RÉGICIDE
tous les temps et de tous les pays. « Il faut songer, dit le Temps ^ à tout ce qui a rendu possible la conception du meurtre de M. Carnot. » C'est là \Taiment un problème de psychologie sociale du plus haut intérêt. Mais notre confrère ne peut se dissimuler qu'on entassera à loisir sur une telle matière les dissertations les plus contradictoires, sans en tirer une vue de législation, un acte de gouvernement. Quand chacun se sera donné carrière pour innocenter l'opinion qu'il représente, et rejeter le poids du crime sur les opinions adverses, en serons-nous plus avancés? Qu'aurons-nous fait, sinon d'aggraver l'anarchie morale, en surexcitant les haines par des accusations réciproques?
Établir de quels éléments se compose une conception criminelle^ est-ce donc là un problème qu'un homme d'État, qu'une assemblée politique puisse scientifiquement résoudre? Quand on le serre de près, on se trouve bien vite en face du vieux dilemne : autorité ou liberté. C'est l'éternel procès.
Et quand vous l'aurez faite, cette redoutable analyse, quand vous aurez pesé dans je ne sais quelles balances les parcelles d'idées saines ou morbides dont se fait la mixture empoisonnée qui affole le cerveau, et transforme un appétit de liberté et de justice en un acte d'iniquité et de sang, que décréterez-vous? Direzvous : telle pensée, telle tendance, tel sentiment, tel besoin sont supprimés de l'homme? Ou bien ration nerez-vous l'esprit humain? Permettrez-vous jusqu'ici, et non jusque-là, la culture de telles dispositions naturelles, l'assimilation d'une idée qui devra ou ne devra pas se combiner avec une autre? Et dans quelle mesure? Et comment?
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Ne voyez-vous pas que c'est ce qu'on essaye (fe f&îre depuis des mille et des mille ans? Et que tous ceux qui ont prétendu déterminer, régler, conduire la vie humaine au nom d'une autorité supérieure ont définitivement échoué? Avez-vous donc oublié, vous qui apportez aujourd'hui cette prétention monstrueuse de faire ressortir les responsabilités pénales de la détermination de tout ce qui a rendu possible la conception du meurti^e, que vous n'avez conquis le droit d'élever la voix que parce que vous avez, vous-mêmes, ruiné l'autorité imposée. Reléguée dans les hauteurs, l'autorité a dominé les siècles. Puis l'homme, ayant braqué sur elle ses instruments d'observation, d'analyse et de critique, n'y a plus vu que le reflet magnifié de lui-même, et il a décidé d'être libre. Cultivez tout l'homme, et la moisson sera de bien : voilà sur quelle idée se fonde la liberté avec ses hasards, ses tumultes. Tâchons de restreindre les phénomènes perturbateurs : nous ne les supprimerons pas.
Libres aussi — c'est-à-dire soumis à leurs lois — sont les éléments de la planète. Chaque atome est en soi honnête, inoffensif. Et de la rencontre de toutes ces honnêtetés, de toutes ces innocuités, surgit l'iniquité d'une avalanche, d'une inondation, d'un volcan. Efforçons-nous de prévoir et de nous garer. Mais nous -avons bien que nous échouerons souvent. Et parce (u'il y a des avalanches n'abandonnons pas la monagne, et parce qu'il y a des inondations ne renonçons pas aux fleuves.
Si nous pouvions prévoir tout ce qui rend possibles les perturbations de l'ordre planétaire, nous régirions le cours du monde physique, et rien ne se produirait sur notre globe qui ne fût réglé d'avance par la
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résolution des hommes. Cela paraît impassible, et cependant c'est un mince problème en comparaison de la prévision de tout ce qui rend possible une détermination morale. Quand nous serons en possession de cet absolu, quand nous pourrons, par un régime approprié, faire d'un criminel en devenir un homme de génie, infiniment juste, infiniment bon, la volonté sera vraiment supprimée en nous, et nous aurons tout l'intérêt d'une salade ou d'un chou.
En attendant la réalisation de ce desideratum du Temps, résignons-nous à la simple liberté fortifiée par l'éducation, garantie par la répression de tous les attentats. Et puisqu'on craint, non sans raison, le pouvoir de suggestion de la violence, commençons par faire que la répression soit égale pour tous, fusilleurs de guerre civile ou assassins vulgaires. Car de voir les uns glorifiés, tandis que les autres montent à l'échafaud, cela fait certainement partie de tout ce qui rend possible la conception d'un nouveau crime. Soyons justes, soyons humains, si nous voulons que le criminel effaré comprenne que nous avons vraiment le droit de parler au nom de la justice, au nom de l'humanité.
