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Pour ne pas lasser mes lecteurs, je me contenterai d'ajouter qu'après avoir passé trois jours sans manger, et avoir subi d’humides et froides rosées pendant trois nuits, j’atteignis enfin le Fort Edward, où les soins que je reçus rendirent bientôt à mon corps sa vigueur ordinaire et à mon esprit, autant que cela se pouvait, le calme habituel. On computa que ces barbares avaient égorgé ou fait prisonniers 1500 personnes, pendant cette fatale journée. Plusieurs de ces derniers furent enlevés par les sauvages et ne reparurent jamais, Un petit nombre à la faveur d’heureux accidents, purent retourner dans leur patrie après avoir subi une longue et sévère captivité.
Le brave colonel Munro, peu après le commencement du tumulte se Data de se rendre
gu camp français, pour en obtenir le sauve-
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conduit promis par la capitulation: sa demande fut sans résultat: et il y demeura jusqu’à ce que le général Webb eut envoyé ti un détachement de troupes pour le demander pl et le protéger. Ces désastres, qui probable- DU ment n'aurait pas eu lieu si on l’ent laissé à lui-même et la mort de tant de braves gens massacrés de sang-froid, et dont le courage lui étaient si bien connu, produisirent un tel effet sur son esprit, qu'il ne survécut pas longtemps. Il mourut de chagrin trois mois après : en vérité, pouvait-on dire de lui qu’il était un honneur à sa patrie.
Je ne voudrais pas assurer que ce qui survint était comme un jugement du ciel et une expiation de ce massacre, mais je ne saurais taire le fait que bien peu des tribus sauvages qui y participèrent, revirent jamais leurs foyers. La petite vérole, que les Européens leur communiquèrent, fit parmi eux des ravages aussi affreux que ceux qu'ils avaient euxmêmes infligés. Le traitement qu’ils s’imposèrent pour vaincre les premiers symptômes de cette affreuse maladie, la rendit encore plus fatale. Dans les paroxismes de la fièvre, ils se plongèrent dans l'onde : aussi succombaient- n —" fi ils par centaines, Les survivants, objets hideux, +
| portèrent jusqu’au tombeau les marques de nu ce fléau.
M. de Montcalm tomba peu de temps après sur les plaines, près de Québec.
J'ai depuis obtenu des preuves réitérées que la cruauté sans motif de ce commandant
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Je n’en mentionnerai qu’un exemple fourni par une personne témoin du fait. Un négociant canadien, assez considéré, ayant appris la reddition du fort anglais, célébra l’événement par de grandes réjouissances et par des banquets, comme c’est la coutume du pays.
Mais dès que la nouvelle du massacre lui par-
vint, il fit cesser les fêtes et se répandit en
censures amères contre la permission inhumaine qui avait été accordée, déclarant que ceux qui y avaient connivé avaient attiré sur cette partie des domaines du roi, la vengeance céleste, ajoutant qu'il craignait fort que la perte du pays ne s'ensuivit. Avec quelle exactitude cette prédiction s’est accomplie, nous le savons tous. ”
Tel est le texte d’une des principales pièces sur laquelle les historiens anglais et amégicains se fondent pour dénigrer la mémoire du chevaleresque rival de Wolfe. Pour avoir les deux côtés de ce qui se passa à la mémorable capitulation du Fort George, il faut lire la lettre du missionnaire abénaquis, le collègue de l’abbé Picquet, qui accompagna l’armée française : j'ose, croire, monsieur le rédacteur, que vous trouverez place dans vos colonnes, pour cette magnifique lettre qui fait