagner d’un état mélancolique, qui leur est associé. Mais

dans les cas de ce genre, comment établir que tel groupe de symptômes forme une espèce morbide coexistante? Souvent — Gaislain disait toujours — les maladies mentales commencent par un stade de dépression ; tel le délire des persécutions. Mais faut-il voir là une maladie — la mélancolie — qui en amène une autre? Il est plus logique d’admettre que la période de début du délire des persécutions est une période d’état de dépression mélancolique. Quelquefois cependant il paraît y avoir une véritable association de délire mélancolique et de délire des persécutions, ainsi qu’il ressort d’une observation de M. Magnan 1 .

i . Magnan, De la coexistence de plusieurs délires de nature différente chez le même aliéné, Recherches sur les centres nerveux , 1893, p. 413.

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