‹ La membrane muqueuse des fosses nasalesChapitre 8 sur 25 · FACE ADHÉRENTE · texte numérisé non relu

FACE ADHÉRENTE

Si Ton examine les rapports de la face externe de la muqueuse pituitaire on la trouve très-adhérente au périoste dont on peut cependant la séparer, et on ne

doit pas donner à cette muqueuse le nom de fibro-muqueuse ; j'ai déjà insisté surce point dans l'embryogénie. Il existe une limite appréciable entre le périoste et la muqueuse. Par l'intermédiaire du périoste, la muqueuse est en rapport, sur la partie interne des fosses nasales; avec la cloison composée en arrière du vomer, en avant du cartilage de la cloison. La muqueuse tapisse ensuite le plancher des fosses nasales formé par les os palatins en arrière, les os maxillaires supérieurs en avant. Remarquons qu'à la partie antérieure se trouve une dépression résultant de l'enfoncement de la muqueuse dans le trou palatin antérieur qu'elle oblitère. En poursuivant la muqueuse nous la voyons remonter sur la face latérale externe, tapissant une partie légèrement concave en dedans , formée en arrière par le palatin , en avant par l'os maxillaire supérieur. Après un trajet d'un centimètre environ elle rencontre un os particulier, le cornet inférieur qui forme une volute incomplète, dont la concavité regarde en dehors ; et la muqueuse tapisse ce cornet. De la réunion de ces deux parties concaves, l'une en dedans, l'autre en dehors, résulte un espace qu'on appelle le méat inférieur. Le cornet inférieur arrive juscju'à l'entrée des fosses nasales. Dans le méat inférieur, vers l'extrémité antérieure, la muqueuse reçoit l'abouchement du canal nasal membraneux. Ensuite, après avoir tapissé la face supérieure du cornet inférieur, la muqueuse se réfléchit de nouveau, et devient verticale pendant un très-court trajet sur les mêmes os que précédemment. Elle rencontre alors l'ethmoïde et le cornet moyen qui est formé par cet os. Ce cornet a une disposition analogue à celle déjà décrite. U'imy. 2

Mais son extrémité antérieure s'avance moins loin que celle du cornet inférieur ; elle est taillée à angle droit. Le repli de la muqueuse ainsi formé tapisse le méat moyen. Dans ce méat moyen aboutissent une ou deux ouvertures qui sont celles du sinus maxillaire. L'antérieure est constante, elle mesure 4 millimètres, elle est de forme ovalaire. La postérieure n'existe pas toujours, mais quand elle manque on voit à sa place un enfoncement de la muqueuse.Alapartieantérieure, onvoit des prolongements de la muqueuse, destinés aux sinus frontaux, quelquefois doubles également. La muqueuse tapissant ensuite la face supérieure du cornet moyen revient sur la partie verticale deTethmoïde. Elle rencontre un dernier cornet, le cornet supérieur dans la concavité duquel elle s'enfonce tapissant un troisième méat, méat supérieur. A la partie médiane de ce méat, partent des prolongements de la muqueuse, destinés aux sinus ethmoïdaux, quelquefois au nombre de deux. Ensuite la muqueuse tapisse la face supérieure du cornet supérieur. Ce cornetest plus petit que les deux autres. En arrière de lui se voit le prolongement de la muqueuse destiné aux sinus sphénoïdaux. Enfin elle tapisse la lame criblée de l'ethmoïde pour rejoindre la face interne d'où nous l'avons fait partir. La lame criblée de l'ethmoïde est horizontale, mais en avant, la muqueuse tapisse aussi la face profonde des os du nez, qui ont une direction oblique en bas et en avant ; d'autre part la muqueuse tapisse en arrière la face du corps du sphénoïde, qui a une direction oblique en sens inverse.

Dans la partie supérieure, la face externe de la muqueuse reçoit un grand nombre de filets nerveux qui s'échappent des gouttières osseuses qu'on trouve dans

le vomer et à la partie supérieure et antérieure de l'ethmoïde. En ces points la muqueuse est plus adhérente que partout ailleurs.

