‹ La Membrane Cellulaire Chez Les VégétauxChapitre 16 sur 98 · S |. — ACCROISSEMENT EN SURFACE · texte numérisé non relu

S |. — ACCROISSEMENT EN SURFACE

L'accroissement en surface précède généralement l'accroissement en épaisseur ; quelquefois même le second n’entre en jeu que quand le premier est complètement achevé. C'est ce qui arrive notamment, comme le fait remarquer SRASBURGER (4,55), pour les parties d'un organe croissant loin du point végétatif ; les cellules s'allongent en conservant leurs parois très minces, et ce n'est que lorsque cet allongement est terminé que la membrane commence à s'épaissir.

Cet accroissement de la surface de la membrane reconnaît certainement plusieurs causes ; mais la première en ligne est l'augmentalion même de la masse protoplasmique qui, au fur et à mesure qu'elle croît, exerce sur la membrane une pression qu'on ne saurail méconnaîlre. La Lurgescence vient ensuite ajouter son effet

SE (ns à celui du protoplasme, et sous l'influence de ces deux pressions venant de l’intérieur de la cellule, la paroi suffisamment extensible augmente ainsi sa surface par un accroissement passif.

Celte interprétation de la croissance en surface, qui avait paru suffisante à des auteurs comme Worrmanx, est loin d'être satisfaisante, dans tous les cas.

La pression interne, el la turgescence en particulier, sont impuissantes à expliquer certains phénomènes en présence desquels on se trouve bien souvent, et les recherches de Rozz, de Zacnarias, de ReINxarpr, qui seront relatées plus loin, les recherches plus récentes de STRASBURGER tendent à montrer qu'à côté de cet accroissement passif la membrane serait aussi le siège d'un accroissement actif.

Entre les moléculesécartées parles actions mécaniques auxquelles on vient de faire allusion, de nouvelles molécules émanées du protoplasme viennent prendre place, jusqu'à ce que l'équilibre se rétablisse entre l'enveloppe et son contenu. Puis, celui-ci s'accroissant encore, la turgescence se fait sentir à nouveau sur la paroi ; il en résulte une nouvelle interposition de particules et le phénomène continue.

Compris de cette façon, l'accroissement en surface de la membrane a donc la turgescence pour cause initiale, celle-ci n'intervenant toutefois que pour permettre l'intussusception, c’est-à-dire l'inclusion de substancesnouvelles. C’estlà la conception de NAEGELI, idée qui, attaquée plus lard par plusieurs botanistes, eut surtout Sacus et H. pe Vies pour défenseurs et semble encore prévaloir à l'heure actuelle.

Tant que la croissance se fait d’une façon régulière autour du protoplasme, la forme de la cellule reste toujours semblable à ellemême, mais le plus souvent c'est par un accroissement localisé que la cellule se développe. Elle peut prendre alors les formes les plus variables, depuis la forme sphérique du grain de pollen ou de la spore jusqu'à la forme extrêmement ramifiée d'un thalle de Mucor. Je n'insisterai pas davantage sur les formes mulliples de la cellule, pour ne pas sortir des limites de ce travail.

Un des cas les plus intéressants de croissance locale est celui où la membrane ne s'accroît que par un seul point de sa surface. Il en résulte alors un élément de forme tubuleuse qui peut être parfois

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très long. Les laticifères, les filaments des champignons, les tubes polliniques se forment de cette façon. C'est par l’allongement constant de sa partie terminale que se développe, par exemple, le filament d'un Mucor, terminé, comme on sait, par une sorte de calotte arrondie. Il était intéressant de savoir si c'est la calotte elle-même qui s'allonge ou bien si l'accroissement porte sur la partie du tube située immédiatement après elle. REiNaarpT (2) a répondu à cette question par une expérience très ingénieuse, qui consistait à enduire de minium la calotte d'un filament en train de se développer. Il constata que le minium quittait peu à peu l'extrémité convexe du tube pour venir former un anneau immédiatementau-dessous. Cette observation montre bien que c’est seulement par sa partie extrême que s'accroît le filament. La poussière de minium resterait à la surface de la calotte si la zone d’allongement élait située au-dessous de l'extrémité.

Il en va de même pour le développement du tube pollinique en germination. Nous aurons, d'ailleurs, l’occasion de revenir plus loin sur ce sujet.

C'est encore par un accroissement local, mais portant sur divers points de la cellule, que se produisent les ondulations de certaines parois cellulaires ou les replis qu'on aperçoit dans les cellules du mésophylle de certains Conifères et que ZIMMERMANN et Kny, notamment, onttrès bien étudiés.

Quelquefois enfin l'accroissement local affecte un caractère parüculier qui mérite d'être décrit. Je veux parler du cas si curieux observé chez les OEdogoniées par PRINGSHEIM (8), HoFMeIsTER (4, 1541, NazGeLt et SCHWENDENER (5, 549).

Ces auteurs ont montré que sous les cloisons transversales de ces algues filamenteuses, il se produit, contre la face interne des parois longitudinales, un bourrelet membraneux qui fait saillie dans la cellule. Bientôt ce bourrelet se fend, suivant une ligne circulaire et se sépare en deux portions, qui s'écartent progressivement l'une de l'autre, en demeurant reliées par une zone membraneuse produite par l'étirement du bourrelet. Le mème phénomène se renouvelant plusieurs fois et à de courtes distances, les bords des anneaux ainsi élirés forment des sortes de chapes emboîtées les unes dans les autres.

BIBLIOGRAPHIE

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