‹ La mélopée antique dans le chant de l'Église latine. Suite et complément de l'Histoire et théorie de la musique de l'antiquitéChapitre 133 sur 155 · SI · texte numérisé non relu

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Tu Pa-tris sem - pi - ter - nus es Fi - li - us. {Enchir., p. lyi.)

« dicitur, vocem alteram, quae vocatur principalis, eo modo comitari solet, ut nec

« infra tetrardum sonum descendat positione, nec inchoatione levetur, obstante triti soni « inconsonantia (p. 169). » Ce troisième son (tritus sonus) inconsonant est sil? (B), qui, au lieu d'une quarte juste, a au-dessus de lui un triton, mi (E).

I « Occursus tono melius fit, ditono non adeo, semiditonoque nuiiquam. » Guy, ch. 18. 2 La descente exceptionnelle au-dessous de C est signalée par Guy.

3 L'exemple, tel que le donne Gerbert, est fautif, et en contradiction absolue avec le commentaire qui suit : « Sic canendo senties, quomodo non obstante deuteri (E) tritique « soni (B) absonia, consonanter regione subquarta imponatur vocis organalis levatio, sed « rursus eadem absonia impediente, tetrardum sonum (C) non transit positio. » J'ai rectifié la vox organalis d'après cette explication, conforme à la règle commune.

Princ.

Org.

IVe mode (chant en vers).

1^3^-^ G?n ri % g g» 1 ° — ^ g ^ gg ga=3

/?«;i; cfl£ - ^i Do - mi - ne, via - ris un - di - so - ni,

z^n^ — '^^ ° — p — ^ — ^ — r=^^ — ^ — g — 7r> gg — ^^ —

Princ.

Org.

Princ.

Org

Princ.

Org.

Ti - ta - nis ni - H - di, squa - H ■ di - que so - H,

ba '^' '^~ a o

Te hu - mi - les fa - tnu - H, mo - du- lis ve - ne-ran-do pi - is,

z — ^z — r ^— Q — s.— Q^^ggy — ao

Se ju - be - as fla- gi-tant va - ri - is H- be-ra-re ma - lis.

{Ibid., pp. 169-170.) Vie mode,

Ve - ni -te, ad - 0 - re - mus.^ (Guy.) Tétrard : Vile ou VIII^ mode.

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Tj< Pa-tris sem - pi - ter - nus es Fi - H - us. (Enchir., p. 171.) Ville mode.

Fi - cio»' fl - scen - dit cae - lis un -de de - scen - det. (GuY.)

Toutes les formes modales ne sont pas également aptes à recevoir un accompagnement diaphonique. Les deux modes authentes qui renferment une quinte tritoniée, le IIP et le V^, s'y prêtent le moins; même ce dernier, selon VEnchiriadis, ne souffre aucune harmonisation^ Guy désigne comme les plus favorables le protus (I" et IP) et le tétrard (VII^ et VHP); nous pouvons y ajouter, d'après les exemples, le IV* mode, en définitive une forme secondaire du VIP. Mais c'est au VP mode, à la forme embryonnaire du majeur européen, que revient le premier rang dans le chant

ï La tierce mineure (b — d) amenant Voccurstis est en opposition avec les règles données par Guy lui-même; vraisemblablement le fa sur l'attaque de la dernière syllabe doit être un ^, comme la note précédente.

« Haec transpositio (Fat^tiftjlUtjcaG F), dum potissimum sono vadat t^ deutero, t responsum organale apte non recipit (p. 171). »

polyphonique du haut moyen âge. Ainsi le proclame déjà le patriarche de la musique occidentale : tritus (plagius) diaphoniae obtinet principatum. Le VP mode admet la voix organale non seulement au grave, comme d'habitude, mais parfois à l'aigu de la mélodie {organum sitspensum), et à l'état de tenue sur la tonique, ce qui rappelle Vison du chant byzantin.

Voix principnle :

Sex - ta ho - ra se - dit su - per pu -te- um.

Voix organale :

■-^z^luzz.^

i^—^:::azzjazzP.zzrt=^zzz2iz.z2z=^dçi

Sex - ta ho - ra se - dit su -per pu -te - um, (Guy.)

