‹ La mélopée antique dans le chant de l'Église latine. Suite et complément de l'Histoire et théorie de la musique de l'antiquitéChapitre 109 sur 155 · CANTILENES DU MODE DORIEN · texte numérisé non relu

CANTILENES DU MODE DORIEN

§ i88. Sévère jusqu'à la rudesse, et en tout l'opposé du majeur moderne, l'harmonie dorienne'fut l'expression musicale de l'idéal hellénique. Aux yeux des philosophes du IV^ siècle avant J. C, ses effets étaient d'une nature purement morale : elle traduisait les accents de l'homme vertueux selon la conception platonicienne, vaillant dans les combats, inébranlable dans l'adversité"^. Au temps des Antonins elle avait gardé tout son prestige et restait prédominante dans la pratique^ Il en fut encore ainsi, ce semble, longtemps après que le christianisme eut conquis les populations gréco-romaines, dont l'éducation était profondément imprégnée des souvenirs de l'antiquité païenne. Le mode dorien passa dans le chant de l'Église'*, mais ses accents furent pénétrés d'un nouvel esprit et reçurent une interprétation conforme à l'éthique chrétienne; pour Cassiodore le dorien inspire l'héroïsme

ï Dans la progression de 6 quintes, génératrice du système diatonique (fa — ut — sol — ré — la — mi — si), la fondamentale du majeur moderne est le 2^ son à droite (ut) ; la fondamentale dorienne est le 2^ son à gatiche (mi). La gamme majeure procède par deux tons consécutifs, un demi-ton, trois tons consécutifs et un demi-ton en montant; l'octave dorienne procède par des intervalles identiques en descendant.

2 Mîis. de Vaut., t. I, p. 190 et suiv.

3 Des neuf morceaux (ou fragments) de musique vocale en notation grecque qui ont vu le jour à l'heure actuelle (octobre 1894), six appartiennent au mode dorien.

4 Le Te Deum, le plus ancien chant liturgique qui nous soit connu nominalement, est composé sur une mélodie dorienne.

346 DORIEN TDeut. auth., me mode).

ascétique, la résistance victorieuse aux tentations charnelles : Dorms pudicitiae largitor et castitatis ejfector est.

§ 189. Peu à peu cependant, au milieu des bouleversements politiques, sociaux et ethniques qui accompagnèrent et suivirent la chute de la civilisation antique, un nouveau sens musical s'éveillait au sein de la société chrétienne dégagée des liens de la tradition classique. La mélopée dorienne, dénuée de tendresse, pleine d'inflexions âpres et dures, fut bientôt reléguée au troisième plan par les harmonies plus douces : l'iastienne, l'éolienne. Dans l'antiphonaire de l'office elle occupe une place assez restreinte, qui ne cesse de se rétrécir à mesure que l'on descend le cours des âges. A partir du VHP siècle une partie de ses cantilènes dégénèrent et passent à d'autres modes'; au X^ siècle sa structure harmonique se modifie par le déplacement de la dominante (p. 190, § 149); et depuis lors le domaine de la muse dorienne ressemble à un champ plein de ruines. Des 78 antiennes classées ci-après, six ou sept à peine subsistent encore intactes dans les recueils liturgiques de nos jours ^ Quant à l'art des Européens modernes, il n'a gardé aucune trace perceptible de l'harmonie préconisée par Platon \ Rien ne montre d'une manière plus saisissante la révolution que le christianisme a opérée dans les mœurs et les sentiments des peuples soumis à son influence.

§ 190. Relativement à la contexture musicale des chants doriens adoptés par la liturgie de l'Église catholique, il nous reste à ajouter peu de chose à ce qui a déjà été dit à cet égard (pp. 40-43> 87-88, 99, 129-130).

Comme notes initiales, la mélopée antiphonique du deuterus

1 Les thèmes doriens les plus usités dans le chant latin (35 et 36) ont une tendance marquée vers l'harmonie iastienne. Beaucoup d'antiennes du thème 36 ont adopté la terminaison et la psalmodie du Ville mode.

