EE
Ca - ro me
re - qui - e - scet in spe.
Nous montrerons plus tard que la répugnance à affronter les intonations de triton et de fausse quinte fut la cause des principales altérations que le chant catholique a subies au cours de sa longue histoire, et le véritable dissolvant des harmonies antiques.
§ 98. Les hymnes grecs du IP siècle présentent trois fois le saut de sixte :
rep-TTo-pt-E - voç Au - ^c A Hélios, V. 14.
A la, Muse, v. i.
irdo - £ - SoOV Al - KCtV, A Némésis, v. 18.
132 CH. V. — THÈMES NOMIQUES.
De nos jours l'Antiphonaire n'offre plus aucun exemple de la sixte prise directement'. Au X""^ siècle Hucbald en connaît encore*, et l'on peut indiquer une antienne du IIl"'^ mode, qui à cette époque renfermait précisément l'intonation directe de sixte D — tî, employée dans les deux premiers exemples antiques que nous venons de transcrire, doriens eux aussi. Presque au commencement de l'antienne Cum indiicerent (du I" mode) l'édition de Plantin a ce saut extraordinaire de septième, coupé, il est vrai, par un repos.
pa - ren -tes e De Purif. S. Mariae in Evang.
jus : ac - ce - pit
Or, chez Réginon cette antienne est du deuterus authente (III""^ mode); le passage transcrit a donc remplacé celui-ci :
pa - ren -tes e - jus : ac - ce - pit e - um
Mais, d'autre part, nous le verrons au chapitre VII, en jjjme i^Q(je \q c représente le plus souvent un ci-devant tj. La version originelle du passage est donc :
pa - ren -tes e - jus : ac - ce - pit e - um
ce qui, sauf l'interruption, reproduit exactement la sixte de l'hymne à Hélios.
Quant aux écarts plus grands que la sixte, ils ont été jugés incompatibles avec la musique vocale jusqu'à une époque assez proche de la nôtre. La mélopée liturgique divise la septième en deux intervalles, au moins, l'octave en trois^
rdz
ll$:ï
San - cti spi - ri - tus (Th. 3
Cor mun - duin (Th. 4)
I En plein XIXe siècle le contrepoint de l'école de Cherubini n'admet pas encore le saut mélodique de sixte.
* De Mus. Gerb. Script., t. I, p. 106.
3 La petite mélodie syntonolydienne (p. 51) a un saut d'octave (C — c) à la dernière mesure. Mais il ne faut pas oublier <\\ïelle est instrumentale.
CH. V. — COUPE DES ANTIENNES. t33
Section II. — Coupe des antiennes.
§ gg. Le chant latin des psaumes et des antiennes possède pour unique élément de rythme la périodicité des repos de la voix, en d'autres termes une symétrie approximative dans la longueur des diverses sections de la mélodie. Cette manifestation primordiale du principe rythmique est indispensable à la compréhension d'une phrase déclamée ou chantée. Ecoutons Aristote : « Un « discours tout à fait dénué de rythme manque des terminaisons « qui lui sont nécessaires... Ce qui ne comporte pas de divisions « est désagréable et insaisissable au sentiment'. » Quant au chant rigoureusement mesuré, art mondain issu de la danse et de la marche collective, son emploi dans les parties essentielles de la liturgie catholique ne se justifie pas esthétiquement.
Au surplus la forme littéraire de ses textes devait amener naturellement le chant antiphonique à répudier la mesure isochrone. En effet, les livres poétiques de l'Ancien Testament (psaumes et prophètes), sources principales de l'Antiphonaire, n'ont pas de métrique régulière en hébreu, à plus forte raison dans la traduction latine. A la place de vers, ayant un nombre de pieds ou de syllabes strictement réglé, on trouve ici des versets de longueur inégale, mais uniformément partagés au milieu par une petite pause. Comme coupe et comme étendue moyenne, le verset est l'équivalent du distique latin ou grec^; il forme un tout grammatical et renferme un sens complet. Tantôt la dernière moitié du verset continue et complète l'idée énoncée dans la première :
I Rhet., III, 8.
* Il est à remarquer que l'on a parfois choisi, comme textes d'antiennes, des distiques latins versifiés à la manière classique :
Hic vir de-spi-ci - eus mun-dù et ter - re-na, tri-umphans,
di-vi-ti - as cae - h con-di-dit o-re, ma - nu.
