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chi au calme avec lequel je réglai toutes mes démarches, j'ai été bien des fois étonné. Ma force et ma jeunesse me permirent d’en culbuter quelques-uns et j’évitai avee adresse les lances d’autres assaillants. Enfin ‘deux chefs herculéens des tribus les plus barbares à en juger par leur costume, me saisirent par chaque bras et se mirent à me pousser à travers Ja foule ; à leur force réunie, je ne pus résister.
Je me résignai alors à mon sort, convaincu que j'allais être égorgé et qu’ensuite ils avaleraïent mon sang, car je me voyais entfainé à l'écart vers un marais à quelque distance.
Mais avant que nous eussions fit quelques pas, un gentilhomme anglais de distinction, à en juger par les seule vêtement qu'on lui avait laissés, sa culotte, qui était d’un velours écarlate fin, passa en courant près de nous.
Un des sauvages me lächa de suite et se mettant à la poursuite du gentilhomme, s'efforça de le saisir, mais l'atigiais étant plein de vigueur, le terrassa et eu pu probablement s'évader, si l’autre sauvage qui me tenait par le bras, ne m’eut laissé pour lui porter secours. J’utilisai l’occasion pour fuir et pour rejoindre un détachement de troupes anglaises, posté à quelque distanee et non encore entamé ; mais avant que je me fusse beaucoup éloigné, je jettai les yeux à la hâte vers le gentilhomme, mon compatriote et je vis le sauvage lui enfoncer son casse-tête dans le dos ; puis je Pentendis rendre l’âme, ceci ajouta à mon désespoir et à la célérité de mes mouvements.
Je n'avais quitté que quelqnes moments cette scène lamentable, lorsqu'un joli petit garçon d’à peu près douze ans, qui jusqu’alors avait réussi à se sauver, s’approcha de moi ot me pria de lui permettre de se tenir avec moi, afin de pouvoir échapper aux barbares. Je lui dis que je ferais tout en mon pouvoir pour l'aider et je lui enjoignis de me prendre par la main ; mais au bout de quelques instants, on l’arracha à mes côtés et par ses cris, je jugeai qu’il expira promptement. Je ne pus m'empêcher d’oublier pendant un instant mes propres malheurs, pour déplorer le sort d’une si jeune victime, mais eomment aurais-je pu l'empêcher {
J’arrivai une fois de plus ‘au milieu d'amis, mais nous ne pouvions nous aider les uns les autres; comme c'était là le détachement qui s'était avancé le plus loin du fort, je crus qu’une chance (une seule peut-être) me restait de pénétrer à travers les rangs extérieurs des sauvages et d'atteindre «n boïs, que je voyais dans le lointain. La manière miraculeuse dont
j'avais échappé au trépas me laissait encore
quelqu’espoir.
Mes anticipations ne furent pas vaines, et les efforts que je fis ne furent pas sans résultat. Il suffit de dire que j’atteignis le boïs : maisen
entrant, je me trouvai tellement hors d’halaine, que je me jetai dans un buisson et y demeurai presque sacs vie. Enfin le souffle me revint, et mon ancien effroi me saisit comme de plus bel, à la vue de plusieurs sauvages
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