Déjerine, ouvr. cité, p
moyens employés étaient bien souvent les mêmes K C’est encore au même âge que les individus se tuent ou sont pris du désir de le faire 2 . Le même lieu est choisi 3 . Mais jusqu’à quel point peut-on accuser l’hérédité de pareilles similitudes? Qu’on accepte la transmission d’une certaine organisation et d’un certain caractère à tendance triste, la chose peut se soutenir avec quelque vraisemblance. Mais si les individus emploient les mêmes armes, choisissent les mêmes lieux, et cela au même âge que leurs ascendants, c’est surtout parce qu’ils sont poussés à imiter d’une façon identique les actes de leurs parents qui les ont beaucoup impressionnés. Marc 4 l’a fort bien dit : « Dans la presque unanimité des cas cette disposition héréditaire ne dégénère en suicide que par l’exemple. »
Quoi qu’il en soit, il n’est pas exceptionnel de rencontrer, chez les ascendants des suicidés, des gens qui se sont donnés volontairement la mort. Mais ces cas sont-ils fréquents? Il est à remarquer qu’on n’a pas recherché les faits — peut-être plus nombreux — de suicidés engendrant des sujets qui ne manifestent pas les mêmes impulsions. En définitive on doit accepter que les suicides familiaux sont des faits exceptionnels.