De même 0 magnum pietatis opus (ci-après, p. 137), Virgo Dei genitrix. Mais les mélodies composées sur ces vers n'ont pas été assujetties au rythme isochrone. Ce que l'on a, peutêtre, chanté originairement en mesure, ce sont quelques antiennes d'allure populaire, rimées ou rythmées plus ou moins régulièrement, toutes relatives au cycle de Noël : Stella ista, Virgo hodie ftdelis, Nesciens Maria virgo, Nato Christo, etc.
Dixit Dominus Domino meo :
sede a dextris meis.
Donec ponam inimicos tuos scabellum pedum tuornm.
Tantôt elle reproduit la même idée sous une forme différente, ou elle exprime une idée opposée en termes parallèles. Parfois la ■ symétrie est poursuivie dans le détail au point qu'aucune exprès- I sion saillante ne reste sans pendant.
1)1 exittt Israël de Aegypto,
domus Jacob de populo barbaro.
Fada est Judaea sanctificatio ejus,
Israël potestas ejus.
Mare vidit et ftigit,
Jordanis conversus est retrorsum.
Montes exsultavertmt ut arietes,
et colles sicut agni ovium.
La cantilène antiphonique s'est moulée sur le verset des Hébreux, dont elle reproduit musicalement l'eurythmie simple et puissante dans le parallélisme mélodique de ses deux membres (antécédent et conséquent, Vorsatz et Nachsatz). Aussi la plupart des antiennes tirées des psaumes ou des livres prophétiques se composent-elles d'un seul verset. C'est là le cadre normal de ce genre de chants. Nous appellerons brèves^ les antiennes qui ne le remplissent pas en entier, ordinaires, celles qui s'y adaptent exactement, longues celles qui le débordent.
§ 100. Les antiennes dites brèves ne contiennent qu'un demiverset, l'équivalent d'un vers de moyenne longueur. Néanmoins leur cantilène, toute courte qu'elle soit, présente un sens musical fini : elle a la terminaison modale. Cest une période mélodique d^un seul membre.
1. Parfois ces phrases n'ont aucune division intérieure et se chantent tout d'une haleine.
lastien intense (IV^).
^^ ■ — ^ * ■ ■ Ii~«~""i I I~
lit man-da-tis e -jus cu-pit in -mis. Ps. m.
(Dont, ad Vesp.j,
De même Laudate Dominwn, thème i. Facti sumus, th. 2. In aeternum, th. i8. Cantemus Domino, th. 30. Miserere mei, th. 40. Intellige clamorem meum, th. 44. Caeli caelorum, th. 45.
II. Pour chanter un vers il faut plus de temps que pour le réciter. Aussi dès que le texte ou la mélodie du demi-verset s'allonge tant soit peu, on y intercale une césure, un petit arrêt suffisant pour respirer, sans que la continuité du dessin soit rompue. Le membre se compose alors de deux incises', séparées dans la notation par une petite barre qui ne traverse pas toutes les lignes de la portée.
Éolien (1er), thème 8.
Spi • ri - tu prin-ci - pa - H con-fir-ma cor me -tan De - us. Ps. 50.
(Fer. VI ad Laud.)
De même Tamquam spoiisus, thème 12. Magnus Dominiis, th. 13. Qui habitas in caelis, th. 14. In pace, th. 16. Beati qui ambulant, th. 17. Ad te de luce, th. 19. Sit nomen Domini, th. 22. Caro mea, th. 24. Nos qui vivimus, th. 28. Laudabo Deum meum, th. 33. A viro iniquo, th. 34. Cunctis diebus, th. 36. Alléluia, th. 41.
En certains cas, il y a lieu de partager le membre mélodique par deux césures.
lastien relâché (Ville), thème 12, variante a. La-bi-a me-a lau-dabunt te in vi-ta me-a. De - us me-us. Ps. 62.
(Fer. 17 ad Lattd.) Le début d'après Vlnton. (Couss. Script, t. II, p. 139).
III. Les antiennes brèves, faites pour se chanter avec une certaine rapidité, ont une cantilène syllabique, simple jusqu'à la nudité, généralement le thème nomique pur. Elles ne se joignent guère qu'au psautier des jours de la semaine.
