LE SYMBOLISME ÉSOTÉRIQUE
de se séparer du troupeau ou, comme ils disent, des imbéciles. S'ils gardent à Marie- Antoinette, sanctifiée par ses malheurs, une sorte de vénération sacrée, s'ils ^c lamentent sur le sort du roi-martyr, ne peut-on is douter de leur sincérité quand on lit sous la plume ' Villicrs de l'Isle-Adam : «Les rois même défunts lit une manière parfois bien dédaigneuse de châtier les farceurs qui osent s'octroyer l'hypocrite jouisince de les plaindre >> ? Il est vrai que les rois vivants ivent aussi emprunter, pour se défendre, le concours j la Providence. Le coup de fusil anonyme qui tuait le pamphlétaire Paul-Louis Courier et qui semblait \enger de ses libelles l'usurpateur couronné, aurait ' u fournir au même Villiers matière à exercer sa déacertante ironie. Ces légitimistes intransigeants me semblent aussi mal à l'aise et dépaysés dans leurs •nvictions et leurs proclamations emphatiques que s roturiers enrichis parmi la splendeur armoriée (les palais qu'ils se sont acquis à deniers comptants, sont les mêmes qui veulent nous ramener à la foi liices traie, sans prendre garde qu'ils ont perdu l'humiUté chrétienne et le véritable sens de l'Êcrilure. Ils empruntent comme un porte- voix l'éloquence (les Pères de l'Eglise, mais, en s'insinuant dans leur doctrine, ils me font songer à ce personnage d'opérette qui, glissé dans l'armure. géante d'un paladin, nse nous effrayer à manœuvrer sa mécanique . luillée. Leur cathoUcisme farouche, violent et outré, pue l'hérésie à plein nez, et, s'ils eussent vécu au temps des papes Farnèse et Ghisléri, il n'eût pas été prudent de les envoyer faire un tour aux environs du Saint-Ofhce. D'ailleurs, l'Eglise les a désavoués.. Le
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premier en date de ces récurrents, Lamennais, connu les foudres de Grégoire XVI. Un seul reçu' l'agrément pontifical (encore, était-ce avant la lettre) C'est Roselly de Lorgnes, qui fut chargé par Pie O d'écrire l'histoire de Christophe Colomb en vue d( sa canonisation. Mais quel autre de nos miHtanti ca.tholiques eût trouvé grâce devant un collège ecclésiastique ?
Ce n'est pas Raymond Brucker, romancier oublié, qui eut de la vogue entre 1830 et 1850, et qui mettaii au service de la foi un bagout faubourien, un bric populacier dont un concile se fût à bon droit scandalisé. L'histoire de sa conversion est assez curieuse, Cel utopiste, qui avait professé la doctrine de.Saint-Simon^ de Fourier et s'était .fait successivement l'adepte de toutes les religions 'fantaisistes qui pullulaient comme des champignons, des ruines de l'ancienne, entend, un jour, par hasard, prêcher le célèbre Père de J^avignan. incontinent, il décide d'aller 1 trouver pour lui démontrer ses erreurs! Le jésuiti l'accueille sans façons, mais, aux premières objec tions': « Confessez- vous" d'abord ! » lui 'intime- t-i d'un ton impérieux. L'autre obéit. Tandis qu'il' s'a genoûiile, la grâce opère. Il sort bouleversé de cett entrevue. Le voilà enflammé d'une ferveur d'apôtre Ilrecrute les ouvriers des faubourgs, les invite à boir etJtes nioralise au colnptoir, le verre en main. Ses sei mbns s'émaillent de sacrements et de jurement de rouliers. JÎ a pris sa ^doctrine à l'Eglise, mai non sa révérence, ni les fleurs du beau langage «Quand un homme aimé de Dieu, se plaisait-il dire à propos de lui-même, s'écarte du droit che-