Voix principale :

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Sex - ta ho - ra se - dit su -per pu - te - um.

Voix organale :

— G G'G G G jsi G G «S-Sf "g\

Sex -ta ho - ra se - dit su - per pu - te - um. (Id-)

Tels furent les humbles débuts d'un art qui, après six siècles de tâtonnements et de labeurs, devait aboutir aux célestes harmonies de Palestrina. L'origine instrumentale de cette polyphonie rudimentaire n'est pas douteuse; elle se trahit non seulement par les termes organum, vox organalis, mais encore par la défense caractéristique de faire descendre la partie d'accompagnement au-dessous d'uTj, limite grave des cithares et des orgues au X^ siècle (voir la note précédente^.

A quelle époque la diaphonie des instruments a-t-elle été adaptée aux voix? Aucun écrit ne nous renseigne à cet égard. Tout ce qu'il est possible d'affirmer, c'est qu'au X^ siècle l'innovation n'était pas récente; le pseudo- Hucbald et l'auteur de V Enchiriadis parlent de l'organum comme d'un genre de musique couramment pratiqué de leur temps ^ Encore moins connaissons-nous Tépoque où les chanteurs à la cithare ont commencé à mettre au-dessous de leurs mélodies un accompagnement hétérophone suivant le chant note par note. En tout cas il est difficile de voir là une tradition antique. La krousis des citharistes et citharèdes grécoromains se composait de dessins figurés s' exécutant à Vaigu de la mélodie

I « Haec namque est quam diaphoniam cantilenam, vel assuete, organum vocamus. » Enchir., p. 165. — « De diatessaron symphonia quomodo melos diaphonia nascatur « videamus, quam usitato vocabulo organum nuncupamus. » Couss., t. II, p. 74.

principale p. 34. A la vérité, il n'en pouvait être toujours ainsi dans la polyphonie des tibiae doubles. Chacune des mains de l'exécutant n'ayant que quatre doigts libres pour fermer et ouvrir les trous (le pouce avait à soutenir le tube), l'échelle de chaque tuyau était forcément limitée à une quinte. Lorsque la mélodie parcourait l'octave entière, elle devait donc passer d'un tuyau à l'autre, et se trouver tantôt à l'aigu, tantôt au grave de la partie accessoire : une simple tenue sans doute. Ceci à la rigueur a pu donner l'idée de Vorganum suspenstim.

Sur les chants polyphones de la seconde espèce, nous n'aurons pas à nous étendre longuement. Le mécanisme en est des plus élémentaires. La partie d'accompagnement marche constamment à l'octave, à la quinte ou à la quarte au-dessous de la voix principale, avec redoublement facultatif des deux parties (ou de l'une d'elles) à l'octave aiguë. C'est la simple reproduction de la mélodie dans les divers genres de voix.

VOIX d'hommes. voix d'enfants et d'hommes.

Chant homophone en octaves simples et redoublées.

Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi -H- us.

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Tu Patris setn-pi-ter-uus es Fi -H- us. ^2z::^ — e>— &—&—&—&— ^—

Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi -U - us. Diaphonie en quintes simples et redoublées.

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Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi - H- us

Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi- H - us.

Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi - H - us. Diaphonie en quartes simples et redoublées.

7—^—^-G-G—G—G—G>—^ cj—^ '^~[| ( Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi - li -us.

Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi - li - us. fzjVT — ^o ^ a'~^' gj P"~? a~~rr

Tu Patris sem-pi-ter-nus es Fi - li - «s

Moins intéressante pour nous que l'organum proprement dit, cette seconde espèce de diaphonie^ jouissait aussi d'une estime moindre auprès des contemporains. Guy d'Arezzo la trouve peu agréable^ et préconise exclusivement l'harmonisation à deux parties et à intervalles mêlés, mais en modifiant le procédé par l'élimination de la quinte.

Il serait très important de savoir quand et comment s'est opéré le passage de la diaphonie au faux-bourdon, harmonie vocale composée d'une suite d'accords de sixte, et quelle fut la part d'influence de la polyphonie primitive dans la création du déchant, forme archaïque du contrepoint fleuri, née en France, et apparemment à Paris, vers la fin du XI^ ou au commencement du XIP siècle^. Ce sont là des problèmes d'histoire musicale encore couverts d'épaisses ténèbres : jusqu'à ce jour la croissance embryonnaire de l'art nouveau créé par le génie occidental reste entièrement cachée à nos investigations.

