COMPOSITION CHIMIQUE ET CARACTÈRES DE LA SUBÉRINE
La subérine, qui forme à elle seule, comme nous l'avons dit, la couche secondaire de la membrane du liège, possède une constitution assez complexe et qui est loin d’être complètement élucidée.
Cette substance, à laquelle Frémy et UrBain (45) avaient donné le nom de culose, a des caractères tout différents de ceux que nous avons constatés jusqu'ici dans la membrane. C'est un corps de la nature des graisses, ainsi que cela résulte notamment des analyses qu'en ont faites KuGLer et Gizson (/. €.).
Ces auteurs ont d'abord isolé du tissu subéreux une série d’acides gras : l'acide stéarique et des acides nouveaux, les acides phellonique, subérinique el phloïonique. En outre, ilsuffit de traiter du liège par le chloroforme bouillant, comme l’a fait KuGLER, pour y trouver de la glycérine et une sorte de cire à laquelle on a donné le nom de cérine. Celle cire est tellement abondante dans le chêneliège qu'elle cristallise même dans l'intérieur des cellules, sous forme de bâtonnets ou de longues aiguilles, toujours accolés à la face interne de la membrane (GiLson).
I suffit d’ailleurs de chauffer légèrement une coupe de liège pour voir la cérine se répandre dans la préparation sous forme de gouttelettes. KUGLER qui, en traitant le liège par la potasse, en avait isolé, d'une part, de l'acide stéarique et de l'acide phellonique, et, d'autre part, de la glycérine, pensait avoir réalisé une véritable saponificalion et admetlait dans le tissu subéreux la présence d'éthers de la glycérine, de corps gras neutres par conséquent. Tel n'est pas l'avis de Gizson, pour qui les corps en question ne sont pas des corps gras, au sens prapre du mot.
Il est de fait que la subérine est insoluble en totalité dans les dissolvants ordinaires des graisses. Elle est de plus infusible ou peu fusible (sauf la cérine), tandis que les graisses ont, au contraire, des points de fusion relativement bas.
Il est donc probable que la subérine est, ou bien un mélange d'éthers composés, peu fusibles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, elc., ou bien, un produit de combinaison, de condensation ou de polymérisation des acides nommés plus haut ou de leurs dé-
rivés. Si elle est formée d'éthers, rien ne s'oppose à ce qu'ils admettent la glycérine dans leur molécule, non pas pour former de véritables graisses, mais simplement des composés voisins des corps gras, par quelques-uns de leurs caractères.