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CHAPITRE VI

Les mémoires prodigieuses ou extraordinaires (têtes bien faites et têtes bien pleines).

Deux: sortes de mémoires extraordinaires : les mémoires brutes et les mémoires urgnriis/es.

I. La mémoire spéciale <ie lidioi, forme extrême de la mémoire brute, enregisîremenl anlMinatiijue de tous les faits perçus et réapparition de ces faits dans l'ordre où ils se sont produits. — Autres forLues d<' la mémoire brute ou mémoire « physiologique » : la mémoire de l'ériidit, la mémoire verbale, la mémoire visuelle. Kxeniples. Les mémoires brutes extraordinaires sont spéciales, chacune en son genre, mais sont toutes sensibles et concrètes, ol dt^ plus globales : elles se conservent et se. reproduisent intégralement.

II. Les mémoires merveilleuses par l'orjjanisation des connaissances acquises. Leurs conditions : l'abstraction, la classification, l'attention éieclrve. La science, la p/iilosopliie considérées comme systèmes mnémotechnicjues. — La mémoire prodigieuse des philosophes : Leibniz, Auguste Comte.

La mémoire idéale est celle qui joint au don de retentivité naturelle l'art et la puissance de l'organisation systématique.

Il n'est pas de question plus mal posée, comportant des informations moins sûres, partant plus difficiles à résoudre, que celle des mémoires extraordinaires.

D'abord on ne peut dire, môme à peu près, quel

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€st le niveau normande la mémoire. Ce niveau essentiellement variable d'un individu à Taul comme le remarque Ribot, « il n*y a pas de C( mune mesure : Tamnésie de l'un peut être Thy] mnésie de l'autre ». Bien plus, nul ne sait quelle la puissance naturelle de la mémoire en chacx Cette faculté en effet s'atrophie faute d'exercice ; regarde comme merveilleuse chez un autre ~m-^ mémoire qu'il n'eût tenu qu'à lui de se doniTM. mais qu'il n'a pas été mis dans la nécessité et c[ s'est épargné la peine d'acquérir. S'il y a, exemple, des Juifs pouvant redire de mémoire partir d'un mot donné, tout le Talmud, qui fornx lui seul une bibliothèque, ces Juifs sont à coup t des phénomènes à notre époque ; mais, avant l * i n^ vention de l'imprimerie, surtout avant celle ^^ l'écriture, un tel effort de mémoire n'eût pas pSLJru prodigieux ; les rapsodes, les druides réalisaient, <^^ pareils tours de force et de nos jours les comédi ^ *s les renouvellent. On confiait des livres entiers à ^* mémoire, quand les livres étaient rares et coûte i^* ^y comme aux xiii'' et xiv* siècles; aujourd'hui il pax*-^^* extraordinaire de rencontrer des hommes sacb.^ *^ V Enéide par cœur. Nous ne pouvons mesurer ^® préjudice causé à la mémoire naturelle par Vvlssl^S^, des livres imprimés, l'habitude derécriture,rempl ^^^ du crayon ou du stylo pour prendre des notes, d'uC^ ^ façon générale, par tous les artifices qui ne vienner^^ pas seulement en aide à la mémoire, mais dispeœ sent d'en user. Même nous ne saurions plus du toui ce qu'on peut exiger de la mémoire et ce qu'on est en droit d'en attendre, si des cas exceptionnels,

1. W. \V. Atkiiison, le Secret de la mémoire^ p. 29, Paris, Richonnier.

s MÉMOIRES PRODIGIEUSES OU EXTRAORDINAIRES 165

mine ceux de certaines mémoires professionnelle^, venaient nous avertir des ressources latentes de 'te faculté sans emploi.

Ve connaissant pas la portée naturelle de la ïmoire, nous ne pouvons donc pas dire à quel ornent elle sort de l'ordinaire. Mais de plus les Is qu'on en rapporte sont si étranges et Timposilité où Ton est de démêler le vrai et le faux qui trouvent est telle que Ton peut toujours croire *au merveilleux réel s'ajoute celui de la légende de rimposture.

Snfîn il faut distinguer entre les mémoires ou, si a admet que la mémoire est une, il faut reconttre que ce qu'elle gagne d'un côté, elle le perd ivent de l'autre ; le développement de la mémoire tis un sens est compensé par sa faiblesse et ses :unes dans les autres, et ainsi l'extraordinaire, ou disproportion, s'évanouit.

