‹ La Membrane Cellulaire Chez Les VégétauxChapitre 41 sur 98 · EXT · texte numérisé non relu

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() e Fig. 37. — Cuphea Zimapani. Epiderme du tégument de la graine mûre. Deux

stades de la formation du tube intracellulaire (SrrAsBuRGER).

des circonvolutions dans la cellule ; elles arrivent à se toucher et constituent, au cordon protoplasmique, une véritable membrane de revêtement, qui bientôt se cutinise dans toute son épaisseur (11). Pendant que cette cutinisation a lieu, le protoplasme intérieur à la membrane se transforme lui-même en une matière mucilagineuse, que le contact de l'eau fera gonfler facilement. Il en est de même de la partie du protoplasme de la cellule qui n'a pris part, nià la formation du cordon, ni à celle de sa membrane. Ce restant de substance, en se gonflant sous l'influence de l'humidité, lorsque la graine est mûre, provoque la sortie du tube qui jusqu'à ce moment remplit la cellule de ses circonvolutions. La membrane externe se détache au-dessus de lui, comme un opercule, et le tube sort de Ta

cellule en se retournant en doigt de gant, tandis que son contenu s'écoule en un mucus abondant.

Cet exemple est à rapprocher de ceux fournis par plusieurs Cryptogames vasculaires. Dans le développement du microsporange des Azolla et des Salvinia, on observe des faits absolument semblables (1,543).Chez les Azolla, chaque microsporange possède, à un moment donné, vers sa périphérie une zone de protoplasma pourvue de nombreuses vacuoles. Il est divisé, à sa partie centrale, en vésicules renfermant chacune un certain nombre de spores, les vésicules et leurs spores constitueront plus tard les massules qui se séparent les unes des autres, lors de la rupture du microsporange et montrent alors, à leur surface, des tiges appendiculées, sortes de baguettes cutinisées et terminées par un pelit organe en forme d'ancre. Ce sont les glochidies.

A une certaine période du développement, le protoplasme périphérique s’avance comme un plasmode vers le centre du microsporange, pénètre dans les vésicules, et, les vacuoles, prenant des proportions considérables, vont y former des chambres plus ou moins nombreuses. Puis ce protoplasme se prend, sans changer de forme, en une substance voisine de la cutine par ses réactions, el les parois des chambres se trouvent ainsi constituées. Les glochidies se forment ensuite d'emblée, et d’une façon analogue. La transformation du protoplasma, pour donner les parois de ces chambres ou pour produire les glochidies, s'effectue sans résidu et la métamorphose est donc complète.

Significalion de la formation de la cellulose dans les divers cas précédents. — De par leurs fonctions tout à fait différentes, dans la cellule, le kinoplasme et le trophoplasme doivent y occuper des régions distinctes Le kinoplasme se trouverait à l'extérieur de la cellule, tandis que le trophoplasme en occuperait la partie centrale. Dans le cas général de formation de la cellulose, lorsque, par exemple, elle se dépose tout autour d’une zoospore d'algue ou de l'œuf fécondé d'une plante supérieure, pour en constituer la membrane, c'est le kinoplasme qui lui donne naissance sans intervention du trophoplasme. Le kinoplasme sécrèle les particules destinées à la membrane, et celles-ci vont se solidifier à l'extérieur de la cellule.

S'il en est ainsi dans le cas général, TiscuLer (5), dans un récent

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mémoire où il commente les divers modes de formation de la cellu lose, admet qu'au contraire dans les cas particuliers signalés plus haut, c'est aux dépens du trophoplasme qu'elle se produit. C'est bien, en effet, le protoplasme central et alvéolaire qui, dans la graine de Cuphea, donne naissance à de la cellulose culinisée ; c'est un protoplasme de même nature qui, chez les massules d'Azolla, forme les parois des chambres. À moins d'admettre qu'il n'y ait que du kinoplasme dans ces organes, il faut bien reconnaître que le trophoplasme peut aussi donner de la cellulose.

De plus, comme le fait remarquer Tiscarer, avec juste raison, la métamorphose, dans ces derniers cas, n'est pas aussi absolue que le pense SrRAsBURGER. Le protoplasme est un composé au moins quaternaire, et la cellulose, y adjoindrait-on les composés pectiques, est une substance ternaire. Le protoplasme ne cède par conséquent, pour former la cellulose, que du carhone,de l'hydrogène et de l'oxygène, et cela revient en somme à une sécrétion, sécrétion dont les produits sont utilisés sur place, dans les cas exceptionnels dont il s'agit, tandis que d'ordinaire ils sont transportés plus loin, pour former la membrane. TISGHLER distingue les deux phénomènes en donnant au premier le nom d’énussion (Abspaltung) et gardant pour le second celui de sécrétion. Dans le Cuphea, le trophoplasme émet de la cellulose qui produit sur place la membrane du cordon intracellulaire ; dans une cellule quelconque, le kinoplasme sécrète de la cellulose qui, transportée au delà de la couche albuminoïde périphérique, va former la membrane de la cellule.

Mais, dans tous les cas, si le protoplasme ne cède que la partie de sa substance formée de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, que devient la partie azotée ? Deux hypothèses peuvent être formulées à ce sujet : ou bien, lorsque tout le contenu cellulaire disparaît, elle devient soluble el passe dans une cellule voisine en pleine vitalité, ou bien, suivaut l'opinion de SrRASBURGER (/. c.), elle devient peutêtre une substance d'incrustation pour la membrane.

Enfin, il est intéressant de remarquer que lorsque c'est le kinoplasme qui sécrèle la cellulose, les cellules restent vivantes et ont même besoin de cette cellulose, pour accomplir le rôle qui leur est dévolu, dans la division du travail. Au contraire, lorsque c’est le trophoplasme qui la produit, les cellules ne ardent pas à être frappées de mort, el tout leur contenu disparaît, y compris le noyau.

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C'est ce qui se produit pour les émergences du sac embryonnaire de Pedicularis, émergences qui sont rejetées par la plante ; c'est encore ce qu'on observe dans les Cuphea, où tout ce qui reste du protoplasme se transforme en mucilage, tandis que le noyau est, lui aussi, frappé de dégénérescence et disparaît.

La formation de la cellulose, dans ces conditions, est donc un acte purement sénile,.

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