2 II est à remarquer que, même après son altération harmonique, ce mode n'a pas cessé d'impressionner par son caractère viril. « Per deuterum dignitates vel qualitates « animorum indicere possumus ». Guy d'Arezzo, De viod. forin., p. 107. « Le III^ mode « est propre aux textes qui marquent beaucoup d'action, d'impétuosité, des désirs véhé- 'I ments, des mouvements de colère, d'ardeur... Il convient aux sujets qui annoncent « l'orgueil, la hauteur, la cruauté, les paroles dures et celles qui traitent des combats 'I spirituels ou corporels. » Poisson, Traité du plain-chant, pp. 247-248.

3 Le dorien est très rare dans les chansons du moyen âge, dans le choral protestant.

DORIEN (Deux, auth., ni* mode). 347

authente (IIP mode) ne connaissait, antérieurement au X* siècle, que les trois sons de la triade modale' : E (thèmes 34, 35, 38), G (th. 36), tî (th. 37).

§ igi. Jusqu'à l'époque où s'introduisit à Rome la doctrine de VOctoechos, il existait pour la psalmodie deux cantilènes doriennes, exhibant deux états différents de l'harmonie modale.

I. L'une d'elles, issue du nome 36, appartient à l'harmonie ordinaire du mode; ses tenues et son arrêt intermédiaire (mediatio) avaient lieu sur le son aigu de la triade dorienne (tî). Dès la fin du VIP siècle cette intonation fut rendue commune à toutes les antiennes du IIP mode latin. La Contmemoratio pseudo-hucbaldienne nous en a transmis la forme normale (p. 115), antérieure au déplacement de la dominante (p. igo). Cet écrit, tel que l'a publié Gerbert, ne donne que deux formules terminatives de la doxologie^

a) Conclusion pleine, sur la fondamentale (E), en usage pour les cantiques de l'Évangile commençant par E.

Gatf i;dctîc|5G^tîtftîtîtîc^ a GË|| Glo-ri - a... et nunc et semper et in sae-cn-la sae-cu - lo - nim, A - men.

Antienne : Qui de terra est, th. 35.3

Gatf tîiî^^âGFÊil Variante psalmodique : Glo-ri - a.... sae-cu - lo - rum, A -men.

Antienne : Quando natus es, th. 35.

b) Conclusion incomplète sur la médiante de la triade modale (G). Elle s'applique aux psaumes en général, ainsi qu'aux cantiques associés à des antiennes dont le son initial est G ou if.

1 Le son D, appoggiature inférieure de la fondamentale, commence l'hj^mne ambrosienne A solis ortus cardine (p. 70). — Au Xle siècle Pseudo-Odon (Guy d'Arezzo) énumère 5 sons initiaux pour le 111^ mode : E, Quando natus es ; F, Nunc scia ; G, Multa quidem; a, Qttis Deus magnus; c, Tertia dies est. Gerb., Script., t. I, p. 260.

2 Page 222. Probablement il y a une lacune à cet endroit; les versets psalmiques donnés en exemple finissent sur a ou sur t}. — Guy {De mod. form., p. 91 et suiv.) présente aussi ces deux notes terminatives (classes 2, 4, i); il en est sans doute de même pour Réginon qui, outre sa classe principale, distingue quatre divisions. Aurélien de Réomé ne mentionne que deux variétés pour le Ille mode (p. 46).

3 Commem., pp, 214, 222. — Première variété d'Aurélien (Haec est generatio); classe principale de Réginon. Guy n'a parmi ses intonations du III^ mode aucune finissant sur E.

348 DORIEN (Deut. auth., iii« mode).

Gatî tîiîcâcc^âGII

Glo-ri-a sae-cu - lo-riim, A - men.^

Antienne : Tu Bethlehem, terra Juda, th. 36.

Gatî iîlîtîtfCdctîatîlt|tîarttî]cca!;5G|| Psalmodie simple : Non mim qui o-perantur i-niqtiitatein in vi-is ejus ambula-verunt.^

II. La seconde formule psalmodique, qui dérive du thème 34, montre l'harmonie dorienne sous un aspect exceptionnel. Les arrêts et le demi-repos de la mélodie se font, non plus sur la quinte, mais sur la quarte (a), en sorte que le son final (E) perd son caractère de fondamentale pour prendre celui de dominante. Il n'existe pas d'autre nome dorien de facture analogue dans le chant latin. Au moment où s'établit le système modal de l'Église, cette cantilène psalmique fut séparée de sa famille harmonique, et réunie, malgré l'absence d'affinité, aux antiennes du IV^ mode, qui alors appartenaient toutes à la catégorie des hybrides débutant en éolien et se terminant en iastien intense (p. 336). Plus tard elle fut étendue aux antiennes de riastien intense pur, que l'on transposa à la quinte grave. Nous avons raconté (p. 205 et suiv.) quelles furent pour le thème 29 les conséquences de l'accouplement des deux mélodies hétérogènes.

