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La mélopée antique dans le chant de l'Église latine. Suite et complément de l'Histoire et théorie de la musique de l'antiquité

Personne aujourd'hui ne doute que les modes et les cantilènes de la liturgie catholique ne soient un reste précieux de l'art antique. Mais jusqu'à présent tout le monde a dû se contenter de cette notion sommaire et superficielle, qui ne fait que stimuler notre besoin d'en savoir davantage. Quels sont au juste les éléments de la musique gréco-romaine dont l'Église s'est approprié l'usage ? S'agit-il seulement de vagues réminiscences, de mélodies à moitié oubliées, ou y a-t-il eu des emprunts positifs, remontant à une époque où la culture de l'art était encore vivante ? Et dans ce dernier cas, à quelle espèce d'œuvres musicales les communautés chrétiennes ont-elles puisé? Enfin quelle date peut-on assigner aux plus anciens chants de l'Antiphonaire romain, tel que le recueil existe de notre temps ?

Voilà des questions auxquelles aucun auteur ecclésiastique ou laïque n'a entrepris de répondre avant ce jour. Elles m'ont préoccupé pendant une grande partie de mon existence, et je les croyais encore insolubles en 1880, lorsque, arrivé aux dernières pages de mon livre sur la musique de l'antiquité, je me vis contraint de m'arrêter au seuil de l'époque problématique. Dix années de nouvelles études, poursuivies sans relâche, m'ont mené à une solution satisfaisante du problème. Voici les points principaux qui peu à peu se sont dégagés de mes recherches. « Le « chant chrétien a pris ses échelles modales, au nombre de quatre,

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