L'adhérence de la muqueuse en ce point avec l'ethmoïde est cause que cette muqueuse est déchirée dans les cas de fractures de l'ethmoïde, et le liquide céphalorachidien s'écoule au dehors par cet orifice accidentel.

Les prolongements de cette muqueuse sont : (a) celui du canal nasal, où elle est en rapport avec le maxillaire supérieur, l'unguis et l'ethmoïde ; (h) celui ou ceux des sinus maxillaires ou antre d'Higmore, sorte de cavité pyramidale et triangulaire à sommet externe, creusée dans le maxillaire supérieur; (c) celui du sinus frontal ; les sinus frontaux sont quelquefois au nombre de deux , ils constituent une cavité accessoire considérable creusée dans le frontal, ils peuvent s'étendre supérieurement .à 2 centimètres au dessus de l'orbite, latéralement jusqu'au milieu de l'arcade orbitaire et postérieurement jusqu'au voisinage du ganglion de Gasser; c'est du moins ce que j'ai observé sur un cadavre. Mais il est à remarquer que ce sujet possédait des os frontaux épais de plus d'un centimètre. La muqueuse s'étend sur toutes les anfractuosités de ces sinus, (d) Celui des sinus ethmoïdaux : les sinus ethmoïdaux sont plus petits que les précédents, ils s'étendent dans l'épaisseur des cornets supérieurs. Le sinus antérieur communique souvent avec les sinus frontaux, (e) Celui des sinus sphénoïdaux ; ces sinus, placés tout à fait en arrière, ont une capacité trèsvariable.

Face libre de la muqueuse.

La muqueuse par sa face interne est beaucoup plus intéressante à étudier. Cette face interne est toujours recouverte de mucus; elle est, sur le vivant, d'un rouge toujours vif, comme on peut s'en assurer à l'aide ' de la rhinoscopie; sur le cadavre elle est violacée. Mais cette couleur de la muqueuse n'est pas uniforme ; elle est d'un rouge plus vif vers la partie externe de l'orifice postérieur, où se réunissent toutes les veines de la pituitaire. Dans la partie supérieure se montre une coloration tout à fait spéciale : cette coloration a été décrite pour la première fois dans le livre de Todd et Bowman (Physiological Anatomy, vol. II, page 5, 1856). Cette couleur est d'un jaune rougeâtre; elle désigne une région de^la muqueuse que Todd et Bowman appellent regio olfactoria, que Ecker a appelée ocus luteus. Nous verrons dans la physiologie que c'est dans cette muqueuse jaune que se rendent les principales divisions du nerf olfactif. Chez l'homme cette couleur s'observe sur la muqueuse qui tapisse la lame criblée, la face convexe du cornet inférieur, la partie antérieure de la face convexe du cornet moyen, les os propres du nez, et sur la cloison, elle couvre une surface demi circulaire dans un rayon de 2 centimètres à partir de la lame criblée de l'ethmoïde. C'est précisément les points où la face externe de la muqueuse reçoit un nombre considérable de petits nerfs venus du bulbe olfactif par des conduits osseux.

En arrière de l'orifice antérieur des fosses nasales, sur la face latérale interne et latérale externe, sur

l'extrémité antérieure du cornet inférieur, la muqueuse présente un état criblé dû à un grand nombre de lacunes visibles à l'œil nu, mesurant un demi-millimètre de diamètre. En arrière de ces points, la muqueuse prend un aspect un peu chagriné; elle n'est plus lisse sur la région olfactive, sans être dépourvue pour cela complètement d'aspérités. Sur des cadavres imbibés de liquide, la muqueuse a un aspect velouté, pulpeux, qui tranche avec l'aspect lisse de la peau des narines. Dans les sinus sphénoïdaux, ethmoïdaux et frontaux la muqueuse change encore d'aspect : elle est tout à fait lisse. Dans le sinus maxillaire, la muqueuse est lisse à la partie supérieure, mais à la partie inférieure elle reprend les caractères que nous lui avons vus, dans les fosses nasales proprement dites. La muqueuse qui tapisse le conduit nasal est lisse; mais quelquefois elle présente des plis, comme des valvules.