La Commemoratio exhibe cinq variantes pour la cadence de la psalmodie du IV* mode ecclésiastique^

a) Conclusion pleine sur la terminaison modale (E). Une note de liaison (C) s'ajoute au bout, lorsque l'antienne du cantique commence par ce son.

E G a sÎG Gâ5 tîâSalâGGaaaaaaaÇâG E(C) || Glo-ri-a.. . et nunc et sem-per et in sae-cu- la sae-cu-lo-rum, A - men.4

Antienne : Omnes autem vos fratres estis, p. 116.

EGa aGapGFE ||

abis) Variante psalmodique : Glo-ri - a sae-cu-lo-rum, A - men.

1 Seconde variété d'Aurélien; 3« et 5" classes de Guy; peut-être les troisième et quatrième divisions de Réginon.

2 Commem., p. 217.

3 Gerb. Script., t. I, pp. 215, 223. Aurélien énumère quatre variétés pour le deuterus plagal (p. 48); Réginon distingue une classe principale et trois divisions. Guy a six classes.

4 le variété d'Aurélien; classe principale de Réginon; i« classe de Guy.

DORIEN (Deut. auth., me mode). 349

Antienne : Vt- gi - la - te a - ni - mo fp. 331).

E Gaa aGa tfa | aGaaâGFÊ||

Psalmodie simple : Tu man-da-sti man-da-ta tu - a cu-sto -di-ri ni - mis.^

b) Cadence imparfaite sur G, son initial de l'antienne.

EGa aGaaGGII

Glo-ri -a sae - eu - lo-runi, A-iuen.^

Antienne : Hy-mnum di - ci- te (p. 331).

c) Cadence ascendante sur a. L'antienne commence (en protus)

par F.

EGa a G a t^a G Ga 11

Glo-ri -a sae-cu -lo-rum, A -men.s

Antienne : Laudabo Deum meum, th. 33.

d) Cadence régressive sur G. L'antienne commence (en protus)

par D.

EGa aGaaGF EFG ||

Glo-ri -a sae -eu -lo-rum, A - menA

Antienne : Innuebant patri ejus, th. 32.

§ 192. Les antiennes du IIP mode latin qui ont pu être identifiées par nous dérivent de cinq thèmes nomiques, dont un, à la suite du déplacement de la dominante, a disparu de la mélopée liturgique, absorbé totalement dans le protus.

Thème 34, primitif, A vivo iniqiio (E G a t} G a F E). Bien que les antiennes suivantes aient manifestement la même origine que la psalmodie du IV^ mode ecclésiastique et le chant du Te Deum, elles n'en sont pas moins rangées, la première exceptée, dans le IIP mode.

Antiennes de la i^ époque :

lE^E

A vi - ro i - ni - quo li - be - ra me, Do-mi -ne. (Cf. p. 87).

1 Comment., p. 217.

2 Elle correspond à la 4^ classe de Guy.

3 Deuxième variété d'Aurélien : « Finis versiculi in altum sustollitur » (p. 48).

4 C'est la 2« classe de Guy, la le division de Réginon, la 3^ variété d'Aurélien : « Quidam ultimam versus syllabam vinnulam oppido flexibilemque autumant fieri « voce m » (p. 48).

DORIEN (Deut. auth., me mode).

Thème 34.

* [E] G a âj Çc a G a [a a] O - inni-a qtiae-cum-qice vo-lu-it,

GF Ga GF E E ||

Do - mi - nus fe-cit. Ps. 134.

(Fer. F ad Vesp.l Tous les livres actuels ont Q pour note initiale. Néanmoins il est à présumer que cette antienne et la suivante commençaient au IXe siècle par E, comme les 20 autres que Réginon a rangées dans la classe principale du Ille mode. C'est ce qui nous a décidé, en l'absence de toute indication neumatique, à donner ici place aux deux antiennes.

*LE]G a a:î î^c a G Ga Do - mi -ne, pro-ba-sti me,

(Fer. 71 ad Vesp.)

