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I. Revue philosophique, déccmbrfî i8q

n’explique rien, pour la raison qu’elle est elle-même inexpliquée pour ne pas dire inexplicable. Certains faits de fausse reconnaissance, expérimentalement constatés et se reproduisant dans des conditions bien déterminées, peuvent faire soupçonner la cause des paramnésies. Ainsi quand on prononce devant un sujet une série de mots en ayant soin de répéter l'un d’entre eux, et que l’on demande ensuite au sujet de dire lequel des mots prononcés l'a été deux fois, il arrivera fréquemment, surtout si les deux mots identiques sont placés, l’un au commencement de la série, l’autre vers la fin; il arrivera fréquemment, disje, que le sujet ne saura jias reconnaître le mot réellement répété, mais désignera comme ayant été prononcé deux fois un lest qui ne l'a été qu'une seule fois.

Exemple : Série : Pierre, chien, meuble, maison, pierre, arbre ; le sujet reconnaîtra le mol arbre et non le mol pierre.

ün peut faire des expériences analogues à la précédente, mais en choisissant comme lests des lettres au lieu de mots.

L’auteur est arrivé aux couclusions suivantes :

i" Dans certains cas on reconnaît non des mots (Ml deslelires identiipies, mais simplement semblables aux mois et aux lettres à reconnaître i el j. f et v. bruit et bref, rniuje et rond, am/'et heure.

2" On Iroiive, comme nous le disions jilus baul, dos cas de fausse rec(Mmaissaiu'e, de paranmésie bien nelle; le sujet reconnaît des lettres el des mots qui n’appaiaisseni (ju'une fois dans la série.

En voici desexem|)les : i et p. ,v et m. o et d. ceuf et jtont, rose et ehène. papier et rietoire.

IDENTIFICATION ET EOC VEISATION

L’auteur conclut excellemmeul : « Il est d’ailleurs faux que la reconnaissance iinplif[ue nécessairement double représentation; l’expérience contredit à ce sujet les argumentations des logiciens. La reconnaissance est une sorte de sealuneuL qui s’associe intimement au phénomène reconnu, plutôt ([u’mi jugement, qu’une comparaison de deux re|)réscntations. b)

D’après M. Bourdon, la fausse reconnaissance dépend essentiellement de deux conditions :

a) On croit reconnaître une perception, une phrase, un mot qui sont seulement semhlahles, parfois très peu semhlahles à d'antres perce[)tions, phrases ou mots que l’on a elTectivement gardés dans la mémoire.

/») On a une tendance à considérer comme déjà vu ce qui intéresse particulièrement, ce qui, [)our des raisons que nous n’expliquons pas, peut-être par suite d’un état d’esprit ou d’une disposition organique particulière, est aperçu plus nettement ipie le reste.

« Cette confusion de l’attention, de la force, de la rapidité d’aperce[)tion avec la reconnaissance, qui peut à [iremière vue paraître un |)liénomène extraordinaire, se comprend [KHirtant assez facilement si au lieu de considérer l’état psychologique confus par lequel nous sentons que nous reconnaissons, nous considérons celui par lequel nous sentons ipie nous connaissons.

Des expériences permettent d’établir ipie ce (|ui est connu est dans beaucoup de cas [>lus rapidement, plus profondément aperçu que ce (pii ne l’est [las ou

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