L'épaisseur de la muqueuse des fosses nasales est très-variable, suivant les points où on la considère. Dans les sinus ethmoïdaux et sphénoïdaux elle est très-mince et mesure 2 dixièmes de millimètre uniformément. Dans les sinus frontaux, son épaisseur est un peu plus considérable, de 1 à 2 dixièmes de millimètre. Dans le sinus maxillaire, elle a 1 dixième de millimètre sur les faces supérieure et postérieure ; à la face antérieure et inférieure, elle mesure 1 millimètre. Le canal nasal présente une muqueuse peu épaisse. Sur la tache olfactive, la muqueuse mesure une épaisseur plus considérable, 1 millimètre et demi à peu près, l'épaisseur est à peu près uniforme en tous les autres points; mais sur le bord inférieur des cornets, il y a une légère augmentation due à l'adosse-

ment de la membrane à elle-même. Lorsque la muqueuse se joint à celle du voile du palais, l'augmentation de volume des glandes détermine l'augmentation de volume de la membrane. Les orifices osseux de communication avec les sinus sont très-rétrécis par les parties molles, pour quelques-uns la muqueuse forme une véritable valvule : ainsi l'orifice inférieur du canal nasal n'est marqué que par une fente verticale de 2 millimètres de largeur; l'orifice du sinus maxillaire est ovale et mesure 3 millimètres dans son grand diamètre ; les orifices des sinus frontaux sont réduits à 2 millimètres de diamètre; les autres orifices sont très-variables.

La muqueuse des fosses nasales offre peu de consistance et elle est détruite par la moindre traction ; elle est facilement détruite par la putréfaction, par les acides; elle n'est guère susceptible d'être tannée, bien que ce soit une muqueuse dermo-papillaire. Cette mollesse explique sa fragilité et ses fréquentes hémorrhagies ; d'autre part aussi elle explique la fréquence des tumeurs mollasses qui y ont leur point de départ, et qui sont connues sous le nom de polypes muqueux.

La muqueuse est susceptible de se gonfler par l'eau et j'ai vu la muqueuse du sinus maxillaire atteindre ainsi un demi-centimètre d'épaisseur.

Les nerfs sont de deux ordres : les uns viennent du lobe olfactif par les trous de la lame criblée et les gouttières et les canaux de l'ethmoïde. Ces nerfs, au nombre de quinze à dix-huit, sont contenus dans des prolongements de la dure-mère; ils vont directement, mais en rayonnant, se distribuer à la pituitaire ; on peut les suivre dans l'étendue de 2 centimètres au

plus. On n'en trouve plus au delà de la partie moyenne de la cloison ; et du côté externe des fosses nasales ces nerfs se perdent dans les 2 cornets supérieurs. Ils présentent des anastomoses très-nombreuses déjà décrites par Sœmmering. Leur découverte fut faite par Nicolas Massa en 1536. Scarpa les a bien décrits en 1787. Les auteurs ne parlent pas des ramifications que ces nerfs enverraient dans les sinus, cependant j'ai constaté l'existence de filets qui se dirigent vers les cellules sphénoïdales.

Ces nerfs sont gris, leur coloration tranche avec la blancheur des autres nerfs ; nous verrons dans la suite que le microscope nous révèle aussi dans les tubes une différence considérable de texture.

Le trijumeau fournit par sa branche ophthalmique et sa branche maxillaire supérieure d'autres nerfs à la muqueuse pituitaire, et à cause de l'anastomose éloignée, mais certaine du ganglion de Meckel et du rameau de Jacobson, on peut supposer que le glossopharyngien envoie quelques filets. Ces considérations anatomiques montrent combien est compliquée la marche à suivre pour expérimenter la sensibilité de la pituitaire. La branche ophthalmique dèWillis donne à la partie antérieure interne et externe de parois nasales, le rameau ethmoïdal du nerf nasal. Le ganglion de Meckel innerve par ses branches sphénopalatines la partie postérieure de la muqueuse. Les sphéno-palatins externes donnent la sensibilité aux deux cornets supérieurs, lè sphéno-palatin interne beaucoup plus gros que les précédents se ramifie obliquement dans la cloison des fosses nasales et se porte obliquement vers le trou palatin antérieur et

donne de très-petites branches à la muqueuse. Suivant Cloquet il aurait un ganglion analogue à celui qui chez les animaux se trouve sur l'organe de Jacobson.

