‹ La Membrane Cellulaire Chez Les VégétauxChapitre 51 sur 98 · S 1. — CELLULOSE ET SES HOMOLOGUES · texte numérisé non relu

S 1. — CELLULOSE ET SES HOMOLOGUES

L'idée qu'on s’est faite pendant longtemps de l'unité de constitu üon de la membrane, a fait confondre sous le nom de cellulose les produits les plus divers. On a, tour à tour, rangé sous cette dénominalion, des corps chimiquement différents ou dessubstances qui, apparemment, n'avaient que des propriétés physiques distinctes, et l’on admettait ainsi l'existence de plusieurs variétés de cellulose. Jene rappelleraipas, à ce sujet, les idées encours il y a une quinzaine d'années, idées que M. Vax Tiëcuem avait si clairement exposées dans son Trailé de Botanique.

Depuis celle époque, le terrain s’est déblayé, grâce aux travaux de Mancix, des composés pectiques et de la callose, qui ont été définitivement séparés de la cellulose. Mais cette cellulose, qui reste dans la membrane quand on en a séparé ces deux produits, comment faut-il l'envisager ? Est-ce un composé simple, un individu chimique, ou bien une réunion de divers composés? Les chimistes se sont efforcés de répondre à cette question, dans ces dernières années.

Tout d'abord on considère la cellulose comme un hydrate de carbone, dans le genre de l'amidon et caractérisé par les propriétés suivantes : la cellulose résiste aux alcalis étendus et aux acides élendus, même à l’ébullition, ainsi qu'au mélange de chlorate de polassium et d'acide azotique (mélange de F. Scuurze) et, après désagrégation par l'acide sulfuriqueassez concentré, si on la fait bouillir

avec de l'acide sulfurique étendu, elle fournit du dextrose (d. glucose,. Les agents oxydants la transforment d’abord en oxycellulose soluble dans les alcalis, puis en acide oxalique. Elle est, en outre, caractérisée par sa façon de se comporter vis-à-vis de divers réactifs, particulièrement par sa coloration bleue avec l'iode et l'acide sulfurique concentré, ainsi qu'avec l’iode et le chlorure de zinc, el par sa solubilité dans l'oxyde cuivrique ammontiacal (réactif de Scuwsizer), ainsi que dans le chlorure de zinc et l'acide chlorhydrique.

La cellulose est, d'après cela, un anhydride polymérisé du d. glucose, qui se fait remarquer par sa difficile solubilité.

Mais, au fur et à mesure qu'on étudie la constitulion de la membrane, on y trouve des hydrates de carbone dont les caractéristiques différent de celles-ci, à plus d'un titre. Ces corps subissent alors le sort de la callose et des composés pectiques et sont séparés de la cellulose.

Sous le nom d'hémicelluloses, Scauze (44, 15) distingue des substances plus solubles, dans les acides dilués à l’ébullition, que la cellulose et qui s'hydrolysent plus facilement, en donnant divers glucoses.

Ce sont des composés de même nature que Reiss(26) trouve dans la membrane de cerlains albumens cornés {/ Phœnix, Strychnos) et qu'il appelle « cellulose de réserve », parce qu'ils deviennent solubles, pendant la germination, et servent à nourrir la jeune plantule.

Dernièrement, BourQueror et Hérissey (27) isolaient de l'albumen de certaines Légumineuses, des hydrates de carbone bien plus éloignés encore de la cellulose que ceux-ci, puisque non seulement ils ne donnent à l'hydrolyse que du mannose et du glucose, sans dextrose, mais encore sont solubles dans l'eau.

De tels résultats nous amènent bien loin de l'époque où l'on considérait la membrane comme formée par ce qu’on appelait la « cellulose pure » et rendent bien difficiles à tracer les limites jusqu'auxquelles on doit étendre cette dénomination.

Pour Gicson (47,,il n’y a, dans la paroi cellulaire, qu'un seul hydrate de carbone, parmi tant d’autres, qui donne du dextrose et bleuisse par le chlorure de zinc iodé. Il a pu l'obtenir cristallisé, et c'est à celui-là seul qu'il accorde le nom de cellulose.

Mais il est des hydrates de carbone possédant bien tous les caractères conventionnels de la cellulose, ÿ compris la réaction du

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chloroiodure de zinc, et qui, par hydrolyse avec l'acide sulfurique concentré, fournissent non seulement du dextrose, mais encore du mannose et d'autres glucoses. Il en résulte qu'on doit considérer les tissus végélaux comme renfermant non pas une cellulose, mais des celluloses Lrès différentes, formées par la réunion d'anhydrides de divers sucres, où même, parfois, par des anhydrides plus ou moins condensés d’un seul et même sucre.

Dès lors, la constitution de la membrane végétale apparaît comme l’un des problèmes les plus complexes de la chimie biologique, surtout lorsqu'on considère que cette constitution varie encore avec les groupes de végélaux, ainsi que cela ressort des travaux de G. Berrranp (46).

Il devient surtout difficile de distinguer entre elles les diverses celluloses et de les définir ; aussi, dans ce qui va suivre comprendrons nous, sous la désignation de cellulose proprement dite, les substances répondant aux caractères conventionnels énoncés plus haut. Nous en séparerons tous les autres hydrales de carbone qui, bien que pouvant être rangés autour de la cellulose, ne présentent pas l’ensemble de ces caractères.

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