‹ La mélopée antique dans le chant de l'Église latine. Suite et complément de l'Histoire et théorie de la musique de l'antiquitéChapitre 48 sur 155 · F FG G · texte numérisé non relu

F FG G

qui -a ve - ni - et ti - bi

Sal

- va - tor,

al - le - lui

Dont. III Adv. ad Laud.

Au premier coup d'œil le début mélodique, insolite en VHP, se dénonce comme suspect; en effet Réginon et Guy d'Arezzo assignent l'antienne à la forme aiguë du tétrard, au VIP mode'. Le chant primitif est donc éolio-iastien, et semblable à Venite benedicti (p. log).

Je - ru - sa-lem, gau - de gau -di - 0 ma - gno,

s- -■■-■-- il

^^ ^ 1 H ^ Il

- 1 - ■ ■ il

qui -a ve - ni - et ti - bi Sal -va - tor, al - le - lu - ta.

Les changements de cette sorte ont eu pour but de procurer à l'organe vocal un parcours mélodique moins fatigant : ils entraînent naturellement une modification du dessin à l'endroit où le diapason primitif est repris.

Section III. — Les altérations antérieures à Réginon.

§ 157. Pour découvrir les changements mélodiques introduits dans l'antiphonaire depuis goo, nous avons dû comparer, antienne par antienne, le tonarius de Réginon, ou les autres documents à peu près contemporains, avec nos livres de chant

* L'Intonarium (p. 139) le met aussi une quinte plus haut, mais en VIII«.

actuels. Pour arriver à la connaissance des altérations immédiatement antérieures à cette date, nous trouvons des indications explicites dans le document lui-même : d'abord un certain nombre de notes marginales se rapportant à des cantilènes qui à la susdite époque avaient été changées depuis peu ou étaient en train de changer'; ensuite quelques doubles mentions relatives à des antiennes dont la mélodie hésitait encore entre l'ancienne forme modale et la nouvelle.

§ 158. Nous allons voir reparaître ici des modifications identiques à celles que nous avons constatées précédemment, mais beaucoup moins nombreuses. Elles ont été provoquées par les mêmes causes, et s'appliquent en général aux mêmes thèmes. Il nous suffira donc d'énumérer les altérations d'après les catégories déterminées plus haut.

I. Mélodies dégénérées, sous l'influence d'une fausse analogie, de IIP mode en I" (pp. 193-195).

a) Thème 35 transformé en thème 6 (comme Egredietur virga, p. 194). Réginon signale deux spécimens de ce cas : Ctim audisset Job, Cum inducerent^. Nous reconstituons ainsi la mélopée primitive de ce dernier chant, le plus beau :

~MZJMi

Cum in -du - ce - rent pu • e -ncm Je - sum pa - ren -tes e - jus,

^— ■ ■—■--■r~ig=?^=~^~"'i~r ,-■■— ■=nr=-

ac - ce - pu e - um Si - me - on in ul • nas su - as,

et be - ne -di- xit De - um di

IzaiT-J» ■■■■-B^-L^z^

Ntinc di • mit-lis, Do - mi - ne, ser-vum tu - um in fa-ce.

De Ptirif. S. Mariât in Evang, Aujourd'hui le bréviaire romain supprime dans le dernier membre le mot Domine, conservé par l'antiph. de Trêves, à qui nous empruntons le dessin mélismatique.

' Les annotations sont contemporaines du manuscrit. Nous ne tiendrons pas compte ici de celles qui ont rapport à des antiennes disparues ou qui nécessitent une discussion spéciale. Ces dernières seront examinées dans notre catalogue thématique.

* Chacune des deux antiennes porte l'annotation : 1° tono potest esse.

b) Thème 38 se dénaturant en thème 3 (comme Alliga, p. 195). Trois exemples sont signalés : Ille hoino, Praedicans praeceptum Domini et Vadam ad patrem meum\ Il suffira de noter ici la mélodie originaire de l'une des antiennes.

Ille mode.

Va - dam ad pa-trem me - um

et di

Pa - ter, fac me

Sabb. antt Dont. III Quadr. in Evang.

sic -ut M - niun ex mer -ce - na • ri - is

tu- is.

II. Cantilènes détournées de leur terminaison primitive par l'effet d'une analogie réelle (pp. igg-202). Pour la plupart d'entre elles la conclusion altérée n'a pas réussi pleinement à supplanter l'ancienne, que les antiphonaires actuels exhibent souvent.

a) Thème du I" mode s'égarant vers la fin en VP (comme Esto mihi, p. 200). Un seul cas est relevé.

Chant primitif:

a GF Ga

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