‹ La mélopée antique dans le chant de l'Église latine. Suite et complément de l'Histoire et théorie de la musique de l'antiquitéChapitre 24 sur 155 · V .Section. \^- P^^^^-f — F — f · texte numérisé non relu

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La structure de cette cantilène confirme tout ce que la théorie nous apprend au sujet du mode dorien,

à) Les sons qui prédominent par leur fréquent retour, par leur placement aux endroits saillants de la mélodie, sont ceux de la triade modale (E G i:j). La fondamentale (E) est la principale note de repos; elle finit le morceau entier et, sauf une, toutes les périodes intermédiaires (vv. 5, 10, 17). La quinte (t}) marque les

CH. II. — MÉLODIES ANTIQUES. 4t

repos partiels à l'aigu (vv. 3, g, 12, 13, 16) et termine même une section mélodique (v. 14). Quant à la médiante (G), c'est la note la plus rebattue du morceau; elle y figure non-seulement à la fin du vers (2, 6, 15, 18), mais aussi à la terminaison d'une phrase grammaticale (v. 8), ce qui donne le sentiment d'une modulation passagère au mode iastien, c'est-à-dire au majeur parallèle.

b) Presque tout le parcours de la cantilène se renferme dans la quinte modale. Les deux degrés supérieurs de l'octave (d, e) restent inoccupés. Au grave l'échelle dorienne est prolongée d'un degré, selon l'usage traditionnel (ci-dessus, p. 13, IV), en sorte que l'étendue utilisée est d'une septième.

{ Quinte modale |

cH a G FE D

Une seule fois le chant descend jusqu'à C, tierce grave de la finale (v. 8), mais sans s'y arrêter.

c) La mèse (a) remplit bien ici sa fonction médiatrice (p. 12). Reliée par consonance parfaite de quarte à la base de la triade modale (E), elle se trouve également en rapport harmonique avec les trois sons restants, D sa quinte grave, F sa tierce majeure grave, C sa tierce mineure aiguë. Employée comme note d'arrêt (v. 4), et mise en contact avec la finale du mode (v. i), elle convertit momentanément celle-ci en dominante et détermine une transition vers l'harmonie éolienne.

d) En résumé la Doris de l'hymne à Hélios est un mode mineur terminé sur la tonique\ et se distinguant du mineur moderne, non-seulement par l'absence de note sensible, mais encore par l'abaissement du 2^ degré de l'octave ascendante. Les harmonies virtuellement contenues dans la mélopée dorienne, telle que nous la fait entendre ce morceau de chant, sont, outre la triade modale (E G b.), l'accord de la sous-dominante (a c e) et celui du majeur relatif (G ^ d), plus un accord sur le degré au-dessous de la

* Autrefois séduit par l'ingénieuse symétrie du système des harmonies grecques construit par Westphal, je voulais voir dans le dorien une simple variété de l'éolien (hypodorien), se terminant sur la dominante inférieure. L'analyse harmonique de cet hymne et du suivant m'a démontré que ce n'est pas là son caractère habituel. Celui-ci est entièrement conforme à la division aristoxénienne (ci-dessus pp. 8-ii).

fondamentale (D F a), s'interposant entre les deux accords précédents, ou entre l'un d'eux et la consonance finale.

Le passage de la susdite harmonie (D F a) à celle de la fondamentale ou de la médiante amène à chaque instant des successions de trois intervalles de ton (vv. 3, 7, 10, 12, 16). De là le timbre âpre et dur de l'antique mode des Doriens.

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