§ loi. Les offices célébrés avec quelque solennité n'ont pas de ces chants écourtés. Leurs antiennes, exécutées dans un mouvement plus posé, appartiennent en grande majorité à la catégorie
» Nous évitons à dessein le terme consacré, distinctio, auquel les théoriciens du chant liturgique ne donnent pas une signification précise. C'est tantôt une incise, tantôt un membre. « Distinctiones, id est loca in quibus repausamus in cantu, et in quibus cantum
« dividimus Dictae rei exemplum in hac antiphona comprobabis. Tribus miraculis,
« ecce una distinctio; ornatum diem sanctum co/mî<s, ecce alla; Hodie stella magos duxit « ad praesepium, ecce tertia; Hodie vinum ex aqua factuin est ad nuptias, ecce quarta; Hodie « a Joanne Christus baptizari voluit, ecce ultima. » Pseudo-Odon (Guy d'Arezzo?), Dial. de mus. (Gerbert Script., t. I, pp. 257-258). L'auteur de VEnchiriadis se sert du mot membrum, mais également dans les deux acceptions : « Solae in tribus membris {Ego sum « via, — Veritas et vita, — alléluia, alléluia) ultimae longae, reliquae brèves sunt. » (Ibid., p. 183).
j^6 CH. V. — COUPE DES ANTIENNES.
des normales ou ordinaires. Elles comprennent un verset biblique ou un autre texte d'étendue équivalente.
I. La période musicale d'une antienne ordinaire se compose de deux membres mélodiques séparés par tine petite pause. La séparation s'indique par une barre qui traverse toute la portée.
Hypolydien normal (Ve), thème 42.
Ex-sul-tet spi-ri-ttts me - us in De - 0 sa - lu - ta - ri me - 0.
De hymno S. Mariae (Fer. III ad Vesp.'j.
lastien relâché (Ville), thème 18.
Ec-ce an - cil -la Do - mi -ni : fi - at mi - hi se-ciindum ver-bum tu-um.
Fer. III ante vig. Nat. Dhi in Evang.
Éolien (I"), thème 6.
Je -sus au-tem trans-i - ens perme-di-um il - lo - rum i - bat. Fer. II post Dont. III Quadrag. in Evang.
A première vue on croirait avoir devant les yeux des antiennes brèves partagées par une césure. Mais ce n'est là qu'une apparence superficielle. Le membre se distingue de IHncise en ce qu'il tolère après lui 2ine véritable interruption du dessin mélodique. Long É ou court, il équivaut à un vers entier'.
IL Ici comme dans les antiennes brèves, le membre se décompose souvent en deux incises.
a) Chacun des deux membres a une césure. Cette combinaison absolument symétrique, qui a fourni quelques unes des plus mélodieuses antiennes au chant de l'office, rappelle par sa belle eurythmie la première forme strophique que l'art grec ait cultivée : le distique élégiaque^
1 Dans la musique chorale des Anciens, l'interruption du chant, à la fin d'un vers mélique, était remplie par une petite ritournelle instrumentale. Mus. de Vaut., t. II, pp. 189-190. Les organistes protestants intercalent entre chaque vers du choral un interlude {Zwischenspiel}, procédé emprunté aux cantori al liuto de la Renaissance, lesquels le tenaient des jongleurs du moyen-âge, successeurs immédiats des citharèdes romains. Voir ci-dessus, pp. 60-61.
2 Mus. de Vaut., t. II, p. 182. Voir ci-dessus, p. 133, note 3.
lastien relâché (Ville), thème 18.
N J!!..g--lL ir
In so -le po - su - it ta - ber - na - cu-lum su - um
et ip - se tamquam spon -sus pro - ce - dens de tlia • la-mo su - 0. Ps. lî
De Oct. Nat. Dni in I noct. D'après l'antiph. du XlIIe siècle.
Dorien (IlJe), thème 35.
De - po - su • it po • ten - tes, san - clos per - se - quen - tes
et ex - al - ta - vit hu - vit - les, Chri-stiivi con - fi - ten-tes,^
De hymno S. Mariae (Fer. VI ad Vesp.). lastien normal (Vile), thème 23.
ma-gnum pi
ta
- tis 0 - plis!
mors mor-tu - a tune est,
in li - gno quan-do mor • tu -a vi - ta fu - it.^ De Exalt. S. Crucis ad Laud.
lastien relâché (Ville), thème 15.
E - le - va ■ re, e - le - va - re, con - sur-ge Je- ru - sa - lent
sol-ve vin -eu -la col - li tu - i,
Fer. IV post Dont. III Adv. in Evang.
ca-pti-va fi - li - a Si - on.
b) Les deux membres ne sont pas symétriques : l'un a une césure, l'autre n'en a pas; ou bien l'une a deux césures, l'autre n'en a qu'une, etc. Des périodes ainsi faites se trouvent surtout dans les antiennes dont le texte provient des parties de la Bible écrites en vraie prose.