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Le Fifjaro a reçu de M. Paul Reclus les notes quoti-
■nnes de Vaillant, et il en publie une notable partie.
j document, du plus haut intérêt pour qui sait le
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comprendre, permet de saisir sur le vif révolution du i crime anarchiste 1
Bien que nous ayons changé les noms des choses, Tétai d'âme est aussi ancien que le monde, de l'homme qui rêve de sauver lliumanité au prix d'un forfait personnel. Sous les noms les plus divers, dans les conditions les plus dissemblables, nous retrouvons cette explosion de violence individuelle dès les premiers temps de Thistoire. Qu'importe le mot anarchie, si; c'est toujours la bête sauvage, cachée au plus profond 1 de l'àme humaine, qui rompt ses liens, et se rue dans le sang, excusant le meurtre par la sublimité d'un idéal entrevu.
Le succès? des couronnes. L'insuccès? Le suicide ou l'échafaud. Le tyrannicide antique va de l'un à l'autre pôle, accablé ou honni, sans que la morale de ces temps, qui parfois l'a glorifié, doctrinalement le réprouve. Cest la révolte de la force individuelle vaincue, contre la force sociale aux mains d'une individualité triomphante. Force contre Force. Le droit de Brutus valait sans doute celui de César. Par Shakespeare, par Voltaire, c'est encore aujourd'hui l'ense. gnement du théâtre, en dépit de la morale chrétienne « tu ne tueras pas ». Morale toute de parade d'ailleurs, la société chrétienne donnant l'exemple de latuerii par ses hécatombes de guerre civile, ou par son bou! reau soutenu de la complicité muette d'un prêtre d Christ.
Tout cela est passablement anarchique. De Ionsiècles de christianisme officiel ne nous ont donné qu des annales de violences, de meurtre et de carnage La Révolution elle-même qui prétendit créer l'ordr'. nouveau, fondée sur l'idée du droit inviolable, fui du
sang et de massacres. C'est qu'il est plus aisé de changer l'idée que le fait atavique.
Nous vivons sur le droit maintenant, ou sur un rudiment de droit. Ce devrait être pour jamais l'élimination de la violence dans le gouvernement des hommes. Mais l'atavisme ne lâche pas sa proie. Les uns font des coups d'État et massacrent en grand pour dominer. D'autres, des isolés, veulent aussi sauver le monde à leur manière, car c'est un déchaînement de sauveurs. Les uns par la prédication : ce. sont les grands. Les autres, ceux de mentalité pervertie, par le meurtre, par le coup de théâtre qui tlatte la vanité maladive, et demande un moindre effort que le travail de culture intellectuelle qui en montrerait l'inanité.
L'histoire de tous les fanatismes se ressemble. Interrogez Ravaillac : « Je croyais délivrer le peuple en tuant le roi. » Damien : « Je l'ai fait pour Dieu et pour le peuple, parce que la France périt. « Passez à ceux qui les réprouvent : Judith est une héroïne. Charlotte Corday ^ est l'ange de l'assassinat. Comment voulezvous qu'un cerveau déséquilibré se retrouve dans cette anarchie.
Le récit de Vaillant montre bien, sinon la genèse de l'idée criminelle, du moins les sophismes sur lesquels elle s'étaye pour se justifier aux yeux des hommes. Mais si le raisonnement est disjoint, les sentiments sont sincères. Qu'est-ce qui oblige cet homme à donner sa vie? Pour lui, l'existence est pénible sans doute, mais elle n'est pas intolérable. Il aime sa compagne. Il aime son enfant. Avant de les quitter sans retour il les mène au théâtre, pour une communion de plaisir familial, gardant pour lui l'anxiété de savoir aue c'est la dernière. Car il a résolu
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de tuer. Il a résolu de frapper les délégués du peuple, frayant la voie à la logique d'Fmile Henry qui poussera droit au peuple souverain lui-même.
Il ne peut pas rester indifférent au mal social, et lïdée ne lui vient pas qu'on puisse manifester sa noriindifférence autrement que par le meurtre. Détail à noter. Il n'a pas le respect de son acte. Il prend de l'argent d'un cambrioleur. A quoi bon lui parler du droit? Le droit qu'il réclame pour tous, c'est le droit de vivre, et pour le leur assurer, il faut qu'il tue. A cette condition, il mourra avec la satisfaction d'avoir fait ce qu'il a pu « pour hâter Vavènement de l'ère nouvelle ». Vraiment, s'il suffisait de tuer pour résoudre la question sociale, il y a longtemps que les hommes auraient installé le paradis sur la terre. Comment le meurtre amènera-t-il le bonheur humain, il ne le sait pas bien, et pourtant c'est ce qu'il importerait terriblement de savoir, car l'acte est irréparable, si le résultat est problématique. Il ne se croit pas sanguinaire. Il blâme l'appétit de sang des foules pour le plaisir de qui une dompteuse risque sa vie tous les soirs. Mais il est hanté de rêves maladifs. II se réveille en sursaut. Il est au bout de sa résistance nerveuse. Il est mûr pour l'acte de sang.
