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IDLMll lCATlO.N li I I.OGA USATION 289
[)articulicf de ceux de MM. Lalande, Bourdon et Du- GAS, qu’il existe une parainnésie fausse et une paraninésie vraie, ou si l’on veut que la paramncsie se ju’ésente sous deux formes: coercible et incoercible. La première forme doit être fort commune, c’est l’illusion du déjà vu : \e sentiment que nous avons déjà été impressionnés autrefois comme nous le sommes aujourd'bui; le sujet sait qu’il se tronq)e. Cette fausse paramnésie peut, semble-t-il, s’expliquer le plus naturellement du monde [)ar la théorie que propose M. Bourdon; parvenus à un certain âge, nous ne percevons plus rien pour la première fois ; les stimulations qui impressionnent nos organes sont des combinaisons plus ou moins nouvelles d’éléments connus. Toute représentation qui reparaît pour la deuvième, la dixième ou la centième fois, a un caractère particulier, se forme et s’éclaire avec une rapidité et un moindre ell'ort sensible de l’attention. .Mais toute représentation est un complexus; deux complexus semblables ont une partie commune ; si celleci est im[)ortante, rien d’élonnant cpie le tout semble apparaître avec la même facilité f|uc la partie commune.
Quant flux ])aramnésics vraies, elles sont, me |>araîlil, bien ex[)lifpiées j)ar un commencement de dédoublement. Entendons-nous sur la valeur du terme. Chez le dédoublé couq)let , le cbanq) de la conscience est coiq)é en deux ])arlies distinctes; il n’y a |)lus de relations fonctionnelles entre deux zones de l’écorce ; mais il existe des cas de dédoublement dns uni(|uemenl à une distraction |)assagère. M. Pierre .Ianeien cite divers exemples: (Jn met dans la main d'un
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LA mÉmOIKE
sujet un crayon, on interpose un écran; un papier est disposé à portée de la main ; alors, pendant que le sujet continue une conversation avec un tiers, on s’approche de lui et tout bas on lui murmure : écrivez la date de votre naissance, etc., etc., le sujet fait automatiquement ce qu’on lui suggère, ignore qu’il le fait, et n’a aucun souvenir d’avoir écrit quoi que ce soit. Voilà un cas de dédoublement relativement simple. Entre ce degré inférieur de dédoublement et la distraction, y a-t-il un pas?
L’bomme distrait ou absorbé, cela revient au même, est celui qui fixe son attention sur une image et la détourne de toutes les autres; dans le champ de la conscience, un seul point demeure éclairé, tout le reste est dans l’ombre ou dans la pénombre. Or, nous avons vu que ce qui nous fait reconnaître vine représentation qui réapparaît, c'est la ditTérence qui existe entre celle-ci et les autres qui apparaissent pour la première fois. Mais dans le champ de la conscience du distrait ou du préoccupé, toutes les images, sauf une, sont dans l’oiulire ; les jioints de comparaison font défaut entre rimmense majorité des nouvelles et une seule nouvelle ])articulièrement intense; cette dernière aura le caractère du souvenir.
Les cas de paramnésie observés par les médecins sont relativement rares. Cejiendant la paramnésie doit être frécpiente chez les aliénés, et notamment se présenter souvent dans la folie du doute. La paramnésie observée |)ar M. le Toi i.olsi; ' chez M. Zol.v
I. ^t. Toih.ol’si:, Kniitfi Zota, ciuivièlc iiuVlico ]>s\ctiologiquc. l’uri.s. if'jid. Socirlc ti titiiliuii .scic/ili/iijiir. kjj.
IDENTIFIC.VTION ET LOGAEISATION
semble appartenir au premier groupe, être une pseudo-paramnésie. « C’est ainsi que M. Zola est poursuivi par deux ou trois paysages qu’il croit souvent retrouver dans des milieux où il va pour la première fois. Les personnes lui causent rarement la même im- [)ression. En revanche il lui arrive quelquefois de croire reconnaître dans des conversations nouvelles d’autres causeries identiques de mots et d’allures.
11 n’a pas cette impression à propos des phrases qu’il écrit ' ».
M. Aux ALU ■ a noté un cas de paramnésie observé chez un aliéné. Gomme le cas est assez rare et fort bien observé, nous le citons avec quelques détails.
Le sujet observé est un ancien ollicicr entré à l’asile de Vanves en 1894.
Louis a été au ’fonkln ; il y a demeuré cinq ans environ, et pendant son séjour là-bas il a été atteint à diverses rc[)rises de la lièvre paludéenne. C’est à la suite d’un dernier accès plus grave que les autres qu’il est rentré au pays.
Kevenu en brarice, dans un état de santé très précaire, il présente une amnésie (jénéralisée, (pii s’étend à la fois sur le pas.sé et le [irésent; il a perdu une grande |)arliedcs souvenirs Iix(;s avant sa maladie et est incapable d’en emmagasiner de nouveaux ; il n;pétait la meme rpiestion cuvj ou six fois en tjiielijaes minutes^. Lu an et demi après sa lièvre [laludécnne