‹ La mélancolieChapitre 92 sur 153 · Kraepelin, ouvr. cité · texte numérisé non relu

Kraepelin, ouvr. cité

2. Christian, De La folie consécutive aux maladies aiguës, ouvr. cité, p. 261.

3. Sauvet, Remarques sur le délire consécutif aux fièvres typhoïdes, Ann. méd.-psych., 1845, YI, p. 223. — Max Simon, De la folie consécutive à la fièvre typhoïde, Journ. des Connais, médico-chirurg ., 1844, p; 53.

4. Marandon de Montyel, De la fièvre typhoïde dans ses rapports avec la folie, Ann. méd.-psych., 1893, t. IX, p. 387. — Glover, La folie et la fièvre typhoïde, th. Paris, 1891. — Pagliano, Revue de médecine, 1894. — Saisset, th. de Paris,

sions jettent soudainement les malades dans des mouvements, des gesticulations, des actes de violence même qni ne se rapportent arien de précis. Le gâtisme peut apparaître de façon continue ou intermittente, et il faut dans certains cas recourir à l’alimentation artificielle. Au point de vue psychique, c’est le sommeil de la pensée que l’on constate. Les malades ne répondent pas ou que très difficilement aux questions qu’on leur pose. Cependant en insistant, en les faisant écrire, ce qu’ils exécutent quelquefois avec moins de répugnance que pour parler, on arrive à se convaincre qu’ils ne sont pas tout à fait indigents de pensées. Il y a des idées, des images dans ces cerveaux; mais elles sont comme effacées, brouillées; et le pouvoir de synthèse, cette faculté qui réunit dans une seule pensée les éléments épars de l’esprit, est d’une faiblesse extrême.

Comme dans la mélancolie essentielle, ce qui est caractéristique c’est donc l’arrêt psychique, un ralentissement considérable des processus intellectuels. Si l’on ajoute à cela que ces malades manifestent parfois, tout au moins par leur attitude, des idées tristes, on comprendra comment ils ont été souvent pris pour des mélancoliques. Arrêt physique — qui ne manque pas non plus,— arrêt psychique, impulsions, refus d’aliments, c’est bien ainsi en effet que l’on décrit les formes stupides de la lypémanie.

De quelle manière se développe cet état mental?

ÉTIOLOGIE

Nul doute que les troubles profonds de la nutrition, amenés par l’évolution dothiénentérique, ne soient la base somatique de ees psychopathies. Les cellules cérébrales sont frappées de stupeur; leurs fonctions languissent. Et on conçoit que l’intelligence trahisse cet état de faiblesse physiologique.

La prédisposition n’est pas douteuse dans cértains cas 1 ; évidemment un cerveau mal doué, faible originellement, se laissera d’une part plus facilement désorganiser par une lièvre typhoïde et d’autre part se réparera moins aisément et plus lentement qu’un autre. Mais on conçoit aussi que l’intensité de la fièvre, la localisation du poison typhique sur les cellules nerveuses soient les conditions psychopathiques défavorables pour tous les cerveaux, quelque résistants qu’ils soient. Car enfin il n’est pas de machine animale, si bien construite soit-elle, qui ne puisse être dérangée par ses agents morbides et des modifications physiques. Puis que d’anneaux ignorés entre les gros symptômes de la fièvre typhoïde et les troubles mentaux! Admettons par exemple que la fièvre typhoïde frappe certains organes glandulaires, dont les fonctions sont très utiles à la nutrition générale, la glande thyroïde par exemple. Voilà une maladie secondaire créée et qui évolue pour son propre compte, et cela d’une manière silencieuse. Il peut survenir alors un état

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