1 En ter mode depuis la fin du X^ siècle. Voir au Vile chapitre.
2 Le mélographe n'a tenu aucun compte de la diérèse au second vers :
In li - gno quan-do mor-tu-a vi-ta fu - it.
Hypolydien relâché (VI^), thème 41.
Pu-er Je - sus pro-fi - ci - e - bat ae - ta - te et sa -pi - en - ti - a
co-ramDe - 0 et ho - vii ■ ni -bus.
Dom. I post Epiph. in Evang.
lastien normal (Vile), thème 19,
Ec - ce a- scen-di - vins Je - ro - so - ly - mam :
i^FEB
*cit
et Fi-li-us ho - mi - nis tra-de - tiir ut cru - ci -fi - ga-tur.
Fer. IV post Dom. 11 Quadr, in Evang.
Éolien (!«), thème 7,
Co - gno • ve-runt 0 - vines a Dan us • que Ber-sa - be - e,
hr.
^■fcl
quod fi - de - lis Sa- mu - el pro-phe -ta es - set Do - mi - ni.
De libro Reg. (Sabb. ante Dom. 111 post Pent. ad. Magn.l.
§ 102. Souvent l'exclamation joyeuse Alléluia est intercalée au milieu de l'antienne ou ajoutée à la fin. C'était originairement un refrain chanté par l'assemblée entière des fidèles, et qui tenait dans l'office une place beaucoup plus grande qu'aujourd'hui '. Au point de vue de la structure musicale du chant, deux cas sont à distinguer.
I. U Alléluia forme à lui seul une incise mélodique, une ritournelle vocalisée, s'ajoutant tantôt au dernier membre {epodicum), parfois aussi à l'antécédent {mesodicum).
I Le Responsale pseudo-grégorien a pour la Septuagésime un office avec Alléluia (pp. 757-758), et vers la fin (pp. 867-868) une série d'antiennes oii le jubilus est prodigué d'une manière inconnue à la liturgie actuelle.
lastién relâché (Ville), thème 13.
Glo - ri - a in ex - cel-sis De - 0, et in ter - ra pax lio - mi - ni -bus
^^=g=J=ir=ig=»=i=i=tfL-.— .-,:
bo - nae vo - Uni - ta - tis, al - le - lu - ia, al - le - lu - ta.
De Nat. Uni in Evaiig.
Hypolydien relâché (VI^), thème 39.
^ (Praecentor) (Chorus)
Lux or - ta est ju - sto, al • le - lu - ia,
(Praecentor)
(Chorus)
re-ctis cor -de lae • ti - ti - a, al - le - lu - ia, Ps. 96.
De Apost. iii III noct.
Dans l'antienne suivante le refrain alléluiatique remplit toute la dernière moitié de la période musicale.
Éolien [l^^), thème 10.
In ve - la - men - to cla - ma - bant san-cti tu. - i Do - ini - ne :
Al - h - lu - ia, al - le - lu - ia, al - le ■ lu - ia.
(De Sanctis temp, Resurr. in Evang.) Le début d'après les ueumes de R.
II. Simplement ajouté au bout du texte, le mot alléluia n'est le plus souvent, au point de vue musical, qu'un prolongement de la dernière incise.
Éolien (I"), thème 4.
E • runt pra - va in di - re - cta, et a- spe - ra in vi - as pla-nas :
ve - ni Do - mi - ne, et no - li tar - da - re, al - le • lu - ia.
Dom. IV Adv. ad Laud.
§ 103. Certains versets psalmiques ou autres, employés comme antiennes, ont à l'intérieur de la mélodie deux points d'arrêt bien marqués. Nous ne croyons pas cependant devoir comprendre ces
cantilènes de trois membres dans la catégorie des longues, à moins qu'elles n'aient un dessin très chargé de notes. Nous les considérons comme une variété des antiennes ordinaires.
Éolien {!"), thème 5.
mi
Te-cnin prin-ci - pi-tim
in di - e vir - tu - tis tu - ae,
in splen-do - ri - bus san-cto-rum :
=?=fe^
*~T~i=giL, -r^n
ex u - te - ro an - te lu -ci - fe - rum ge - «m - i te. De Nat. Dni ad Vesp.
Hypolydien normal (Ve), thème 42.
Sol - vi • te templum hoc,
di - cit Do - mi - nus,
et post tri-du-um re - ae -
di - fi - ca - bo il - lud :
hoc au - tem di - ce - bat Fer. II post Dom. IV Quadrag. in Evang.
de tem-plo cor -po - ris su - i.
