I. M. Lxt.ANDE. Oj). cil., [». 'ISlJ
L’auleur s’efforce d’expliquer le phénomène, il rejette tout d’abord l’hypothèse quelcpie peu puérile d’une vie antérieure que nous revivrions; il écarte l’explication de Wigax et de Maudsley lesquels veulent que le phénomène résidte d’un fonctionnement simultané des deux hémisphères cérébraux qui suivant eux travailleraient d’ordinaire alternativement ; M. Lalande manifeste à l’égard des explications phvsiologiques des phénomènes conscients un certain dédain. 11 avoue que neuf fois sur dix nous n'avons pas la plus légère idée de ce que peut être « la danse des cellules » il trouve que les constructions de mécanique et de chimie cérébrales prouvent beaucoup d’imagination et moins de méthode; il estime enfin que ce qui est psychologique doit s'expliquer par la psychologie. Nous n’avons rien à objecter à cette dernière conclusion ; mais de quelle psvchologie s’agit il i* M. Lalande considère comme plus acceptable la théorie d’Ax.iEL ; d’après cet auteur : « 11 peut se faire fpie la sensation et la percejition, d'ordinaire si voisines l’une de l’autre qu'on ne peut les distinguer, se trouvent séparées par un la|)s de tenqis plus considérable f|ue de coutume. L’cs])ril, pour une raison quelconque, n’aurait pas localisé et organisé ses sensations quand elles se produisent; et ])ar consé- (pienl lorsqu’il achève eulin ce travail, le résidtal lui en paraît déjà connu et produit l'illusion’. »
(’a'|)endant le sinqile relard île la iierception ne délenuine pas l’ajiparilion de la paranmésie. L'autour a oh.servé l’elVet du riiard sur lui-mèiue et sur d'autres.
). M. I.Ai.,\NDi:. Op. c/L,]). '|()L
IDENTIFICATION ET EOCAEISATION
Peut-être faut-il expliquer les paramnésies par une distraction d’un dixième de seconde pendant laquelle nos pensées sont ailleurs. Cet hiatus, qui se produit dans nos sensations et perceptions quand nous regardons un paysage, par exemple, |)rodnirait l’illusion de déjà vu au moment où nous achevons sim|)lcment de voir.
Mais, dit M. Lal.vnde, il faut ([uelque chose de plus; les explications qui précèdent ne rendent pas compte de la prévision dans le tenqis. 11 faut, d’a[)rès l’auteur, avoir recours à la télépathie pour expliipier ce caractère des paramnésies. Les sens du sujet étant au moment du j)hénomène fortement hyperesthésiés, sans qu’il en ait conscience, il perçoit des modiücations qu’il ne pourrait saisir à l'état normal. C’est ainsi que, d’après l’auteur, on [)ent percevoir la [larole intérieure de son interlocntenr avant ([ue celuici ait parlé en réalité; quand il exprime sa [)arole intérieure, nous percevons [)Our la deuxième fois sous forme normale ce que nos sens hyperesthésiés ont perçu d’abord de façon anormale.
Dans une note qui parut dans la même revue' le mois suivant, .M. IJolhdon ciiliipie les conclusions de M. Lae.vnde. Il est iiiqiossihie d’admettre, dit-il en substance, que la paramnésie soit la reconnaissance de [)ercej)tions nouvelles et surloul absolument nouvelles. Ln adulte et même un enfant percevant un spectacle, une [)hrasc, une lecture, doit latalenient retrouver dans ces combinaisons nouvelles des éléments connus et même archiconnus. La télé[)athie