Les nerfs du grand symphatique qui se rendent aux fosses nasales ont été étudiés d'une manière complète par François Franck, (Travaux du laboratoire de M. Marey, 1875.) Mais cet auteur n'a eu que le mérite de vérifier ce qu'avait avancé avant lui les auteurs des traités classiques d'anatomie ; ces nerfs accompagnent les vaisseaux; il sont rameux, anastomosés, plexif ormes ; ils viennent de deux sources, du ganglion sphéno-palatin et du ganglion ophthalmique qui reçoivent eux-mêmes leurs racines de la moelle par l'intermédiaire des ganglions cervicaux et thoracique.

Les artères qui se distribuent à la pituitaire émanent de la maxillaire interne et de l'ophthalmique; la principale branche est fournie par la maxillaire interne, c'est l'artère sphéno-palatine qui pénètre dans les fosses par le trou sphéno-palatin et donne une branche interne pour la muqueuse de la cloison et une branche externe divisée en trois rameaux pour chaque cornet. Des rameaux peu importants sont encore fournis par les branches suivantes de la maxillaire interne : 1" l'artère alvéolaire, 2° l'artère sous-orbitaire, 3° l'artère ptérigo-palatine. L'ophthalmique donne les deux artères ethmoïdales postérieures et antérieures, l'une' pour la voûte, l'autre pour toute la partie antérieure des fosses nasales. Quelques ramifications de la frontale interne, de la faciale et même de la carotide interne complètent la description des artères de cette muqueuse (Sappey).

Les veines qui sont très-abondantes et qui donnent

à la muqueuse un aspect caverneux convergent pour la plupart vers le trou sphéno-palatin, et leurs troncs de réunion se jettent dans le plexus veineux de la fosse zygomatique. D'autres se jettent dans les veines du nez qui vont à la faciale ; d'autres se jettent dans les veines ethmoïdales antérieures et postérieures. Ces dernières établissent une sorte de communication entre la muqueuse pituitaire et les sinus caverneux du crâne par la veine ophthalmique.

Les lymphatiques sont connus depuis les recherches de M. E. Simon. Ils se jettent par deux troncs , d'une part dans un ganglion situé au-devant du corps de l'axis, d'autre part, dans des ganglions situés au niveau des grandes cornes de l'os hyoïde. Le réseau capillaire lymphatique est extrêmement ténu, à grandes mailles et très-superficiel.

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Cruveilhier. — Anatomie descriptivé.

TEXTURE de LA MUQUEUSE DES FOSSES NASALES.

Nous diviserons l'étude de cette muqueuse en quatre parties :

1° L'étude du point où la muqueuse se continue avec la peau des narines et où se remarque l'aspect criblé, pulpeux, dont nous avons parlé précédemment;

2° L'étude de la muqueuse olfactive au point où la muqueuse est devenue plus lisse et a pris une coloration jaune;

3° L'étude du point de jonction de la muqueuse avec l'arrière-cavité des fosses nasales.

4° Nous aurons à parler des cavités accessoires. L'organe de Jacobson sera l'objet d'un paragraphe particulier, dépendant de l'anatomie comparée.

• DE LA MUQUEUSE PITUITAIRE A SON UNION AVIiC LA PEAU DES NARINES.

Le point d'union de la muqueuse avec la peau est marqué à l'œil nu par la saillie des cartilages de l'aile du nez et par le changement de coloration, la peau étant blanche, la muqueuse étant d'un rouge foncé.

Lorsqu'onfait une coupe perpendiculaireàce niveau, de façon que l'on ait la peau d'un côté, la muqueuse de l'autre, on peut juger des transformations que subit la peau pour devenir la muqueuse dermo-papillaire des fosses nasales. On voit à un faible grossissement, qui donne une vue d'ensemble, que la peau et la muqueuse par leurs parties profondes adhèrent entièrement au périoste, cependant avec une ligne de démarcation qui résulte d'un changement brusque de structure.