G E F Ga GF E

et co-gno-vi - sti me.

Ps. 138.

EG Ga

Haec est

G at{ a a

ne-ra - ti - 0

a c tî Ga GEF F E 1

quaeren-ti-um Do - mi-num, etc., p. 87.

Cf. Aur. Reom. p. 46 : « In antiphonis prima differentia vinnulara gravemque emittit vocem, ut hic : Haec est generatio ». Sauf Pustet, tous mes recueils ont le thème 36.

"E G a i; a" Dtim covi-ple-ren-ttcr

cd c5 a t} a G I di - es Pen-te-cos-tes

G GF E E

al - le - lu - ia.

G arfa a GF E FG G G a GF

e-rant o - mnes pa - ri - ter di-cen-tes :

De Peut, ad Laud. Trêves (p. 496) a gardé le texte du Resp. greg. Quant au chant, l'antiphonaire de Pustet est le seul qui, pour le début, s'accorde avec les neumes de Réginon. Les autres livres modernes ont le thème 35.

Thème 35, Beatus vir (ED Gat}acl:|GF E), issu du précédent par une inflexion s'ajoutant au son initial. Ce nome est compris chez Réginon dans la classe principale du IIP mode, et forme surtout des antiennes développées ^ Sa fausse analogie avec le thème 6 a favorisé la dégénérescence de quelques unes des cantilènes suivantes.

Antiennes psalmiques :

Be - a - tus vir qui' in le - ge Do-mi - ni me-di - ta - tur

vo-lun-tas e-jus per-ma-net

di

ac no-cte;

F E FG G G G GE FGa FE D FD F EF G GF E E ||

et o-mni - a quaecumque fa - ci - et sem-per pro-spe-ra-buntur. Ps. i.

De Conf. in I noct. Antiph. du XlIIe siècle.

' La mélodie de l'hymne Pange lingiia en est sortie.

DORIEN (Deut. auth., nie mode)

Thème 35.

*"E E ËD G a Ga^ t? " 5% tf a G â^c Çâ 5^ I

De-po-su - it po-ten - tes, san - ctos per-se-quen - tes : etc., p. 137.

Se chante en 1er mode depuis le moyen ûge (voir p- 194^

*E E ËD G a Ga^ tî P c^ aG 1 GaJ a GF G GaG FE DE E || De-po-sn - it po-ten- tes de se - de : et ex-al - ta-vit hu -mi- les.

De hymno S. Mariae (Fer. V ad Vesp.j. Diurual bénéd. du XVe siècle.

Antiennes de la 2^ époque :

*ED G atî tî tî

Sta - tu - it il - H

t| c d c ctf ai; aG G I te - sta-mentum sem-pi - ter - num :

a a Gatf aG F et de-dit il - li

De Conf. ad Laud. Ant. Trev., p. 6i8.

E F GF Ga GF E E | sa-cer-do - ti - um ma-gnum.

*"ED G aij tî tî ca tj" i^ a G F G a GF E E | Cou - si - li - um fe-ce - mut i - ni - mi - ci me - i di - cen - tes :

FGaGF ED F Ga GFEEEH

Con-te- ra-mus e - um de ter-ra vi - ven-ti-um.

Fer. IV maj. hebd. in Evang. B. R. Brux., ms. 6426; mélodie dénaturée en 1er, comme Egredietur (p. 194) : l'altération est postérieure au Xe siècle. Cette antienne ne fait plus partie de l'office.

*ED G at| t|c iî tî i^atlct^aa E - gre -di - e - tur vir-ga

Du 1er mode depuis Guy (p. 194).

F G a GF EF E I

de ra-di-ce Jes -se, etc.

*"E ED G atî i;" c tî G iî c a GF Ga GFE E | Quan-do na-tiis es in - ef- fa- bi- li - ter ex vir - gi - ne, etc.

De Oct. Nat. Dni ad Laud.

*"E ED G atf tî" tîc d dtf c d tfG |

.Qui de ter-ra est, de ter-ra lo-qui-tur, etc., p. 115.

*"E ËD Ga G5tî"5c dt^ c^aG aG|

Qtiis ex vo-bis ho- ma, qui ha-bet cen-tum o-ves, etc.

Bom. III post Pent. in Evang.

