‹ La mêlée socialeChapitre 71 sur 131 · L'ARMEE DE RESERVE · texte numérisé non relu

L'ARMEE DE RESERVE

leur course vers une vieillesse hâtive et misérable, sont encore un objet d'envie pour ceux à qui le sort refuse de vivre et de mourir de cette dépense d'euxmêmes.

Ils sont trop. Malthus a prêché en vain. L'atelier ne peut les tuer tous à la fois. Chacun doit attendre son tour. On n'a pas besoin d'eux aujourd'hui. Ils ne peuvent pas vivre normalement d'un salaire. On aura peutêtre besoin d'eux demain. Il ne faut pas qu'ils meurent tout à fait.

Et le remous se fait de l'usine à la rue, de la rue à l'usine, au hasard d'une taxe douanière, d'un impôt, d'une découverte nouvelle, d'une mode, d'une fantaisie qui, subitement, emplit l'atelier ou le vide, promenant aveuglément la misère, la maladie, la mort dans l'humanité drue.

C'est très bien, les lois de fabrique. On s'en occupe avec grande raison. Il faut de l'air, de la lumière, dans l'atelier. Il ne doit pas être permis d'abuser de l'homme, pas plus que de la femme ou de l'enfant. Réglementons les heures de travail. Prémunissons le travailleur contre les accidents. Assurons sa vieillesse. Ce sont là de hautes entreprises, à peine ébauchées, dont la réalisation presse, et qui appellent l'effort de tous ceux que n'aura pas desséchés l'égoïsme bourgeois.

Mais la troupe dépenaillée, maladive, pour qui l'usine ne s'entr'ouvTe que d'une façon intermittente, à des intervalles déterminés par l'imprévu, la lamentable armée de réserve du travail, ne fera-t-on rien pour elle? La charité, la prison même ne peuvent suffire à .tout. Voyez le cas de Jean Four.

L'organisation de l'Assistance publique doit être reprise de fond en comble. Qui ne sait à quel point

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la charité officielle, aussi bien que privée, est dcplorablement exploitée par les professionnels ?

Une Société privée s'est fondée pour l'assistance par le travail. 11 y a là, pour les municipalités de nos grandes villes, un champ fécond d'utiles expériences.

Au Conseil municipal de Paris, l'honneur de montrer le chemin.

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