§ 104. Quant aux antiennes qui dépassent notablement l'étendue d'un verset de psaume, et que nous rangerons dans la classe des longues, elles s'adjoignent surtout aux deux grands cantiques de l'Évangile, Benedictus et Magnificat. La plupart d'entre elles se distinguent des précédentes par une modulation moins syllabique, moins sobre d'ornements. De tout temps on les a exécutées dans un diapason plus élevé et un mouvement plus lent que les antiennes ordinaires'.
» « Cantica Evangelii altius et morosius ceteris psalmis dici oportet. » Commem., p. 227. « Hae modulationes (les intonations psalmodiques notées plus haut, pp. 114-118) « ubi morosiori cantu est opus, utpote ad cantica Evangeliorum, assumere solemus. « Porro ad cursum canendum iisdem quidem sed expeditioribus melodiis utimur. » Ibid., p. 216.
I. Tantôt leur mélodie comprend deux ou plusieurs périodes, pourvues chacune d'une terminaison régulière, mais reliées entre elles par l'unité de mode et de style. Nous indiquerons la fin de chaque période par une double barre.
Éolien {I^r), thème 3.
Do - mi-ne Do - mi-nus no-ster, quam ad-mi-ra-bi-h est no-men tu-um
^$:K. ■ ■ ■ N . . fl
in u - ni - ver - sa ter - ra!
idst
Qh% - a glo-ri -a et ho - no - re co - ro - na - sti san - ctiim tu - um
mï
et con-sti-tu ■ i - sti e-um su-per 0 - pe-ra ma-mi-xim tu
De Confess. in II tioct. La fin d'après l'antiph. du XlIIe siècle.
Êolien (l^^), thème 9.
a-rum. Ps. 8.
Ké
O crux, splen-di - di -or cun-ctis a - stris,
mun-do ce - le-bris, ho - mi -ni -bus mul - tum a - via - bi - lis,
^ygzb/^— -hT. -^ ■ ■
San - cti-or u - ni - ver - sis ;
i^dî
mE^
quae so-la fu - i - sti di - gna por-ta - re ta - len - tum mun-di :
dul-ce li-gnum, dul-ces cla-vos, dut -ci - a fe-rens pan - de - ra
prae-sen-tem ca - ter - vam
in tu - is ho - di - e lau-di-bus con - gre - ga-tam.
(De Inv. S, Crvcis in Evang,} D'après l'antiph. du XlIIe siècle et celui de Solesmes.
II. Tantôt l'antienne longue ne forme qu'une période unique, comprenant un nombre indéterminé de membres mélodiques.
Éolien (I*''), thème 7.
Ec - ce quod eu - pi - vi, jam vi - de - 0 :
quod spe -ta - vi, jam te - ne - 0
i - psi sum jun - cta in cae-lis, quem in ter - ris po - si - ta,
to -ta de - vo - ti - 0 - ne di - le - xi.
(De s, Agn, in Evang.j. D'après l'antiph. du XlIIe siècle.
§ 105. L'antienne suivante, disparue de l'office, a une coupe dont il n'existe pas d'autre exemple parmi ce genre de chants.
Éolien (le' ou Ile), thème g.
Vir-go De - i ge - ni-trix quem to-tus non ca-pit or - bis.
dK
In tu - a se clau - sit vi - sce - ra, fa - cttis ho - ma.
Ve -ra fi - des
ni - ti pur - ga - vit cri - mi • na mun - di,
^àl
et ti - bi vir - gi - ni - tas in - vi - 0 - la • ta ma - net.
De Nat. DTii in Evang. D'après l'antiph. du XlIIe siècle.
Ce texte se compose de deux distiques correctement versifiés, dont les pauses, les césures métriques et, jusqu'à un certain point, la forme strophique ont été fidèlement observées par l'auteur de la cantilène.
Section III. — Mélopée des antiennes.
§ 106. Ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. 135), les antiennes brèves se contentent de reproduire le motif nomique sans y rien ajouter. Pour les composer il a suffi de mettre les syllabes du texte liturgique sous les sons. Toutes les autres cantilènes antiphoniques ont une succession de sons plus longue que le thème qui leur sert de base'; elles impliquent une part d'invention, si faible qu'on la suppose. La prolongation de la durée du chant a pour corollaire l'extension de l'espace occupé par le dessin mélodique. Tandis qu'en général les nomes se renferment dans une quinte ou une sixte, les mélodies qui en sont issues remplissent pour la plupart l'étendue naturelle de la voix humaine, l'octave : « intervalle, » dit Ptolémée, « capable de contenir toute idée musicale »^ A l'occasion ils atteignent même la neuvième.