La peau se présente dans les narines avec tous les caractères qu'elle a dans les autres points du corps. Mais en s'approchant de la muqueuse nasale elle perd ses poils, ses glandes sébacées, son tissu adipeux, ses muscles lisses et ses glandes sudoripares se modifient. Néanmoins on rencontre les parties fondamentales de la peau, c'est-à-dire, pour le derme : une couche profonde adhérente au périoste formée de fibres lamineuses, grosses, longues, onduleuses et entre-croisées avec un réseau de fibres élastiques; au-dessus se trouve la couche décrite dans la peau sous le nom de corps papillaire, remarquable par le nombre des prolongements coniques qui en partent et s'enfoncent

dans l'épithélium, portant chacun une anse vasculaire et quelquefois des terminaisons nerveuses. Cette couche est plus transparente que le derme proprement dit. Elle est formée par une substance amorphe d'aspect quelquefois fibrillaire, au milieu de laquelle se voient des noyaux ronds et des corps fusiformes. Au-dessus est un épithélium pavimenteux stratifié, offrant les trois couches caractéristiques de la peau avec des épaississements qui s'enfoncent dans l'intervalle des papilles. En somme c'est la peau. (Pl. II, fig. 6).

La transition entre la peau et la muqueuse se fait d'une manière brusque. Subitement les fibres lamineuses qui constituaient la partie profonde et résistante de la peau disparaissent, et la substance plus molle du corps papillaire s'épaissit et à elle seule elle forme tout le chorion de la muqueuse.

A cause de cet aspect particulier du chorion la différence avec le périoste en est encore plus marquée. Les papilles perdent dans la muqueuse leur aspect conique; elles sont plus étalées et leur sommet offre en quelque sorte un chapiteau.

L'épithélium n'est plus pavimenteux; la couche cornée a disparu, les couches profondes se sont allongées, c'est de l'épithélium cylindrique sur lequel existent des cils vibratiles. Au lieu de combler l'intervalle entre les papilles, l'épithélium tapisse des sortes de cavités, quelques-unes assez grandes pour être visibles à l'œil nu. C'est au fond de ces cavités que viennent s'ouvrir un, quelquefois deux canaux glandulaires. De même que dans la peau le peloton des glandes sudoripares est situé à la partie la plus profonde du derme, de même dans la muqueuse la partie sécrétante delà glande

est entre le périoste et le chorion. Mais les glandes sudoripares étaient des glandes en tube, tandis qu'ici nous rencontrons des glandes en grappes très-évidentes. Le tissu glandulaire forme des amas ovoïdes, de direction parallèle à la surface, encapsulés par une mince enveloppe formée de fibres lamineuses. Une différence que je crois utile de faire constater, c'est que dans la peau des narines le tissu élastique forme un réseau important, comme du reste dans toute la peau, tandis que dans la muqueuse ce réseau perd beaucoup de son importance. Les vaisseaux n'ont plus une disposition aussi régulière que dans la peau, mais ils sont plus nombreux et plus larges, fait qui met d'accord l'anatomie à l'œil nu et l'anatomie au microscope. Les nerfs sont rares dans cette portion de la muqueuse. Lorsque nous étudierons la muqueuse de la région olfactive, il en sera tout autrement, les nerfs formant à cet endroit un véritable tissu de troncs nerveux.

Au point où la muqueuse des fosses nasales se continue avec la peau, disparaissent les faisceaux de fibres musculaires lisses qui sont si abondants dans tous les points de la peau. On ne trouve dans la muqueuse nasale que quelques fibres musculaires lisses disséminées autour des orifices glandulaires. Il n'y a pas comme dans l'intestin une couche limitante musculaire lisse.

J'en arrive maintenant à l'examen plus particulier de-ces différentes parties que j'ai étudiées dans leurs rapports les unes avec les autres.

