‹ La mêlée socialeChapitre 3 sur 131 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

vie surgie du champ de carnage? Tous ces êtres qui s'empressent dans le mortel tumulte, du primitif organisme à l'ancêtre du mystérieux anthropoïde, oii vont-ils? A quelle œuvre les entraine l'obscure fatalité?

A la génération de l'homme, à l'apparition de la conscience, avec sa réaction de volonté, au prodige qui, sans l'excuser, rachète peut-être en partie l'universelle douleur oii il fut enfanté. D'un être souverain, ce serait crime assurément. Nécessité : subissons vaillamment ce qui s'impose.

L'œuvre est accomplie. Dans sa force, dans son intelligence, dans son action supérieure, l'homme surgit, aspirant Dieu. De ses saisons, de ses climats ennemis la terre le refoule et le garde aux régions heureuses qui lui sont accueillantes et douces. La mort pour qui s'aventure au delà devient préservatrice de l'espèce. C'est le paradis perdu qui ne sera plus retrouvé. Au dernier venu, au chéri de la terre, le sol offre son antre et l'eau sa ligne de défense. L'arbre étend sur lui son grand bras protecteur. L'herbe lui fait un lit. La fleurie charme et l'enivre. Le fruit mûr tombe à ses pieds. L'oiseau s'approche confiant. La bête grondante attend, pour savoir à qui l'empire.

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