*EEDG^tî tîddctîtîatîl

Cum au - dis -set Joh nun-ti-o-rum ver - ba,

t;|;atî t^aFGa GF EE| su-sti-nu-it pa-ti-en - ter, et a - it :

DORIEN (Deut.

AUTH., me MODE).

DE G Ga

a ajl a a

Si bo-na

su-sce- pi-mus

de ma-nu

Do-mi - ni,

lî

tî ^ iî

aG a ai^a

Ga a 1

ma - la au-

tem qua-re non

su - sti-ne -

a - mus?

E G Ga

a a aG atf

aG a â5

In o-mni-b

us

his non pec - ca -

vit Job

la - bi - is

su ■

-is,

Gaîî tî tî tî tf a tf ne - que stultum a - li-quid

tî a FG a

con-tra De - um

GF E E

lo - eu - tus

est.

De beato Job (Sabb. prope Kal. Sept, in Evang.j. Déjà localement dénaturée au IXe siècle, de même que ci-après Cum inducerent. Depuis Guy les deux antiennes ue se chantent plus qu'en 1er,

••^"ED G ai; tf Cae - ci - li - a

De s. Caec. ad Laud.

De la 3^ époque :

c tf a a G" â^c^ aG G | fa-mu-la tu - a. Do - mi - ne, etc.

*"E ED G a*; t}" c tf a Gt^ a Cum in - du-ce-rent pu-e-rum Je - sum

an G GF EFGF ED

pa - ren-tes

jus, etc., p. 213.

La version dégénérée de nos antiphonaires procède d'un chant du Ille mode où la dominante avait déjà été haussée. Pustet fait exception; sa mélodie du 1er mode a pour base un deuterus dont D est la corde harmonique.

Variante du thème 35 ; début légèrement orné (2* époque) :

tfC d c tî G at^a I to - rum in de-li-cto : etc.

EF EF DG G ai; tf Haec est quae ne-sci-vit to - rum in ae-ii-cto : etc., p.

Seul parmi les modernes, Pustet a laissée intacte la dominante primitive du HIe mode; tous les autres antiphonaires chantent G ac C sur le mot tiescivit.

Thème 36, primitif, Cunctis diehus (GtjacfcjGaF E), répandu chez Réginon dans les diverses classes du deuterus authente. La psalmodie usuelle du mode est issue de ce nome, qui comprend la plupart des antiennes du III*. Les nombreuses déviations signalées ci-après proviennent d'une double cause et ont suivi deux directions :

à) Fausse analogie avec le thème i, qui lui-même a une analogie réelle avec le thème 40. Certaines antiennes se sont dénaturées en P"" mode (pp. 193-194, 219), et la plupart d'entre elles ont adopté subséquemment la terminaison du VI® (pp. 202-204, 216-217).

b) Analogie réelle avec le thème 30 et avec d'autres nomes iastiens. Beaucoup de mélodies du IIP mode se meuvent presque exclusivement

DORIEN (Deut. autii., me mode).

Thème 36.

autour de leur dominante (t^), et ne descendent vers la fondamentale que pour arriver à leur conclusion définitive, en sorte que la triade iastienne (G tj d) s'y fait entendre d'un bout à l'autre. Cette structure mélodique a souvent eu pour conséquence de les faire aboutir à la terminaison du tétrard (pp. 200, II, 214, II, c).

Antiennes de la i^ époque

Cun-ctis di - e - bus vi - tae no-strae De cant. Ezech. (Fer, III ad Latid.).

sal-vos nos fac Do-mi -ne."

*GiîctîG aaG Con -fi -te- bor Do-mi - no

t; a G GF D E E

ni- mis in 0 - re me - 0.

Cf. pp. 88, iio.

(Sabb. ad Noct.) Notée dans VEnchir., p. 157. De bonne heure la mélodie s'est dénaturée en protus (pp. 193-194), puis égarée en tritus (p. 20c, I). Elle figure eu Ve dans les recueils actuels.

=i=GGtîtîaGtîc aGtîltîcaaGaG GGFGFE||

O - ri-e-tiir in di-e-bns Do-mi-ni a-bundanti - a pa-cis, et do-mi-na-bitur. Ps. 71. Le Nat. Dni ùi II noct.

*"Gâ5tî tji; i:|c5âc"c5G l â^ aGE FG G

Tol-li - te por-tas prin-ci-pes ve-stras, et e- le - va - mi - ni, etc., Ps. 23.