L'épithélium est formé de cellules à cils vibratiles. Ces cellules à cils vibratiles sont des corps allongés,

élargis à une extrémité, rétrécis à l'autre, présentant un noyau dans leur milieu. L'extrémité élargie est souvent très-transparente , comme vésiculeuse ; elle porte des cils vibratiles, sorte de petites tiges courtes ayant 2 dixièmes de millimètre, courbées, et étant toutes disposées parallèlement au nombre de six à douze par cellule. Il est facile de voir ces cils agités de mouvements lents alternativement dans un sens et dans l'autre. La courbure de ces cils regarde en général l'extérieur. Toutes ces cellules sont justaposées par leur partie plus large et alignées de façon que la couche de cils vibratiles est régulière. Par la partie profonde les prolongements fins divergent entre eux ; ils reçoivent des cellules de formes diverses, fusiformes ; et tout à fait en rapport avec la couche du chorion, existe un rang de noyaux ou de cellules encore moins développées, les dernières cellules servant à remplacer les premières.

La structure du chorion est facile à connaître. J'ai déjà signalé la substance amorphe qui en est la partie fondamentale. Pour bien appuyer sur l'importance de cette substance amorphe ,j e rappellerai qu'elle forme par son développement exagéré les polypes dits muqueux des fosses nasales, polypes mous et hj^'grométriques. A l'union de la couche épithéliale et du chorion, cette substance amorphe se voit seule et elle forme cette zone transparente de Tood et Bowman (basement membrane). Plus profondément paraissent des noyaux, des corps fusiformes dont la description n'a rien de spécial. (Voyez à leur sujet l'article « Lamineux », du professeur Ch. B^ohin, Dictionnaire encyclopédique desSciences médicales) ; les fibres élastiques sont très-fines ; les

vaisseaux capillaires sanguins et lymphatiques n'offrent rien de spécial. Les veines ont une très-riche enveloppe de fibres musculaires lisses.

Je n'ai rien à dire des nerfs qui sont des nerfs à myéline à double contour, à gaine de Schwann, fournis par le trijumeau.

Les glandes méritent par elles-mêmes une description particulière. M. le professeur Sappey, en 1853, a été le premier à donner des notions exactes sur elles. Dans son traité d'Anatomie descriptive, il a encore insisté sur la structure de ces glandes chez l'homme. Je me range tout à fait à son avis, et je puis affirmer qu'il n'existe en ce point de la muqueuse qu'une seule espèce de glandes et que les glandes de Bowman n'existent chez l'homme en aucun point de la muqueuse pituitaire. J'ai donné un dessin représentant la coupe heureuse d'une des glandes pitaitaires (Pl. II, fig. 6).

On voit un long canal excréteur, partant d'une des cryptes ou dépressions interpapillaires signalées plus haut, traversant obliquement le chorion muqueux et aboutissant à une glande en grappe divisée en plusieurs lobules. Il est facile de constater sur cette coupe l'existence d'acini, allongés, disposés irrégulièrement autour d'un canal collecteur. Au premier abord on voit les acini petits et obscurs, à côté d'autres tubes plus considérables et fermés de cellules transparentes ; aussi on est porté à croire qu'il existe deux ordres de glandes entre mêlées. Mais il n'en est rien, car on peut se rendre compte sur une préparation que la partie transparente n'est pas une glande particulière, qu'elle n'est que le conduit excréteur des acini;

Toutefois les parties de la glande sont formées d'une manière uniforme, par deux ordres d'éléments, une enveloppe amorphe et un contenu épithélial tapissant son intérieur. A son extrémité superficielle le canal excréteur mesure 0'°,07, il va en se rétrécissant, et l'orsqu'il est dans l'intérieur même de l'amas glandulaire il n'a plus que 0,02. Dans sa portion la plus large on remarque que l'épithélium qui le tapisse est un épithélium cylindrique, disposé d'une manière élégante comme les rayons d'une roue ; par une extrémité il touche à l'enveloppe amorphe et là se voient un noyau et aussi des cellules plus petites d'une forme irrégulière, triangulaire, en croissant, décrites par Gianuzi ; par son autre extrémité il circonscrit avec les cellules voisines un petit orifice. Lorsque le canal s'est rétréci, en arrivant aux acini, on y trouve des épithéliums plus petits, carrés, moins transparents. L'acinus lui-même, dont la forme est celle d'une gourde, est formé par les mêmes éléments. Des nerfs à myéline se distribuent dans la glande ; mais je ne les ai pas vus pénétrer dans les cellules épithéliales, comme Pflûger l'assure dans les glandes salivaires.

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