N'est-ce pas l'histoire ordinaire de tous les meurtriers politiques? Qu'est-ce que l'anarchie ajoute à celui-là? Sa mère lui demande pourquoi il est devenu anarchiste. « C'est, répond-il, en voyant souffrir la grande majorité des êtres humains. » — « Mon principe, dit Damien, ce fut la misère qui est aux trois quarts du royaume. » Et il ajoutait : « Je l'exécutai seul, parce que seul je l'avais conçu. » C'est le cas de Vaillant, d'Eirile Henrj', de Caserio.
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Au lieu de chercher des associations de malfaiteurs qui n'existent pas, ne peut-on comprendre que nous sommes en présence d'une véritable épidémie criminelle, comme on en a vu sévir dans d'autres pays, en Russie, notamment? De traitement, je n'en connais pas d'autre que la répression individuelle telle que nos lois l'assurent, et de bonnes mesures de police. Des lois d'exception, par la réaction qu'elles provoquent, ne font qu'aiguiser la haine et la soif du sang. Et puis, où s'arrêter dans la répression sauvage? Parce que nous sommes en présence de criminels rétrogrades, rétrograderons-nous, nous-mêmes, jusqu'à la barbarie primitive. Un criminologiste, M. Gabriel Tarde, en fait carrément la proposition dans un article des Archives d'anthropologie criminelle du 15 mai dernier.
Qu'opposons-nous à cette résurrection démesurément agrandie de la vendetta atavique. Nous persistons à appliquer notre dogme clément, chrétien, moderne, de la personnalité des fautes; nous punissons les anarchistes en détail, individuellement; relâchant ceux qui tout en adhérant à la secte n'ont encore commis ni attentat ni apologie publique des attentats. Vidée d'incriminer et d'envoyer à l'écliafaud des anarchistes encore inoffensifs, au lendemain d'une explosion dont Vauteur n'est pas découvert, ne vient à personne. Personne même ne remarque ce que celte conduite a de généreux et aussi à'anormal .... . ,
Comment s'étonner de l'incohérence des anarchistes, quand il reste tant d'anarchie dans l'esprit de ceux qui les combattent.
Paris a fait au Président Carnot de belles funérailles. Tout ce que peuvent faire la pompe officielle et le concours populaire, la capitale l'a prodigué au chef de TÉtat, lâchement assassiné dans l'accomplissement de son devoir. Le cortège qui a défilé sous nos yeux ne se peut décrire. Sous les trophées tricolores drapés de deuil, au bruit des salves d'artillerif qui scandent les marches funèbres, la longue procession déroule ses spectacles. Derrière le char, le Président de la République — malgré le protocole — et successivement dans Tétincellement des uniformes, tous les corps de l'État groupés suivant la hiérarchie de Messidor, et puis les délégations innombrables, et enfin la foule, la foule pressée, haletante, qui veut rendre hommage au mort et qui, pour être témoin du spectacle, fait le spectacle lui-même dans sa sincérité comme dans sa grandeur. Une telle prodigalité de fleurs disposées' d'un art si exquis, qu'il ne vit jamais rien de pareil : cela passe toute description.
Le Temps aurait voulu que ces- dépenses inouïes fussent appliquées à quelque fondation humanitaire. Le Temps raisonne, la foule sent. Le bien qu'on ne voit pas, ce n'est pas son affaire. C'est du bien aussi, cette granae communion populaire dans la glorification d'un chef de peuple qui ne fut pas un homme de génie, mais qui simplement donna à son pays tout ce qui était en lui, y compris sa vie. Cet accord vivant
(les âmes et des cœurs, comment le manifester sinon par des emblèmes qui frappent violemment les sens, charment l'esthétique des foules, arrachent Thomme à la lourde monotonie des jours pour le lancer en ;)lein rêve d'idéal.
Par ce cùlé, la cérémonie a un caractère de fête naïve et touchante qui est encore une manière d'honorer les morts. Jamais cela ne se vit si bien peut-être qu'aux étonnantes funérailles, dépourvues de tout apparat officiel, que le peuple de Paris fît à Victor Hugo. Pendant une longue journée, les fleurs vinrent s'entasser sans relâche sur les marches du Panthéon en hommage à l'homme qui avait fait si fortement vibrer l'âme des foules. Ce peuple n'était point triste. 11 recevait au seuil de la postérité son poète déjà consacré par la gloire, et l'acclamait dans l'humaine éternité de l'au delà.