Les procédés à l'aide desquels les chants des antiennes ont été tirés des thèmes nomiques sont au fond ceux que le compositeur moderne met en œuvre dans l'élaboration du dessin mélodique de son morceau, et découlent de la nature même de la musique, en tant qu'expression parlante du sentiment. Ils consistent à répéter le thème, à le prolonger, à le broder, et subsidiairement à y introduire des transitions tonales ou modales.
§ 107. La répétition complète ou partielle d'un trait mélodique est le moyen primitif de composition musicale, et, en même temps, un des plus puissants effets de l'art parvenu à son plein développement. Le vrai langage du sentiment qu'est-il sinon un recommencement perpétuel coupé par des digressions? Un chant aussi court que l'est l'antienne ne pouvait donner lieu à des applications bien diverses du procédé. Nous nous bornerons à en signaler deux.
L Le 'second membre de la période musicale n^est qu^une redite du dessin initial, légèrement modifiée vers la fin. Le parallélisme du verset se trouve ainsi souligné par la mélodie.
'En deux ou trois cas seulement nous avons admis une abréviation du début de la mélodie-modèle. Voir les variantes du thème 29, Ad U levavi, Sion, noli timere, celle du thème 9, O sapientia, et l'antienne isolée, Lumen ad revelationem gentiuvt, th. 16. .y Harm., III, i.
lastien relâché (Ville), thème i8.
dex -te ' ra Do - mi • ni ex • al - ta - vit me. Ps. 117.
Dont. Il in Quadrag. ad Laud.
II. Rappel du thème à im endroit caractéristique du texte. On rencontre un spécimen de cette pratique dans l'hymne à Némésis (p. 43). Au début de la dernière section le nom de la déesse reparaît, et le citharède reprend son motif initial (v. 16). De même dans les grandes antiennes de l'Avent {adventîis Domini) la phrase finale Veni.... forme une sorte de refrain que le retour du thème met fortement en vedette.
Éolien (I^r ou 11^), variante du thème 9.
O sa - pi - en - ti - a, qui ex 0 • re Al-tis-si-tni prod - i - i - sti,
at ' tin - gens a fi • ne us - que in fi - nem, for -ti - ter
su • a • vi- ter-que dis-po-nens o-mni-a
^!g:kj-"-H-r
^^:-^^F-=i=Ji
Ve - ni ad do- cen-dum nos vi - am pru-den-ti • ae.
Voir aussi l'antienne Hodie Christus natus est (thème 36), oii la rentrée du thème a pour but de souligner le mot Hodie.
§ 108. L^ allongement de la cantilene à Vaide de successions mélodiques non comprises dans le nome est également un procédé important de la mélopée. Les antiennes de l'office nous en révèlent trois applications : deux au dehors du thème, une au dedans.
I. Le dessin nomique est allongé au début : on le fait précéder d'une note d'appui. Déjà nous avons vu l'anacrouse intervenir dans la formation des nomes eux-mêmes (p. 127). Appliquée au
développement du type mélodique, elle donne lieu à la création de thèmes secondaires, variantes des nomes proprement dits, et qui, à leur tour, servent de modèles à des groupes entiers d'antiennes. Les formules anacrousiques, en nombre assez restreint, sont assujetties dans chaque mode à des règles strictes.
Éolien (I^f), thème 2.
Fa - cti su - mus Éolien (1er), thème 8.
Spi- ri - tu prin-ci - pa - li
Éolien (1er), thème 10.
A por - fa in -fe - ri lastien relâché (Ville), thème 12.
Tamquam spon-sus
lastien normal (Vile), thème 21.
Cla - ma - ve - runt lastien normal (Vile), thème 23.
Spe - ci - e tu - a lastien intense (IV»), thème 29.
A - pud Do - mi - num Hypolydien relâché (Vie), thème 41.
Al -le
lu - ia, al - le - lu - ta.
Variante anacrousique.
Ex-sur -ge Do - mi - ne Variante anacrousique.
EE
Deus, Dens me-us, ad te de lu - ce
Variante anacrousique.
Si - mi - la - bo e Variante anacrousique.
Al -le - lu - ia, al - le - lu - ia Variante anacrousique.
Sic be - ne - di - cam te Variante anacrousique.