I. — La mnémotechnie entendae comme l'hygiène
de la mémoire.
Notre conception de la mnémotechnie est allée se rétrécissant comme la Peau de chagrin de Balzac : nous sommes partis de l'idée que la mnémotechnie serait à la fois Tart d'oublier et celui de se souvenir, puis serait seulement l'art de se souvenir, enfin que Tart de se souvenir, d'abord conçu comme Tart d'apprendre, de retenir et de se rappeler, se réduirait lui-même à Fart de se rappeler. Il semble que nous soyons arrivé au terme de cette limitation progressive du problème mnémotechnique. Nous pouvons cependant aller plus loin encore et supposer qu'il n'y a pas d'art mnémotechnique du tout, en ce sens que l'homme n'aurait sur sa mémoire aucune action. Je dis que, dans ce cas, la mnémotechnie ne mourrait pas encore, que, comme le phénix, elle renaîtrait de ses cendres, et s'appellerait rhygiène de la mémoire.
• En fait, aucun de ceux qui ont écrit sur la culture de la mémoire n'a manqué à prescrire des règles d'hygiène : M. Art conseille d'étudier à jeun ou la digestion faite, de pratique!* les jeux de plein air, les exercices de respiration, etc. A qui suivra ces règles il promet une bonne mémoire, conséquence d'une bonne santé. « La mémoire par la santé, la santé par la mémoire », c'est ainsi qu'il intitule un chapitre de son livre.
Les poisons de l'intelligence (opium, alcool, tabac, etc.) sont aussi des poisons de la mémoire. Le tabac a été particulièrement incriminé^. Son