III. Prenant ensuite pour point de départ le son inférieur
de l'octave moyenne (E), on accorde sa quinte aiguë ft) et sa
quarte inférieure (B); dès lors chacune des trois octaves se trouve
décomposée en deux consonances de quarte réunies par un son
commun (e, E), plus un intervalle de seconde majeure (tj — a,
H — A) appelé le ton disjonctif, parce qu'il sépare les quartes
conjointes.
' aa
Octave supérieure.
Octave inférieure
Quarte Quarte
Quarte Quarte
ton disjonctif
ton disjonctif
Octave moyenne.
IV. Les précédentes opérations ne fournissent que trois sons par octave : les cordes stables, ainsi dites parce qu'elles gardent la même intonation dans les trois genres. C'est la charpente harmonique de l'échelle commune. Pour obtenir les quatre sons restants, les cordes mobiles de l'octave diatonique, on part encore de la mèse.
et cette fois l'on procède à l'inverse : par quintes descendantes, par quartes ascendantes.
Gi-
§ 4. L'échelle commune du genre diatonique se trouve ainsi pourvue de tous ses échelons. Les quatre petites échelles de quarte comprises entre deux sons stables portent le nom de tétracordes et sont graduées d'une manière uniforme : on descend par ton, ton et demi-ton (aa g fe, tétracorde aigu; e d cb, tétracorde disjoint, ainsi dit parce qu'il est séparé du suivant par un intervalle de ton ; a G FE, tétracorde moyen ; E D CH, tétracorde grave) . Voici cette échelle de 15 sons, le système parfait des Grecs, avec sa nomenclature prolixe et rebutante.
eo >
ctf
as
aa
ton disjonctif
ton disjonctif
Nète hyperboléoii (dernière des cordes aiguës).
Paraticte »
(avant-dernière «
Trite » (troisième " »
Nète diêzeugménon (dernière des disjointes).
ParanUc
(avant-dernière
Trite » (troisième » )
Paramèse (voisine de la mèse).
Mèse.
Lichanos inéson (indicatrice des moyennes)
Parhypate » (sus-grave » » ]
Hypate » (grave » » )
Lichanos hypaton (indicatrice des graves).
Parhypate »
Hypate »
(sus-grave (grave
Proslamhanomcne (ajoutée).
Ainsi qu'on vient de le voir, l'échelle diatonique des Anciens est issue d'une progression de quintes, dont les trois derniers termes à droite (c'est-à-dire dans le sens ascendant) forment les
sons stables. Les quatre termes à gauche de la (a) sont les cordes
mobiles.
si
mi la (rnèse)
re
sol
ut
fa
§ 5. Pour construire l'échelle du genre chromatique, les Grecs ajoutaient à la progression deux termes à droite (faj et utj). Mais afin de ne pas trouver plus de quatre sons dans l'intervalle de quarte, et plus de huit degrés dans l'octave, ils retranchaient alors les deux sons situés immédiatement à gauche du son central :
fajî
utJÎ
SI
(sol)
(ré)
mi la (mèse)
ut
fa
ce qui leur donnait dans chaque octave deux tétracordes chromatiques descendant par tierce mineure et deux demi-tons consécutifs.
tù
'rf
'il
^OJ
Cl,
rt
la
fa«
falî
utg utt{ -si
ton disjonctif
la
oj
tH
OJ
es
tù
LA
FA S FAt} :MI