MUQUEUSE DE LA TACHE OLFACTIVE
On saitque cette muqueuse s'altère aveclaplusgrande rapidité ; à cause des règlements qui ne permettent de toucher aux cadavres que vingt-quatre heures après la mort, il est difficile de se procurer des muqueuses de l'homme en état suffisant de conservation. Mais grâce aux efforts de M. le professeur Robin, le laboratoire d'histologie de l'École pratique a pu obtenir
le corps d'un supplicié et c'est sur cette pituitaire mieux conservée que les autres qu'ont porté mes recherches dans l'homme. La muqueuse pituitaire présente à ce niveau un chorion, un épithélium, des nerfs, des glandes et des vaisseaux.
Le chorion est formé comme précédemment par une accumulation de noyaux et de corps fusiformes plongés au milieu d'une masse amorphe. Il n'existe pas de fibres lamineuses complètement développées, sinon, autour des nerfs, quelques-unes se confondant avec le périnèvre.
Les fibres élastiques sont aussi très-rares; elles y sont fines et onduleuses. La matière amorphe déborde et forme au point de contact avec l'épithélium une zone transparente sur laquelle Todd et Bowman ont insisté (basement membrane) et que M. Robin déclare la plus épaisse (0,02) des muqueuses.
L'épithélium qui recouvre ce chorion a une disposition et une forme qui ne se retrouvent pas dans les autres revêtements épithéliaux des muqueuses, et sur lequel l'attention a été attirée depuis les travaux de Max Schultze.
On consultera avec profit sur ce sujet les travaux des divers auteurs dont les indications suivent :
Mais les recherches de la plupart de ces auteurs n'ont porté que sur des animaux plus ou moins éloignés de l'homme et M. Schultze en particulier, Ecker Echardt, qui ont publié d'irréprochables travaux n'ont pas donné d'observations concluantes de la muqueuse de l'homme; voici le résultat de nos recherches: La couche épithéliale mesure une épaisseur appréciable à l'œil nu,de0™™,2. Elle est constituée par la juxtaposition Rémy. 3
d'un grand nombre de cellules allongées, entre les quelles se trouvent disséminées vers la partie profonde beaucoup de cellules plus petites, et môme de noyaux. Ces cellules isolées, sont de deux sortes ; les unes présentent leur extrémité libre élargie, transparente, vési' culeuse ; leur extrémité adhérente, effilée; à l'union de la partie élargie à la partie effilée se trouve un gros noyau. Les autres cellules offrent leur extrémité libre terminée par une pointe mousse, leur extrémité adhérente, très-mince ; un noyau existe à l'union des deux parties ; l'extrémité se confond avec une masse profonde de petites cellules et de noyaux. Il n'existait pas dans ce sujet, de cils vibratiles à la région olfactive.
Mais la partie importante de ma description est la suivante. J'ai vu des filaments, ayant le diamètre d'un cylindre axe, se ramifiant comme lui, sortir du chorion, traverser la membrane amorphe et se rendre dans cette couche épithéliale particulière. Ces filaments se perdent dans l'épithélium et d'un autre côté ils se perdent aussi dans le chorion sans qu'il m'ait été possible de découvrir leur union avec un tronc nerveux. Mais comme nous le verrons dans l'anatomie comparée, il y a les plus fortes présomptions pour affirmer la nature nerveuse de ces prolongements, car j'ai vu les nerfs du chien offrant des terminaisons analogues. La division de mon sujet m'empêche d'insister davantage ici sur ce point, mais le lecteur trouvera au chapitre d'anatomie comparée, pages 56 et 57, des preuves indicustables. Les nerfs qui se vont aboutir à cette portion de la muqueuse sont réunis en faisceauxvolumineux, mesurant 0,""",2 ; 0,3. Chaque faisceau est entouré d'une gaîne de périnèvre. Axel Key fait remarquer que
cette gaine de périnèvre est continue avec la dure-mère cérébrale. Les nerfs n'ont pas de gaine de myéline,
Partie superficielle du chorion, avec la basement membrane et la couche épithéliale de la muqueuse de la tache olfactive de l'homme.
1. Cellules isolées qui constituent par leur réunion le revêtement épithélial de la muqueuse.