La pompe d'aujourd'hui est d'un tout autre caractère. M. Carnot ne parlait pas à l'imaginafion populaire. On le savait simple et droit, d'un horizon un peu rétréci peut-être, mais animé d'un très haut sentiment du devoir. Au moment où cet homme, après sept années d'exercice honoré de la première magistrature de l'Etat, va rentrer dans la vie privée, voici qu'un misérable assassin le frappe à mort, atteignant en lui, comme l'image vivante de la commune patrie.
A la France de célébrer dignement les funérailles de l'homme qui fut désigné à la mort par le choix de ses concitoyens. Au peuple, en l'honorant de ses libres hommages, de s'honorer en lui.
La capitale a splendidement acquitté la dette de la France. Derrière le corps du citoyen qui hier était dans la foule, qui demain y serait rentré, Paris a vu
défiler Paris même, et les délégations, venues de tous les points de la France, et les couronnes fleuries des souverains étrangers. Cet unanime accord de la Patrie française, ces témoignages de déférente sympathie venus de tous les pays du inonde sont une haute manifestation de la force intrinsèque, comme de la puissance du rayonnement de la conscience nationale. Après les plus terribles épreuves, après les plus cruels déchirements, voici la France debout, honorée de tous, dans son deuil imprévu.
De plus grands que M. Carnot ont eu, sans doute, de moindres honneurs. Combien sont morts dans l'isolement, dans l'oubli, sous les injures ou dans les supplices? Les pompes officielles vont indifféremment au crime ou à la vertu. Sans la guerre, Notre-Dame se fût tendue de noir pour Napoléon III. Pour lui le canon eût tonné, l'étincelant appareil des armes eût ébloui la foule accourue, l'archevêque de Paris eût discouru, officié, béni, et peut-être l'ingénieur Carnot lui-même eût été délégué par ses chefs pour représenter le corps des ponts et chaussées aux obsèques de rhomme de Décembre.
L'acclamation populaire est-elle un plus sûr témoignage? Pas toujours. Que de fois la foule n'a-t-elle pas acclamé le crime, insulté, hué, vilipendé la science et la vertu? Et cependant il arrive que la foule sente juste, et que les honneurs officiels entourent qui en est digne. Et le fait peut se produire d'un concours de toutes les forces vives de la nation par où s'affirme avec éclat la vitalité d'un peuple.
C'est justement ce phénomène qu'a produit chez nous la tragédie de Lyon. C'est la haute signification de la journée d'hier.
Il est vrai, quatre millions de fleurs, c'est beaucoup d'argent. Que de misères eût soulagées cette prodigalité folle. Combien ont donné des pièces d'or, qui auraient refusé cinq francs à un pauvre? Mieux vaudrait sans doute, une distribution de pain, que des salves d'artillerie qui s'en vont en fumée. Mais le joui n'est pas venu où les hommes comprendront qu'il n'y a pas de plus noble manière d'honorer un mort que d'attacher à sa mémoire le souvenir d'une bonne action, et de remplacer l'ostentation stérile des funérailles par l'acte de bonté qui prolonge au delà de la mort l'effort vers le bien de celui qui n'est plus.
Le peuple n'est pas philosophe. Il est avide des spectacles qui mettent un intérêt d'un jour dans sa fastidieuse vie. Pendant deux longues journées, des femmes, avec des enfants sur les bras, ont fait queue sous le soleil pour contempler des draperies noires dans la cour de l'Elysée. A minuit, avant-hier, la place de la Concorde et les Champs-Elysées avaient l'aspect d'un campement. Ce n'était qu'échelles, tréteaux, tables, petites voitures, restaurants improvisés, au milieu desquels a grouillé toute la nuit, en dehors de toute police, un peuple silencieux. Ce sont là comme les coulisses de la grande manifestation publique. Ce qu'il faut retenir, c'est l'acte lui-même du peuple accouru.
Des sentiments divers qui agitaient cette foule, depuis le patriotisme le plus exalté jusqu'à la curiosité, la plus vulgaire, s'est dégagée sous les yeux de l'Europe attentive, la notion d'un grand acte commun, attestant au monde, après cent ans de guerres civiles, l'unité toujours vivante de la Patrie française. De cela l'Europe se souviendra. Elle n'oubliera pas qu'en dé-
pit des tourmentes, en dépit des revers, la nation qui a contribué pour une si glorieuse part â la civilisation du monde, est plus vivace, plus ardente que jamais à la conquête d'une paix de justice et de liberté. Le sort nous a été cruel, il peut nous être dur encore, mais nous vivons, nous vivrons. L'imbécile assassin n'aura abouti qu'à grandir le nom de Carnot, et à nous donner, par le contre-coup de la catastrophe, une plus haute conscience de nous-mêmes, une plus noble ambition pour la Patrie, une passion plus active pour la cause de Ihumanité.