CELLULOSE PROPREMENT DITE
Dans la membrane végétale où sa structure est organisée, la cellulose se montre biréfringente et fournit des couleurs d’interférence. Elle ne présente pas ces caractères lorsqu'elle a été extraite de la membrane par l’action des dissolvants, et en particulier par le réactif de SCHWEIZER.
Nous ne reviendrons sur ses caractères chimiques que pour indiquer sa composition, qui correspond à la formule CfH!°0$, On admet toutefois que sa molécule est plus grande que celle de lamidon, Comme on a proposé pour celle-ci la formule (CSH'°05*, celle de la cellulose serait au moins (CSH105)* Torrens (1).
(1) Pour les autres caractères chimiques de la cellulose, voir encore Cross et Bevan: Cellulose an outline of lhe chemistry of lhe struclural elements of Plants, 1903.
Crislallisation de la cellulose dans la cellule
Gaison (L. c.) a pu obtenir la cellulose à l’état cristallisé en la dissolvant dans le réactif de Sçawerzer. Pour y arriver, il est bon de choisir des objets ne contenant que peu ou pas d'amidon, substance qui se laisse difficilement extraire des cellules et a l'inconvénient de se colorer par les réactifs de la cellulose. Il faut ensuite vidér entièrement les cellules de leur contenu, de façon à ce qu'elles soient réduites à leurs membranes, et le meilleur moyen d'y arriver est encore d'employer l'eau de Javel, en lavant ensuite parfaitement à l'eau distillée. Le protoplasme et le noyau sont ainsi dissous. Si les cellules contenaient des corps gras, il faudrait au préalable traiter les coupes par l'alcool, puis par l'éther. Les coupes doivent être de grosseur moyenne : si elles sont trop fines, elles ne résistent pas à l’action des réactifs et se désagrègent ; si elles sont trop épaisses, l’action des réactifs, pour être complète, doit être prolongée, ce qui nuit à la netteté des préparations.
Après avoir ainsi préparé les coupes, on les introduit dans un godel contenant de la liqueur de Scuwæizer (1) et que l’on peut fermer herméliquement Suivant les objets à examiner, l'action du réaclif doit être plus ou moins prolongée. En général, douze heures de contact suffisent.
On décante ensuite lentement la liqueur ; les coupes, qui ont pris une consistance plus ou moins gélatineuse, se maintiennent au fond du godel, On remplit alors celui-ci d’ammoniaque liquide, on ferme et on laisse reposer pendant une demi-heure. On décante une seconde fois,on remplace par de l'ammoniaque fraîche, en
(1) Le meilleur réactif et le plus rapidement préparé est celui qu'on obtient par le procédé de PEriGor. On place de la tournure de cuivre dans une allonge à robinet dont le goulot est fermé par un bouchon à l'émeri. On verse une dissolution d’ammoniaque concentrée de manière à mouiller la tournure, puis on fait écouler lentement le liquide, pour le reverser de nouveau sur la tournure, en recommençant cette opération à plusieurs reprises, jusqu'au moment où l'on obtient un dissolvant énergique du coton. Le réactif doit être conservé à l'abri de la lumière et, au moment de s'en servir, on le fait passer une ou deux fois dans l'allonge contenant la tournure de
cuivre,
laissant reposer une dizaine de minutes seulement, et on renouvelle ce Lraitement jusqu'à ce que les coupes soient à peu près incolores, puis on les lave plusieurs fois à l’eau distillée.
Après décantation du réactif de Scuweizer, la liqueur qui imprègne encore les membranes garde de la cellulose dissoute. On pourrait précipiter celle cellulose par de l'eau distillée, et on obtiendrait alors dans l'intérieur des cellules une masse amorphe et plus ou moins verdâtre à cause des composés cuivriques insolubles qui la souillent. En lavant, au contraire, à l'ammoniaque, avec précaulion, mais d’une façon aussi parfaite que possible, on dissout les composés cuivriques el la cellulose précipite lentement.
Il est bon de la colorer pour observer plus aisément les cristaux qui se forment, et celte coloration peut se faire soit par le chlorure de zinc iodé, soit par le rouge congo. Avec le premier réaclif, il n’est pas inulile d'éclaircir, au préalable, les préparations en les lavant à l'acide acétique ou à l'acide chlorhydrique dilué.
On ne devra pas leur faire
subir ce dernier traitement si on colore par le rouge
Fig. 43. — Astrapea Wullichii. Cellules congo. parenchymateuses avec sphéro-cristaux Dans ces conditions on de cellulose (G1L80N).
obtient de belles arbores-
cences ou des sphéro cristaux bleus ou rouges de cellulose (fig. 43). La cristallisation de la cellulose peut être oblenue avec tous les tissus parenchymateux, surtout avec les parenchymes à grandes cellules, à la condition qu'ils soient privés d'amidon, comme c'est le cas par exemple pour la racine de betterave.
Suivant la concentration de la liqueur ammoniacale employée, les cristaux oblenus seront groupés d’une façon un peu différente. Avec l'ammoniaque à 5 °/,, on obtient de petits sphéro cristaux, tandis qu'avec une solution à 10 °/,, on obtient des sphéro cristau x plus volumineux mêlés à des arborescences cristallines.
Oa constatera toujours que la cellulose cristallise dans l'intérieur
des cellules, très rarement dans les méats, ce qui montre bien, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, qu'elle est localisée dans l'intérieur des membranes, tandis que la partie externe est formée exclusivement par les composés pecliques.