Note D (p. 87). LE RESPONSALE GREGORIANUM.

Publié dans l'édition bénédictine des œuvres de saint Grégoire d'après un manuscrit de Compiègne, aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de la rue de Richelieu, ce recueil composite a été visiblement formé dans le nord de la France actuelle, et plutôt pour une cathédrale que pour une abbaye. Le principal témoignage contre une provenance monastique ou bénédictine (expressions synonymes à l'époque dont il s'agit) est la composition des offices de Vêpres. Partout nous trouvons cinq antiennes pour les psaumes, contrairement à la Règle de saint Benoît qui prescrit quatre psaumes seulement et un égal nombre d'antiennes.

ï Les musicologues, influencés par la règle d'école qui prohibe la succession de plusieurs consonances parfaites de même espèce, ne manquent pas de déclarer intolérables et monstrueuses les diaphonies de l'époque hucbaldienne et guidonienne. C'est là un préjugé de contrepointiste. En définitive, des suites de quintes, se produisant sans tierces et exécutées lentement par des voix bien justes, n'ont rien de désagréable. Les quartes consécutives produisent au premier abord un effet bizarre, mais l'oreille s'y accoutume bientôt. J'en ai fait l'expérience personnelle le 8 juillet 1871, à une conférence archéologique donnée par mon ami Aug. Wagener, l'éminent helléniste, dans les ruines de l'abbaye de saint Bavon à Gand. A cette occasion je fis exécuter par un choeur d'hommes et d'enfants plusieurs spécimens diaphoniques des deux espèces; l'impression ressentie par l'auditoire, une centaine de personnes, fut profonde. Tout le monde fut unanime à trouver dans cette harmonie fruste un saisissant parfum d'antiquité très reculée. Il est vrai que le lieu se prêtait admirablement à une évocation de cette nature.

2 Voir ci-dessus, page 418, note 4.

3 Sur les premiers maîtres déchanteurs de Notre-Dame de Paris, voir l'Anonyme 4 dans le t. I des Scriptores de Coussemaker, p. 327 et suiv.

Ainsi qu'on s'en aperçoit à une inspection tant soit peu attentive, le document fondamental de la collection est d'origine romaine : l'ordonnance des Vêpres de la semaine de Pâques, identique à celle de VOrdo romanus I, n'est strictement applicable qu'au service de la basilique pontificale'; la désignation Pascha annotina pour le IIP dimanche après Pâques ne paraît pas avoir été en usage hors de Rome^. Quant à la date de l'écrit fondamental, nous pouvons fixer en toute sûreté la fin du VIII* siècle. En effet, ce qui appartient à cette partie du recueil est en concordance avec les textes qui ont servi de base au travail d' Amalaire, c'est-à-dire avec le responsorial et l'antiphonaire de l'office déposés à Corbie aux environs de 830, volumes que le comte Wala, frère du saint abbé Adelhard (et plus tard son successeur), avait emportés de Rome en 823. Or l'un des volumes contenait une notice conçue en ces termes : « In nomine Domini nostri « jfesu Christi incipit Responsoriale de circula anni temporibiis ter beatissimi « et apostolici Domini Hadriani papae per indictionem septimam (784-785). » Et à la fin : « Hoc opus suinmus réparât Pontifex dominus Hadrianus sihi « memoriale per saeciila. »^ Rien ne nous empêche d'identifier le Responsale gregorianum, quant à ses parties essentielles, avec le recueil liturgique formé sous Hadrien I à la date qui vient d'être indiquée.

Pour reconstituer l'antiphonaire de l'office en usage à Rome vers le moment où Charlemagne rétablit l'Empire d'Occident, il nous faut donc élaguer tout ce que nous reconnaissons comme des interpolations d'origine franke. Elles se rangent en trois catégories.

a) La première comprend les textes antiphoniques ou responsoriaux qui n ont jamais été admis dans le rituel local de Rome, et dont les mélodies sont perdues pour la plupart. Ce sont les offices partiels ou complets

de saint Germain de Paris, le 28 mai (fragmentaire);

de saint Médard, le 8 juin;

de saint Symphorien, le 12 août (fragm.);

de saint Maurice, le 22 septembre;

de saint Vaast, le i" octobre (fragm.);

ï Voir les observations placées en tête de l'édition bénédictine.

