‹ La Membrane Cellulaire Chez Les VégétauxChapitre 50 sur 98 · D. — CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

D. — CHAMPIGNONS

La membrane des Champignons est si différente de celle des autres plantes, qu'à l'époque où l'on croyait la cellulose répandue chez tous les végétaux, la cellulose des Champignons avait reçu différents noms. Braconnor la nommait /ungine, Frény l'appelait métacellulose, et be Bary (12), de son côté, explique, qu'à cause de ses caractères si spéciaux, il se voit obligé de lui donner un nom provisoire. Il l'appelle simplement « cellulose des Champignons » (Pilzcellulose),

Elle se distingue, en effet, de la membrane des végétaux supérieurs, d'abord parce qu'elle ne donne presque jamais les réactions de la cellulose, et ensuite et surtout, parce que sa nature chimique varie énormément d'un groupe à l’autre. On est donc bien loin de celle constance, de cette uniformité de structure que nous avons constatée chez les Phanérogames ; et, si l'on veut connaître la constitution de cette membrane, c'est dans les divers groupes de champignons qu’il faut l’étudier.

Mucorinées

Chez ces Champignons, DE Bary avait signalé depuis longtemps, et par exception, la présence de la cellulose normale. Max@in (5) établit, en effet, que les substances fondamentales de leur membrane sont la cellulose et les composés pectiques, à l'exclusion de la callose. En outre, comme dans les Phanérogames, la cellulose est en proportion plus abondante dans les couches internes de la membrane que dans les couches externes. Cette cellulose constitue une variété plus résistante que celle des Phanérogames et des Cryptogames vasculaires, car elle demeure insoluble dans le réactif de SCHWEIZER, même après macération dans les acides ; la dissolution n’a lieu, et très lentement encore, qu'après macération dans un mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate de potasse.

Dans les filaments fructifères on peut distinguer la présence d’une matière spéciale, analogue à la cutine des Phanérogames, dont elle se distingue cependant par son peu d'affinilé pour les colorants el sa solubilité dans l'acide azotique bouillant.

Un autre caractère non moins intéressant de la membrane des Mucorinées est la présence, chez beaucoup d'espèces, d'un revêtement d'oxalate de calcium formant des dessins variés à la surface des filaments fructifères, et sur lequel nous aurons à revenir quand nous traiterons des concrétions calcaires de la membrane.

Si la callose est absente des filaments, elle existe cependant dans les sporanges et c'est elle qui y provoque leur déhiscence. Tantôt elle forme entièrement la paroi des sporanges et met les spores à nu, par sa liquéfaclion, tantôt elle est localisée à la partie inférieure : c'est le cas des sporanges partiellement diffluents.

Les Syncéphalées diffèrent des autres Mucorinées (Mucorées, Pilobolées) par l'absence de revêtement calcaire. Comme les Sycéphalées sont souvent parasites des autres tribus de Mucorinées, il est facile, par l'emploi de réactifs appropriés, de distinguer leurs filaments entrelacés avec celles-cr.

Péronosporées

Ici, contrairement à ce qui se passe chez les Mucorinées, le mycélium est formé par l'association très intime de la callose et de la cellulose, tandis que les fructifications aériennes ne sont formées que de cellulose pure.

Les œufs participent de la structure du mycélium et ont une membrane callo-cellulosique.

Les arbres conidifères, au contraire, sont entourés de cellulose pure, la callose ne s’y rencontre qu'à l'état d'amas irréguliers (6).

Urédinées, Uslilaginées

La membrane, très délicate, ne contient ni composés pectiques ni callose, elle renferme de la cellulose.

Ascomycèles

La membrane y est généralement dépourvue de cellulose ; mais, formée essentiellement de callose, soit seule, soit associée à d'autres substances Un grand nombre d’Ascomycètes étant parasites des plantes supérieures, la recherche en est facile, grâce aux réaclions de la callose, comme pour les Péronosporées.

Basidiomycèles

Chez les Basidiomycètes étudiés par Mann (5), on peut faire deux groupes bien distincts par la constitution de leur membrane : l'un, comprenant Boletus purpureus, Agaricus campestris, Cantharellus cibarius, renferme des espèces dont la membrane ne se colore pas avec les réactifs iodés, mais présente cependant certaines réachons de la cellulose. Elle serait donc formée par une substance voisine de la cellulose pour laquelle MAn&iN propose le nom d'hémicellulose. Celle-ci s'y trouve associée à des composés pectiques. Ces espèces ne renferment d'ailleurs aucune trace de callose.

Le second groupe, formé par divers Polypores, par le Dæœdalea quercina, possède une membrane où les composés pectiques sont associés à la callose, quand les matières incrustantes ont été enlevées.

On sait que si certains tissus gardent la constitution décrite au commencement de ce chapitre et sont, pendant toute leur durée, formés de cellulose unie aux composés pectiques ou quelquefois à la callose, il en est d’autres qui, après avoir présenté cette constitution, s'incrustent de lignine, se transforment en subérine ou en cutine, de telle façon que les réactions des premiers composants se trouvent complètement modifiées. Enfin, d'autres substances additionnelles viennent souvent compléter ces modifications. La membrane peut se revêtir de cire, peut être le siège d'un dépôt de calcaire ou de matières colorantes, tout autant de variations dans sa structure qu'il importera d'étudier.

Nous résumerons ce qui précède relativement à la constitution chimique générale de la paroi cellulaire, en disant que la membrane des tissus végétaux est formée de substances très variées que l'on peut toujours ramener à deux groupes : les « substances fondamentales », comprenant la cellulose, les composés pectiques et la callose, et les « substances incrustantes ». Nous comprendrons sous cette dernière dénomination la lignine, la subérine ou culine, la cire et matières calcaires et colorantes, quitte à mieux

préciser, dans là suite, l'origine et la véritable nature de chacune d'elles.

Ajoutons que la membrane renferme de l'eau d'imbibition, en proportion variable, et différentes matières minérales parmi lesquelles des sulfates, phosphales, silicates, et parfois des chlorures de potassium, de calcium, de magnesium et quelquefois aussi de

sodium.

= Du

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