‹ La mélopée antique dans le chant de l'Église latine. Suite et complément de l'Histoire et théorie de la musique de l'antiquitéChapitre 18 sur 155 · FA · texte numérisé non relu

FA

FAtî :MI

RÉ

UT

SI

'ton disjonctif

§ 6. Nous laissons de côté le genre enharmonique, dont l'échelle contient deux intonations purement arbitraires (elles ne peuvent pas s'obtenir par un enchaînement de consonances)^. Employé par les instruments à vent pendant la période de l'ancien art classique, ce raffinement était déjà abandonné au temps d'Alexandre^ Comme il n'a laissé aucune trace certaine après lui, il n'offre pas d'intérêt pour le sujet qui nous occupe ici.

Section II. — Les modes grecs de Vépoque classique.

§ 7. L'échelle commune de 15 sons contient sept échelles modales qui constituent autant de types mélodiques distincts, chacune d'elles ayant une combinaison d'intervalles différente par rapport à ses deux sons extrêmes. Ce sont les sept échelles modales de la théorie aristoxénienne, les sept harmonies helléniques, dénommées, soit d'après leur emploi caractéristique dans

I Ptolémée, Harmoniques, L. I, ch. i6 et L. II, ch. i.

2 Ces deux sons qui s'intercalaient, l'un entre fa et mi, l'autre entre ut et si, s'obtenaient sur la lyre ou la cithare en baissant de moins d'un demi-ton, et au juger, une corde accordée préalablement au fa ou à l'ut; sur les instruments à vent en obturant partiellement le trou destiné à produire fa ou ut; dans la voix (si tant est que l'on ait jamais chanté de pareils intervalles) en reproduisant aussi bien que possible l'intonation entendue sur l'instrument.

3 Aristoxène dans la Musique de Plutarque, ch. 38.

les chants des principales races de la Grèce et des deux grands peuples de l'Asie mineure, soit d'après leur parenté harmonique entre elles.

La plus aiguë, que nous compterons pour la première', est l'octave éolienne dite aussi hypodorienne^, identique avec l'échelle commune; elle va de la corde la plus aiguë du système {la) à la mhe (la), et se produit une seconde fois depuis la mèse jusqu'à la corde la plus grave (A) :

aa

fe

FE

CH

La deuxième échelle d'octave dans l'ordre descendant est Viastienne^ ou hypophrygienne, comprise entre sol et sol :

g fe d ct| a G

La troisième est Vhypolydienne, allant de fa à fa :

fe d et; a G F

La quatrième est la dorienne, l'octave moyenne de l'échelle commune, de mi à mi.

e d et] a G FE La cinquième est la phrygienne, de ré à ré.

d et] a G FE D La sixième est la lydienne, d'ut à ut.

ct[ a G FE D C

Enfin la septième, la plus grave, est la inixolydienne, comprise entre si et si.

t| a G FE D CH

1 Les musicistes aristoxéniens énumèrent les formes de l'octave en partant de la plus grave, la mixolydienne. Ici également l'ordre descendant paraît être le plus ancien.

2 De préférence à hypodorien et hypcphrygien, termes employés d'abord par Aristote, nous nous servirons dans cet ouvrage des mots êolien et iastien, chaque fois qu'il s'agira de modes, et non pas de tons. Ces dernières épithètes, les plus anciennes, sont redevenues d'un usage général sous l'empire romain. Pour la signification d'hypo dans la nomenclature modale, voir ci-après, p. g, note i.

3 Iastien est synonyme d'ionien.

Le tableau suivant montrera clairement la position respective des sept octaves modales dans l'échelle commune.

ut(C)

UT

UT

UT

UT

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