CHAPITRE PREMIER
OSCILLATION VERTICALE DE CONVOLUTA SUR LA PLAGE EN CORRÉLATION AVEC LE MOU- VEMENT DE LA MER
Les Convolutæ roscoffenses Gr. occupent une partie de la plage où le sable fin est mélangé de gravier et semé de quelques galets et cailloux. On les y voit apparaître lorsque, la mer s'étant retirée, l’eau filtre à travers le sable et séjourne à sa surface ou s'écoule doucement. Elles se tiennent dans de petites traînées d’eau fuyante et surtout dans les flaques minuscules que les cailloux et galets retiennent ; le sable y est creusé de petites coupes où l’on baignerait à peine une phalange de doigt, et, dans l’eau dormante qui y est retenue, les Convolutes, accumulées, forment d’épaisses taches vert sombre.
La zone à Convolutes est découverte par le reflux de deux heures dix minutes à deux heures et demie après l’heure de la haute mer. Les premières C. y apparaissent, soit immédiatement après le retrait de la mer, soit un peu plus tard lorsqu'elles sont assurées que la mer est vraiment partie et ne les menace plus. L’intensité de la lumière et la douceur de la température provoquent une ascension plus rapide.
Ainsi, par une fin d'après-midi d’été tiède et ensoleillée, les premières C. sont apparues à la surface du sable deux heures dix minutes après l’heure de la pleine mer. Le lendemain, par un ciel couvert et un vent froid, elles n’ont commencé à paraître que deux heures vingl-cinq minutes après l’heure de la pleine mer.
En général, elles sont toutes étalées sur la grève trois heures après l’heure de la mer haute. Elles sont plus nombreuses et séjournent plus longtemps dans la seconde partie de la matinée et la première partie de l'après-midi que tout au début ou au déclin du jour, et lorsqu'il fait soleil que par un temps couvert, pluvieux, froid.
Le mer étant pleine à 4 h. 40 du soir, de 7 h. 30 à 8 heures je ne constate la présence d'aucune C. et cependant il reste encore une heure de jour, mais c’est une fin de jour obscure ; le ciel est couvert de nuages bas, le ventest violent et froid, l’eau tombe par instants. Le lendemain, même temps ; la pleine mer est à 5h. 5 du matin ; à 9 heures je ne trouve que de très rares C. ; les taches d’étalement sont très peu nombreuses,très peu étendues, et de nuance très pâle ; si même l’on ne regardait avec quelque attention, on ne soupçonnerait pas l'existence d’une zone à C. Plus tard, la pleine mer étant à 9 h. 19 du matin, je me rends sur la plage à 1 heure du soir : il y a relativement peu de C., mais elles sont beaucoup plus nombreuses que précédemment ; il fait en effet soleil avec un vent N.-E., violent et très froid. Enfin
to par un ciel clair et une température moyenne, toutes les Convolutes couvrent la plage trois heures après la haute mer, à 6 h. 20 du matin.
Si la montée des C. à la surface du sable est rapide, leur descente dans la profondeur est progressive et lente. Pendant le retrait de la mer, les C. quittent la surface du sable qui se dessèche. Elles ne demeurent visibles qu’autant qu'il leur reste assez d’eau pour éviter la dessiccation. Lorsque vient le flux, et un peu avant qu'il ne les atteigne, c’est-à-dire trois heures avant mer haute, elles ont presque toutes disparu, même lorsque l’assèchement du sable n’est pas complet; leur appétit de lumière est satisfait, et sans doute elles sont averties de l'approche du flot, soit par la propagation de l'humidité, soit par le choc continu des vagues qui retentit à travers la masse sableuse. Quelques-unes cependant attendent, pour disparaître, d’être touchées par le flot. Ces retardataires sont en petit nombre. J’ai observé deux petites taches vertes qui subsistaient encore aux dernières approches de la marée montante ; elles occupaient des endroits particulièrement abrités, de petits creux protégés par des galets et des cailloux. Leur épaisseur et leur étendue ont diminué visiblement dix minutes avant que le flot ne les touchât. Lorsque la mince nappe d’eau par laquelle la vague se termine après s'être brisée leur fut venue en contact, elles dispa rurent immédiatement dans la profondeur. Un autre
Jour, elles ne sont descendues qu'à la troisième