3n peut prendre aussi une forme de mémoire ^r une autre, par exemple la mémoire immédiate Jrla mémoire proprement dite, la mémoire lempore pour la mémoire w à toujours » (xTf,aa elç iec) et ^T extraordinaire, comme il le serait en effet, chez ^e, ce qui est commun et normal chez l'autre ^ 'ïais, prenant notre parti de ces complications et

Cf. Bain, les Sens et V Intelligence^ 2« partie, chap. !, - « Il y a une adhésivité temporaire qui se distingue de ^ qui persiste... La persistance de la première impression, "S que l'esprit en est complètement absorbé, ne nous ^ntit pas que nous la rétiendrons jusqu'au mois prochain. » ^- Binet remarque de même que le calculateur Diamandi ^^ apprendre des chiirres « de deux manières : ou bien il en t^rend beaucoup, mais sans être capable de les retenir ^glemps; ou bien il en apprend moins, mais de manière à s i^etenir longtemps. Ce sont pour lui deux modes différents 8 Ifi mémoire ». (Psychologie des grands calculateurs et des o^mrs d'échecs, p. 126, Paris, Hachette.)

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difficultés, ne prétendant point d'ailleurs à larigui scientifique dans un sujet qui l'exclut, nous élimi rons d'abord les mémoires, dites extraordinaii qui sont telles en apparence plus qu'en réalité, p nous chercherons si celles qui restent, les mémoi extraordinaires proprement dites, ne se laissent elles-mêmes ramener à deux types : les mémoi brutes et les mémoires organisées et si, ainsi ei sagées, elles ne deviennent pas plus explicab plus aisées à comprendre ou du moins à concev autrement dit, si leur caractère remarquable 1 étant laissé, leur énormité ne rentre pas dan!= norme.

Partons des mémoires extraordinaires les | humbles, les moins enviables, celles des idiots, qui frappe d'abord en elles, c'est leur spécis étroite, bornée, plus encore inexplicable, biza. que rien ne motive ni ne justifie. La mémoire idiots vient en tête des mémoires spéciales. Ella la plus imparfaite de toutes. Je rappelle que le idiot vient d'un mot grec qui signifie : à part, L'i» est en tout un être àpart : il a sa mémoire à Ceux (jui se donnent une mémoire spéciale (pro sionnelle par exemple), le font par nécessité, choix, toujours à dessein, jamais sans raison. L'id lui, ne choisit pas sa mémoire, il ne la reçoit non plus de l'éducation: il la subiJ comme une for on une loi fatalo de son es|)ril. Il retient te choses, non telles autres; il (Miriîjxislre ce qu'il aucun besoin de savoir, mais ce qu'il lui plaît savoir, sans qu'on sache |)Onrqu()i.

Sa mémoire sera donc très développée, vrairr

us MÉMOIRES PROni(;iE( SKS OU EXTRAORDirt.VIRES 167

extraordinaire sur un point spécial, mais faible ou nulle sur les autres points. C'est Tinutilité et la bêtise des souvenirs plus encore que leur super- ^ fluité et leur abondance que nous devons noter chez Ibî. Ainsi il aura « la mémoire des chiffres, des dates, des noms propres, des mots en général », disons : la mémoire des signes, sans celle des choses signifiées. Il sera incapable de faire le calcul le plus élémentaire, mais il récitera sans broncher toute la table ^e multiplication. Il lira une page imprimée dans une langue qu'il ne connaît pas, ou traitant de questions qu'il ignore, et il pourra épeler. de mémoire I tous les mots qui s'y trouvent. Il aura beaucoup de peine à apprendre à lire, mais il retiendra avec une facilité merveilleuse l'ordre dans lequel les mots et ^^s lettres se succèdent*.

Sa mémoire est extraordinaire par la quantité des

<^étails oiseux, par le fatras dont elle s'encombre. Il

/*y a que lui pour retenir ce qui ne sert à rien. « Un

''ubécile se rappelait le jour de chaque enterrement

'*'t dans une paroisse, depuis trente-cinq ans. Il

Pouvait répéter, avec une invariable exactitude, le

^^tr\ et l'âge des décédés, ainsi que les gens qui

^^iitluîsaient le deuil. En dehors de ce i^egistre mor-

^^îrc, il n'avait pas uneidée^ il ne pouvait répondre

'^ ^<2 moindre question et n'était pas même capable de

^^ '^^ourrir^. » Si ce fait est bien observé, si les traits

ï^^ je souligne et qui frisent l'invraisemblance,

*^^^t matériellement exacts, on voit combien, dans

^*^ ordre d'idées très spécial, une tôle faible peut

^■^*^ magasiner de souvenirs qui n'entreraient jamais

^^ïis une tête saine.

"* . D'après Ribot, Maladies de la Mémoire, p. lOi. ^ . Ribot, ouvrage ciié^ ibid.

