‹ La mémoireChapitre 126 sur 148 · I.V MKMOIRE · texte numérisé non relu

I.V MKMOIRE

Ce])enclanl le malade raisonne cl arrive [jarloi> logiquemenl à nier cei lains faits. 11 écrit à son frère : « J’ai suivi jour par jour mon séjour précédent dans cet établissement, j’v ai retrouvé au fur et à mesure les mêmes articles de journaux. ] oiis m'y avez envoyé les mêmes fausses nouvelles : la mort deM"® \...

le mariage de M"®Z... Je ne puis écrire à \

ne sachant [>as exactement si c'est vrai ou buix. // me semble bien pourlanl (jue c'est faux, puis/jue je suis sûr d'avoir lu la meme chose l'an dernier, ainsi que le mariage de /... J'ai beau a^oir la tète malade, il y a évidemment des choses qui s'vlixent. et celles-là en sont. Je n’écrirai j)as à M'"® \ mal-

gré la parfaite occasion (pie me donne la pseudo-mort de sa lille.

J’agirai exactement de la meme façon que la premièie fois, cl je suis sùi de ne pas lui avoir écrit l'an dernier, je le sens à la netteté avec Imjuelle je jiremls la résolution de ne pas lui écrire. »

N oilà bien, sembic-t il, le jdus beau cas de paramnésie conq)lète absolue et incoercible.

On pool à la riguenr considérer comme maladies d(‘ la mémoire de reeonnaissam'e toutes les ta'cités. surdités, etc., produites ]iar l('s lé-Mons. alt<''ralions. destructions de ('('itaiiu's régions de 1 éi'orci'.

Ainsi le chien à (|ui l'on ('idève la substance grisi' d(' IV’eoivi' à la partii' supénii'im' et posténeuri' des IoIh's oenpitaux l'st atti'int di' e('cité psxeliKpie, d a perdu les souM'iiirs \isu(ds emmagasmé's dans la par li(‘ enle\{'(v « Le ebien ainsi opi’-ré se promène en li berti' dans la chambre, sans se heurter à aucun ob-

IDEXTIFIC VT[ON ET I.OCAUSATION

jet même lorsqu’on lui cou[)e le chemin, il évite ou saute les obstacles assez adroileuient ; mais il existe dans le domaine psychique de la vision un Ironhle particulier : il ne remarque ni Feau ni les aliments (pu sont là, même s’il a faim et soif, il est indill'érent à tout ce cpi’il voit, les menaces ne l’elTraient pas, on [)eut a[)procher de ses yeux une llamine, sans le faire éloigner, il ne donne plus la patte (piand on la lui demande à hante voix ; la vue de son maître, la vue d’autres chiens le laissent impassible. 11 est évident que par l’extirpatiou de la zone indiqué'e, le chien éprouve de la cécité psychique, c’est-à-dire ({u’il a perdu les images-souvenirs acquises pai’ les percc|)tions visuelles antérieures, de sorte (pi’il ne connaît ou ne reconnaît plus ce qu’il voit ; il est levenu à l’étal d’un jeune chien. En cll'et, on le voit se diriger et flâner de tous ccàtés pour réap])rendre à connaître ce cpii l’eiitoure ; il subit de lui plonger (piel([uefois le museau dans sa jatte de lait pour (pi’il en ac([ui(“re désormais la notion. Feu à peu il se ré*- ('‘diique et, au bout de (pielques semaines, il ne se distingue pas des autres chiens. Le point lésé ne conqirend donc [>as toute la sphi’ir visuelle, celle-ci s’étend plus loin et occtqie le lolie occipital tout (mi tier ; niais il en est le C(‘iilr(‘, il est le siège de la [ilupart des images souvenirs acipiises par les perceptions antérieures ' ».

La maladie de la mémoire de reconnaissance dépend ici uni([ucmcnt de l’ablation des traces Fixées

I. Description de l'expérience de Munk, d’après M. Nodet. Les agnoscies. Thèse, Paris, p. nj.

T,\ MKMOTUK

anlôricuremont, lesr|uelles étaient reliées par des voies de moindre résistance à tout un groupe d’autres images fixées elles-mêmes sur divers points de l'écorce.

La rééducation a pour but de fixer des images visuelles dans la partie du lobe occipital démeurée intacte et de former des liens nouveaux, des associations entre ces images visuelles et les images des autres centres corticaux.

L’agnosie ou agnoscie est donc, à proprement parler une altération, de la mémoire d'identification résultant de l’impossibilité pour l’impression actuelle de se reformer sur le point même où elle s'est formée autrefois. La formation sera donc exactement aussi diilicile et aussi longue que si elle entrait dans la conscience pour la première fois.

On a créé le terme d’asvmbolie' poiir désigner l'affection des malades qui ne reconnaissent plus ni les personnes ni les lieux. euxicke a donné à ce vocable une signification un peu différente mais plus })récise : l’asymbolie selon lui « consiste essentiellement dans la disparition des souvenirs nécessaires à la conq)rébension des ol))Cls* ».

O’est bien là ce que l'on observe dans les cas de cécité verbale : ]>ar cxemjile, le malade reconnaît les mots comme dessins, mais ]ias comme mots.

Je. cite un cas de cécité psvcbi(]ue pure relaté par M. iNoUET *.

Le siijcl, un vieillard de <pialre-vingls ans, doué

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