- Ce terme, que l'on rencontre aussi dans le KaUndarium romanum, est expliqué dans la note 354 du sacramentaire grégorien.

3 Amalaire, De ord. antiph. Prolog. Patrol. lat. de Migne, t. 105, p. 1243 et suiv. (extraits dans les Orig. du chant lit., pp. 49-50). Conseiller du roi d'Italie, Lothaire, et cousin de Charlemagne, Wala se rendit à Rome comme envoyé de son maître. Nous rattachons sa mission aux événements qui se passèrent à la fin du pontificat de Pascal I. Voir Gregorovius, Geschichte der Stadt Rmi im Mittelalter, 3e éd., t. III, p. 47. Il devint abbé de Corbie après la rtiort de son frère, survenue le 2 janvier 827.

des saints Denis et ses compagnons, le g octobre;

des saints Crépin et Crépinien, le 22 octobre;

de saint Quentin, le 22 octobre;

de saint Brice, évêque de Tours, le 13 novembre;

de saint Thomas, le 21 décercibre^ Nous donnons place ici également à une longue série d'antiennes (pp. 867-869) dont le texte, à part les premiers mots, est converti en une mélodie entièrement alléluiatique destinée à se joindre aux psaumes des Laudes^ La collection embrasse les fêtes et solennités de toute l'année, ^y compris le Carême. De pareilles moànldiiïon^ jiibilatoir es, survivance de la primitive organisation du chant antiphonique, ont été, dès le VP siècle, limitées dans l'office romain au temps pascal et aux heures diurnales du dimanche (voir ci-dessus, p. 164 et suiv.)^,

b) La deuxième catégorie d'additions consiste en certaines parties à^offices introduites d'abord dans les églises de France, et incorporées plus tard an rituel romain :

antiennes des Laudes au jour de l'Octave de l'Epiphanie (Veterem

' Le double office de la Toussaint inséré dans le Responsale gregorianum doit être rangé aussi parmi les additions gallicanes. Composé apparemment à la hâte, fort peu de temps après l'institution de cette solennité (830), il contient des antiennes empruntées à toutes sortes de fêtes : de la sainte Vierge, du Commun des Martyrs, de saint Jean Baptiste, de saint Michel, etc. Déjà avant la fin du IX« siècle il fut remplacé par un office en partie original (Réginon en cite une antienne, « Sanctum et verum lumen ») ; c'est celui de l'antiphonaire de Trêves. L'office actuel du bréviaire romain semble être le plus récent de tous.

2 Amal. De ord. antiph. c. 78 : « De antiphonis conversis per conveiiientiam soni in

« alléluia ut per Dominicas noctes super psalmos matutinales solum alléluia

« audiatur. »

3 De tout temps Rome paraît avoir tendu à restreindre le domaine du chant alléluiatique, plutôt qu'à l'élargir. Même si l'on en croit les écrivains grecs copiés par Cassiodore, l'Église romaine du IV^ siècle n'entonnait VAlleluia qu'au seul jour de Pâques. Hist. eccl. trip., 1. X, ch. 39 (éd. Garet, p. 324). Mais le renseignement doit se rapporter à la période constantinienne, car, déjà aux environs de 400, l'usage universel des Églises de langue latine (y compris les diocèses africains) se rapprochait sensiblement de la pratique actuelle. C'est ce qui ressort du passage suivant de saint Augustin : « Ut autem alléluia per illos solos dies quinquaginta (a Pascha usque f ad Pentecosten) in Ecclesia cantetur, non usquequaque observatur; nam et aliis « diebus varie cantatur alibi atque alibi, ipsis autem diebus tibique. » Ep. 55, ad inquis. Januarii. — Pour l'Espagne et l'Afrique, antérieurement à la conquête musulmane, voir Isidore de Séville, De off. eccl., 1. I, ch. 13. — En Gaule on a été toujours le plus prodigue de chants alléluiatiques; au VI^ siècle ils se faisaient entendre jusque dans les obsèques. Voir la vie de sainte Radegonde, de Fortunat, dans Mabillon, Acta SS. ord. S. Benedicti, t. I, p. 333.