De Ded. eccl. in I noct. Anliph. du XlIIe siècle.

" G a Gtî tî tî t;d c " c a t}c tî G G Fac be - ni -^ gne in bo - na vo-lun-ta - te tu - a,

etc., p. 192.

" G at; tf tf a ac tf " Do-mi - ne, vint pa - ti - or,

^d et} G a G

re-spon-de pro me

G a c tî a aG atj aG E F G GF E E

qui -a ne-sci-o quid di - cam i - ni-mi-cis me - is.

De cant. Ezech. Fer. III inaj. hebd. ad Laitd.

De la 2^ époque :

*GGa tftî a ci; G aatfaGFEFGG]

Fi - de - lis ser-vns et prudens, quem con-sti - tu - it Do - mi - nus etc.

De Con/. ad Laud. Antiph. du XlIIe siècle.

*GGatî l^acl; Ga aa ^aG|

E - li - sa-beth Za-cha-ri - ae magnum vi-rum ge-nu-it, etc.

De s. Joh. Bapt. ad Laud.

' De plus dans le psautier : Bonorum tneorum, ps, 15 Nonne Deo, p. 61.

DORIEN (Deut. auth., me mode).

R. T. Thème 36.

♦GGatftîaciî aGaaaa atfaGi

p. 21 Hic est di-sci-pu-liis il - le qui te - sti-mo-ni-um per-hi-bu-it : etc.

De S. Joh. Evang. ad Laud. Trêves a consacré le texte du Resp. greg.

*"G G a^t^a ci;" p. 21 (n) Hio est di-sci-pulus me-us : Ibid.

G aa aijaGG aFGEEE||

sic e-um vo-lo ma-ne-re do - nec ve-ni-am.

^GGa tîtî actf Re - H- quit e- um ten- ta-tor,

G G atf a G E FG G

et ac - ces - se-runt an - ge - li,

G aGFGGF EE|| et mi- ni - stra-bant e - i.

Dom. I Quadr. in Evang. B. R. Brux., ms. 6426. N'existe plus dans l'office.

"G at; tî tî iî a" c tî Do - mi - nus le - gi-fer no-ster,

Fer. V ante Vig- Nat. Dni ad Laud.

G Ga a tf a G [ i;

iî G

Do-mi-nus rex no-ster, i - pse ve-ni-et a GF G GF E II

et sal - va - bit

nos.

*"G ai; tî c t; a c i;a" F G a GF E E I Do-ini-ne, qtiin-que ta-len-ta tra-di - di - sti mi - hi : etc.

Dénaturée en protus au. Xe siècle (pp. 193-194).

*Gai;t;ac t;a aî:;a Do-mi-ne, si hic fu-is-ses,

Comme l'antienne suivante, dénaturée en 1er longtemps avant Réginon (p. 219)

F G a F al; GF EFE DE E

La-zarus non es - set mor - tu - us

etc.

*G at; t; i; (c) ai;GE

Do-mi-ne, si [tu) vis.

G a F GF E E I

po-tes me mun - da - re : etc., p. 219.

*"G ai; tj i; ci; ac ci; G" Gat; a G E FG G I Tu Beth-le-hem, ter - ra Ju - da, non e - ris mi - ni - ma : etc.

Fer. III ante Vig. Nai. Dni in Evang. Le début noté dans la Commemoratio ; voir ci-dessus, p. 191.

* " G atf i;a " i; ac ci; G

E - go swn pa-stor bo - nus, De Pass. Dni ad Vesp. in Evang.

G G ai; a G EFG G |

qui pa-sco 0 - ves me - as : etc.

*G ai; \\ t; t; ci; aG at;ci; at; i; | c ^ a Gl; i; |

Ne-tno te con-de-vma-vit, mu - li - er ? Ne-mo Do-mi-ne.

5ë dcja GFGaGFEEll

jam am-pli - us no - li pec - ca - re.

Dom. IV Quadr. in Evang. Réginon terminait cette antienne en Ville mode (p. 214, II, c). De nos jours Trêves et Plantin en font de même; Pustet, Solesmes et Lambillotte ont le Ille d'un bout à l'autre. Le même texte existe dans le Graduel avec une mélodie différente-

DORIEN (Deut. auth., me mode)

:=G atî tî iî tf t{ a c tj Ga Tol-li - te ju-gtim me-um su-per vos ;

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