‹ La memoire d'un pere comedievaudeville en un acteChapitre 7 sur 21 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

t'ERDlNAND , HENRIETTE.

l'EnniNAND, royani Henriette qui entre.

Oli ! la jolie lournure !

nF.NniETTE, yoUée. C’est à M. Albert Vernier que j’ai riioimeur de parler.

i F.nDiNAND. Non , luaJemoiscrlle. ( A part. ) Cette voix ne m’est p.as inconnue.

IlExniETTE , ai'ec emiarras Pardon , monsieur, on m'avait dit... Une dame , delà connaissance de M. Vernier, et qui veut bien s’intéresser à moi... mais je me relire

FEitniWAD. Restez de grâce, mademoiselle , M. Albert ne tardera pas à revenir; trop lieurcnxdc vous faire un instant les honneurs de son cabinet. Veuillez vous asseoir ,je vous en prie.

(Il lut offre une thaise )

HESIRIETTE , s’asseyant. Je vous remercie , monsieur.

FEnOIAAsm, à par/ , sur le rlei’ant de la scène. Sont-ils heureux , ces diables d'avocats! cl moi qui les plaignais... Allons, allons, je vois que la chicane a aussi scs compensations.

ilRSlRIETTS , à port , après avoir relevé son voile. Comment M. Vernier va-t-il me recevoir?

FERDIAAKD , ù part. Elle est toute tremblante. (//on/)Il paraît... ^S'approchant.) Que vois-je! est-il possible... mademoiselle , c’est vous ! vous que je retrouve ici... Ah ! que je suis heureux !

UERRIETTE Monsieur....

FERDlsiAND. Mon langage vous étonne, je le vois.... car sans doute vous avez oublié déj.i notre précédente rencontr e , qu’en venant de Paris...

HENRIETTE. Non, monsieur.... je me souviendrai toujours que, forcée par ma triste position , de voyager seule , et en butte aux giossière.s paroles de personnes sans éducation , c’est à vous que je dus de poursuivre tranquillement ma route.

FERDINAXD. Eh bien! moi , mademoiselle , depuis ce jour , votre image n’a cessé d’occuper mou souvenir.

HENRIETTE. Je sais , monsieur , tout ce que je vous dois de reconnaissance.

FERDINAND. Tout autre à ma place...

HENRIETTE, l’interrompant. Mais je sais aussi qu’il n’est point généreux à vous de vous en prévaloir pour m’adresser ici des paroles que je ne puis.... que je ne dois pas entendre.

FERDINAND. Oh ? I 1 C craignez rien

si l’aveu de mou amour...

HENRIETTE. De grâce, monsieur, si vous lie voulez m’obliger à vous ccUer la place...

FERDINAND. Eli bien ! non , je ne vous en parlerai plus... mais au moins il me sera permis, mademoiselle, de vous demander à quoi je dois attribuer cette • heureuse rencontre? Auriez-vous par hasard quelque jirocès ?

HENRIETTE. Oui , monsieur...

FERDIN.NND. C’est coiiune moi, je plaide aussi. . Vous le voyez, nous ne soiniiies plus des étrangers î’un pour l’antre ; un malheur commun nous rassemble... Vous venez sans doute prendre les conseils de M. Vernier?

HENRIETTE. Oui , monsieur.

FERDINAND. Encore comme moi ; c’est délicieux... Et nous avons l’espoir de gagner notre cause ?

HENRIETTE. Hélas! je n'ose.

FERDINAND. Ah ! un instant ; ce n’est plus coiuine moi... mais peut-être vous vous alarmez à tort... Quels sont donc les barbares qui ne craignent pas de vous faire de la peine ?

HENRIETTE. Je ne leur en veux pas ; ils croient sans doute défendre leurs droits.

FERDINAND , s’échauffttnl. Ce sont des monstres... S’il ne fallait, pour vous donner gain de cause , que leur chercher querelle , les tuer... ou se faire tuer pour vous. . .

HENRIETTE, sounVmf. Ce iiioycn...

FERDINAND. Nc serait peut-être pas le plus sage , je le sais ; mais quand on n’en a pas d’autre à sa disposition... Pourquoi nc suis-je point avocat?... Au surplus ce qui me rassure , c’est qu’il y a une justice , c’est-à-dire... il y a des juges.. Ce n’est peut-être pas toiit-à-fait 1a même

cliose... mais votre cause est bonne

quand on est aussi jolie que vous , on ne peut pas avoir tort.

LA IléilOIKE

HENRIETTE. Que le ciel vous entende ?

FEnDiNAND. Vous n’avci qu'à vous muiitrcr pour terrasser vos adversaires ;

M9600e09e90900000008000MOM060000eOBQ9

Page 1