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A la réflexion cependant, la mémoire de Tidi n'est rien moins que remarquable. Supposons q^ toutes les idées qu'elle loge fussent dignes d'intér^ la quantité enregistrée cesserait alors de paraît exorbitante; chacun de nous a un magasin d'id.« pratiques et raisonnables au moins aussi bien ga,r" Songeons en effet qu'en dehors des idées inutiles niaises, qu'il en a si grande abondance, TidioL pas une idée ; chez lui « l'affaiblissement généra^ I la mémoire coïncide avec l'évolution et m^^ l'hypertrophie d'une mémoire particulière » (Ri La seule supériorité qu'on pourrait être tenté tribuer à sa mémoire sur celle de l'homme s ^ celle de la quantité de faits qu'elle peut conte > doit lui être ôtée; car si, sans se laisser imp::*^ sionner par l'abondance des souvenirs « particulie ^ de l'imbécile, on fait la somme de tous ses so nirs sans exception et celle de tous les souvei également du plus médiocre des hommes du comm on trouvera que la première est à peine équival à la seconde.

Mais c'est la qualité ou plutôt la forme de mémoire des idiots qui est digne de remarque. C mémoire réalise le type achevé ou complet de que j'ai appelé la mémoire brute. Elle est pure sans mélange d'entendement, c'est-à-dire de ju^ ment et de raisonnement. Elle est simple associât i d'idées. L'idiot peut assembler des connaissanc:^ il ne peut ni les démêler ni les combiner; il p^ donc aussi réunir des souvenirs, mais il ne peut les organiser ni les classer. Sa mémoire est un bl^ dont il lui est impossible de détacher une parti elle est imposante par sa masse; elle fait impressi < ot illusion, parce qu'elle se meut tout d'une pièc^ elle parait étendue et puissante, parce qu'elle doni-

lOIRES PRODIGIEUSES UL EXTRAORDINAIRES 169

ière à la fois. Mais elle manque de souplesse, littérale ; elle reproduit les faits tels quels, ir totalité et dans leur ordre ; elle est incae faire entre eux un choix; elle les défile long comme un chapelet ; elle est incapable transposer, elle en respecte Tarrangement; donc fidèle, mais encombrante. C'est ce qui inutilisable; elle n'est pas un instrument de sance, elle est la connaissance même, où 'enferme et d'où il ne peut sortir. Son caracentiel est d'enregistrer passivement un petit

réalité, une humble tranche de vie, prise rd ou arbitrairement découpée, sans pouvoir er ni l'interpréter; son caractère extérieur et if, son critérium est de reproduire sans ment l'ordre temporel et spatial des faits lement rapportés. Par une sorte d'équilibre, ablit entre les fonctions mentales aussi bien e les fonctions organiques, la mémoire brute irelle est d'autant plus active, a d'autant plus que le jugement ne s'exerce pas sur elle, ne e pas. On peut admettre jusqu'à un certain hypertrophie de la mémoire chez l'imbécile,

conséquence chez lui de l'atrophie du juge-

e façon générale, tout n'est peut-être pas ans l'opinion commune, d'après laquelle la re s'opposerait au jugement. Gomment croire, ces deux facultés existent si souvent l'une lutre, ou que l'une se montre aussi développée utre est rudimentaire et faible, que ce ne soit me rencontre, qu'il n'y ait pas une raison?

t que la critique paralyse la faculté poétique atrice, l'invention ; pourquoi ne paralyseraits aussi la mémoire? Telle mémoire abondante

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ii'<îsl-ell»' |),'is iiiir m(''nioir(' (jiii se laisse alh^. isuit, son cours naturel . se irrise do sa force et do^ loppe toute sa puissance? Une mémoire qui jugerait, se jugerait souvent importune, oiseu^ déplacée, et se contiendrait par là même. En fait, développement de la mémoire est trop souvent joii pour ne pas paraître lié, à Tabsence de réfïexioi l'enfant, le sauvage ont, comme Tidiot, un cervede cire qui reçoit et garde toutes les impressions-, compris celles qui n*ont et ne peuvent avoir au ci intérêt. On cite le cas d'un sauvage capable dé recii mot pour mot le sermon d'un missionnaire cju venait d'entendre. On sait la mémoire complaisais de l'enfant pour les cris, les gestes, les mots, 1 phrases, les chiffres, etc. Rien de plus universel de plus vaste, en un sens, qu'une mémoire sans cl* cernement. Vienne Tâge de raison, la mémoiro surveille, et partant se restreint. Bien plus, ello perd au moins en partie, par cela seul qu'elle s'abandonne plus à sa fougue naturelle, qu'elle ^ ya plus jusqu'au bout de son élan. Ne nous éto nous donc pas de la mémoire extraordinaire * l'enfant, du sauvage : la faculté de tout ret^*^ répond au besoin de tout savoir, fait lui-même * candeur, d'im[)ressionnabilité naïve et de fraîche" d'âme.

