‹ La mélopée antique dans le chant de l'Église latine. Suite et complément de l'Histoire et théorie de la musique de l'antiquitéChapitre 36 sur 155 · TT · texte numérisé non relu

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£;ï Ae - gy - pto vo - ca - vi fi - H - um me - tim : ve - ni - et ut

sal - vet po - pii-lum su - um. Ma - gni -fi - cat.... et nunc et sem - fer

et in sue - eu - la sae- cu-lo-rum. A-menJ Ex Ae-gy - pto etc.

§ 86. Il nous reste encore à montrer ce qui advint du thème iastien Nos qui viviimcs (p. 91), finissant, par une exception unique, sur le son aigu de la triade modale G t| d. Malgré l'anomalie de sa terminaison, cette antienne et deux autres chantées sur la même mélodie furent adjointes au tétrard anthente, et eurent sa psalmodie jusqu'au X" siècle. Réginon les annexe purement et simplement à la division principale du VIP mode.

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Nos qui vi - vi - mus, be • ne ■ di - ci - mus Do - mi - no. Ps. 113. In ex - i-tu

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de Ae-gy -pto

sae • eu - lo • rum. A • men. 2

Nos qui vi - vi • mus, etc.

Mais déjà au temps de Charlemagne cette pratique souleva, de la part de certains chantres, d'importunes critiques qu'Aurélien relève avec vivacité dans un des passages les plus intéressants de son livre.

' Autres exemples dans le tonarius de Réginon : V antienne A nte me non est formatus, commençant en Vlle et finissant en I" (thème 31), a la psalmodie du Vlle mode; Eructavit cor meum débute en I" et se termine en VI^ (thème i); la psalmodie est du l", etc. Toutefois les cas oii R. suit cette manière ne sont pas en grand nombre.

* La psalmodie d'après les neumes de Réginon, p. 33 (le fac-similé de Coussemaker est inexact).

« Il est enfin une onzième division du tétrard authente, dont la mélopée « s'éloigne complètement de la cadence habituelle du mode. C'est pour- « quoi nous avons cru devoir la traiter séparément. Elle comprend le « chant de trois antiennes : Nos qui vivimus, Martyres Domini et Angeli « Domini (cette dernière ne fait que reproduire note pour note la cantilène « de la précédente). Les mélodies de ces antiennes ne sont pas conformes « à la règle des modes; mais telles on les chanta autrefois, telles on les « chante encore aujourd'hui. »

« D'aucuns nient qu'elles aient l'harmonie du tétrard authente, mais « ils sont dans l'erreur, ainsi qu'est capable de le reconnaître et d'en «. juger immédiatement tout connaisseur en matière de chant. (A la vérité, « n'était le respect dû à la mémoire des aïeux, on assimilerait la fin des « trois antiennes à celle des autres chants du susdit mode.) Les mêmes « opposants prétendent que les mélodies des antiennes en question, de « même que leur intonation psalmodique, doivent s'assujettir aux règles « de je ne sais quel ton ou mode fraîchement éclos'. Mais ils mentent. « Car ces chants ont été composés longtemps avant l'invention de ces « tons, et de longs cycles d'années ont passé depuis qu'ils furent « accueillis au giron de la sainte Église^. »

Malgré les résistances des traditionalistes, les novateurs obtinrent définitivement gain de cause dès le commencement du X* siècle. La Commemoratio attribue les antiennes dissidentes au tomts novissijnus, dorénavant passé en usage, et leur assigne une psalmodie propre, empruntée à un thème du protus (toujours le mélange de l'éolien et de l'iastien!). Ce fut la première ébauche du tonus peregrinuSj de la ravissante mélodie devenue inséparable du psaume In exitu Israël^. Tout comme l'iastien intense, la forme exceptionnelle terminée sur le son supérieur de l'accord modal fut abaissée d'une quinte, c'est-à-dire transposée par bémol. On l'annexa au tétrard plagal sous le nom de VIII' ton irrégnlier, le plus grave de tous les modes latins. Nous transcrivons ici les exemples du traité pseudo-hucbaldien '*.

» C'est là évidemment un des quatre tons nouveaux décrétés par Charlemagne (p. 106).

2 Gerb. Script., t. I, pp. 51-52.

3 On y reconnaîtra sans difficulté le thème mélodique des versets dans les répons nocturnes du IV^ mode. Nous conclurons de ce fait que c'était la psalmodie ordinaire des antiennes de l'iastien intense, antérieurement à l'établissement de la théorie ecclésiastique.

4 Ibid., p. 2i8.

Ad tontim novissimnm.

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In tem-plo Do - mi - ni

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