hominem, voir ci-dessus, p. 314), supprimées lors de la revision du

XVP siècle;

antiennes de l'office nocturne aux fêtes de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte (ci-dessus, p. 171, note 7);

répons et antiennes de la fête du martyre de saint Jean-Baptiste, 29 août (ibid., note 5).

c) Quant à la troisième catégorie d'adjonctions gallicanes, elle se compose d'un groupe de textes originairement romains, mais tombés en désuétude à la basilique pontificale sous le régne de Charlemagne. Il s'agit des antiennes évangéiiques des dimanches après la Pentecôte (ci-dessus, p. 184, note i). Elles ne se trouvaient point dans Tantiphonaire d'Hadrien; c'est là ce qui se déduit visiblement et de la place qu'elles occupent dans la compilation pseudo-grégorienne, tout à la fin, et de leur suscription spéda.\e (Incipiunt antiphonae per dominicas ab octava Peniecostes usque ad Adventum Domini). Au dire des chantres franks, contemporains de Louis le Pieux, elles avaient été apportées en France par les maîtres de la scJiola pontificale au temps de Pépin le Bref (ibid.). Ceci n'a rien que de vraisemblable; en effet pour la provenance des textes et la forme mélodique, elles sont entièrement semblables aux antiennes romaines des autres dimanches de Tannée. D'ailleurs nous savons par la préface d'Amalaire que certaines églises du royaume frank, nommément Metz, possédaient des antiphonaires romains antérieurs au recueil d'Hadrien', et en certains endroits différents de celui-ci : c'étaient apparemment des copies faites sur les livres que le pape Paul I avait envoyés à Pépin vers 760. De la fusion des deux classes de documents sortit l'antiphonaire romain du moyen âge. Une dernière interpolation du rédacteur français fut l'office monastique de saint Benoît, dont tous les textes ont été tirés des Dialogues de saint Grégoire le Grand. Étranger au calendrier de la basilique pontificale, il s'introduisit en beaucoup d'églises au nord des Alpes : Trêves le chantait au temps de Réginon.

Après défalcation des divers éléments adventices qui viennent d'être énumérés, nous pouvons sans difficulté dresser la table des matières contenues dans le Responsale hadrianien de 784-785. Nous la diviserons en quatre sections,

I. Le Propre du Temps depuis l'Avent jusqu'à la Pentecôte, sauf l'office alléluiatique de la Septuagésime, (Les chants du 1" dimanche de l'Avent ont disparu accidentellement du manuscrit.)

* « Cognovi nostra volumina antiquiora esse aliquanto temporc volumine illo Romanae • urbis. » De ord. antiph. Prolog.

II. Les fêtes suivantes du Propre des Saints (l'astérisque désigne celles qui n'ont plus de chants spéciaux depuis le XVP siècle) :

sainte Agnès, le 21 janvier (lacune accidentelle du manuscrit);

Purification, le 2 février;

sainte Agathe, le 5 février (lacune du manuscrit); *saint Valentin, le 14 février (fragmentaire); *saint Georges, le 23 avril (fragm.);

saints Philippe et Jacques, le i*'' mai (fragm.);

saint Jean Baptiste, le 24 juin;

saints Jean et Paul, le 26 juin;

saint Pierre, le 29 juin;

saint Paul, le 30 juin;

saint Laurent, le 10 août; *saint Tiburce, le i i août (fragm.); *saint Hippolyte, le 13 août;

Assomption, le 15 août; *saint Hermès, le 28 août (fragm.);

Nativité de la sainte Vierge, le 8 septembre;

Exaltation de la Croix, le 14 septembre; *saints Côme et Damien, le 27 septembre (fragm.);

saint Michel, le 29 septembre;

saint Martin, le n novembre;

sainte Cécile, le 22 novembre;

saint Clément, le 23 novembre;

saint André, le 30 novembre;

sainte Lucie, le 13 décembre.

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