La mémoire des esprits jeunes, pour éblouissafl ^ qu'elle soit, paraîtra moins admirable encore, ^ l'on songe combien elle est superficielle en eux ^ s'allie aisément à la légèreté et à l'insouciance Quand nous ne faisons pas de nos souvenirs ]0 matière de nos réflexions, que nous ne les pensons pas, ou que nous ne pensons pas à leur occasion, quand nous les laissons simplement aller et venir, au hasard des associations, il va de soi qu'ils se

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déroulent alors d'un cours tumultueux et rapide, qu'ils doivent nous paraître singulièrement abondants, et le sont en effet. 11 conviendrait donc, pour se souvenir, de ne point s'embarrasser de penser. C'est ce que font si bien, et avec profit, ces érudits qu'on a spirituellement appelés heatos memorin exspectantes judicium. En simplifiant l'effort de mémoire, il n'y a pas de doute qu'on ne le rende en un sens plus efficace ; en allégeant la science, en la réduisant à n'être qu'un catalogue de faits, qu'un recueil de mots et de formules, il est certain (iii'oii la rend plus accessible à tous et, pour certains, plus aisée d retenir.

Si même, faisant abstraction de sa valeur, comme moyen d'instruction, nous considérons le « bour- '^ge » ou « chauffage »> (cmnnning)^ comme simple ^oyen mnémotechnique, nous dirons que ce système s* décrié, qui consiste à enregistrer tout, sans s assimiler rien, à ingérer les connaissances sans les d'gérer, à les entasser sans les classer, n'est point l^ors de saison^ quand on a uniquement en vue une ^Qiiisition rapide, aisée, sur la solidité de laquelle ^^ ne s'abuse point, qu'on sait éphémère et qu'on accepte comme telle. En fait, le bourrage atteint ^Jj^^ but, qui n'est que de se tirer d'alTaire un jour ^ examen et c'est pourquoi on y recourra toujours. ^^ niémoire pure, sans mélange de ])ensée, ou mémoire brute, n'est donc {)as prati(iueinent sans ^l'^ploi ni même sans avantages propres. L'écolier "^ ^st pas seul à y recourir; tous ceux qui s'ac(iuilteul ^^ besognes hâtives et plus ou moins bâclées, en ^sent sans vergogne- : journalistes, avocats, conférenciers, improvisateurs en général *. Uiiî^^d on

1- L'avocat, dit Binet, « s'assimile avec rapidité, pour une affaire, des détails techniques »^t ne se souvient de rien après

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applique toute son attention à retenir des faits> des mots, sans se mettre en peine de les comprend on ne peut manquer d'y réussir mieux, c'est-à-^ plus vite, que lorsqu'on creuse et approfondit choses. La loi de la division du travail intellec i serait en défaut, s'il en était autrement. Une hi reuse mémoire peut donc être la rançon de la blesse du jugement, de l'absence de réflexion l'on tient pour heureuse une mémoire facile, d^ leurs éphémère, aussi vite perdue qu'acquise.

Poussons jusqu'à la limite le manque de réflex: ou d'attention; arrivons à cet état qu'on app^ r « absence »; il semble qu'il n'y ait plus al aucune place pour la mémoire, même réduite l'enregistrement des impressions. C'est une errei nous avons alors la « mémoire physiologique pure, dont les ressources semblent infinies et d^ on rapporte des efi'ots prodigieux. Les plus bea cas d'hypermnésie sont ceux qui se produisent d£: le délire causé par la fièvre cérébrale : on voit aU surgir des souvenirs qui n'auraient, à ce qi semble, jamais dû se former, se rapportant ai circonstances les moins dignes de remarque et, fait, les moins remarquées. Témoin cet enfant, ay^ subi, à quatre ans, l'opération du trépan, qui^ quinze, « pris d'un délire fébrile, décrivit à sa m^ l'opération, les gens qui y assistaient, leur toile et autres petits détails avec une grande exactituc Jusque-là il n'en avait jamais parlé et il n'av-

les plaidoiries », ouvrage cité, p. 273. Binet propose d*app& mémoire des sensations, cette mémoire « qui présente caractère transitoire », parce qu'elle est sans point d'attacl sans lien avec l'ensemble des connaissances ou acquisitio de l'esprit, et l'oppose à la mémoire des idées, celle-ci ref sant sur « l'enchaînement logique des idées, sur le raisoni; ment et la classification des souvenirs ».

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