‹ La mémoireChapitre 26 sur 148 · I. /'. Psycli. tuicl Phys. cl. siii., X.V, f · texte numérisé non relu

I. /'. Psycli. tuicl Phys. cl. siii., X.V, f

Leipzig, 1897.

ciilaleurs du type auditir-motenr et du type visuel : il aj)plique les procédés du savant français à l'analyse de la mémoire courante, f ne svllabe. dit-il, ])eut être retenue comme son, comme mouvement d'articulation, comme assemblage de lettres imprimées ou écrites.

En fait elle est retenue sous cbacune de ces formes à la fois; mais une des quatre mémoires prédomine: l’importance relative des quatre composantes détermine un com])lexus typique düTérent chez chaque individu. L’auteur se propose de déceler les signes caractéristiques qui dilTérencienl l'auditif-moteur du visuel.

Disposilif experimental. — Le sujet est assis à une certaine distance d’un écran noir muni d'un volet : celui-ci s’ouvre quand on comprime un tidve pneumatique, et se manœuvre comme les obturateurs automatiques dont se servent les photographes; il tient donc en main la poire de caoutchouc: un ju-emier signal l’avertit de se tenir |irèt ; au second signal, donné deux ou trois secondes ajirès le premier, il presse la poire de caoutchouc et le volet se lève: juiis il ht les syllabes.

La lecture ne se fait |k\s chaque fuis dans des conditions identi(pies :

i“ Le sujet articule à haute voix les svllabes qu'il lixe ;

Il les lit en eiujxh'hant autant (pie possible tout mouvement d'aiticulation : la langue recourh(V ('U haut jiresse contre le voile du palais, les lèvres sont fort(Muent si'rrées. dette position permet encore certains nuHivements phonateurs, notamment dans

LES tyEes de mémoiee

le larynx; mais l’anleur prélend cjiie ses sujets, interrogés par lui, n’ont pas eu conscience d’avoir senti ces derniers mouvements ;

3“ Le sujet lit en chantant une voyelle;

/i“ Il compte de I à 20 ';

5“ Le sujet lit, tout en faisant des numérations relati\emcnt compliquées, i, 3, 5 ou 2, 4, (i ou 20, 19, 18, etc.

.\près avoir lu, dans les conditions dillérentes indi([uées, les caractères présentés, douze lettres disposées dans douze cases; trois rangées de quatre; le sujet ferme l’obturateur, compte sans discontinuer de I à 20 durant 10 à 3o secondes, ceci pour s’empêcher de prononcer les lettres. Après cet intervalle de temps, le volet se relève et on montre au sujet un tableau composé de douze cases semblables à celles du premier test; seulement, les cases sont vides, à l’exception d’une d’entre elles. Dans celle-ci est inscrit soit une lettnq soit un point d’interrogation : le sujet doit dire si la lettre est la même (pie celle qui occupait la case correspondante du test, ou remplacer le |)oint d’interrogation par le caractère corres- [londant du tableau étalon.

L’auteur considère la première épreuve comme donnant la mesure de la mémoire de reconnaissance, la deuxième mesure d’après lui la puissance de la mémoire de reproduction.

Quatre sujets seulement ont pris [>art aux expériences. Encore faut-il noter (jue deux seulement de

I. Cette numéralioii exige plus (J’atteiitioii r|ue celle (|u’eiii ploie M. Smith (voyez iilus loin) en luiuiil ses sujets de comiiler seulement de 1 à 3.

ces quatre personnes ont été soumises à l’ensemble des épreuves. Les premiers sujets, MM. C. et H., n’ont fait que les deux premières sortes d’expériences : 1° en lisant et prononçant les lettres du test qui leur était présenté pendant 1 2 secondes ; 2° en regardant les lettres durant le même temps, mais en chantant les voyelles a ou i. Après un intervalle de 10 ou 3o secondes, on leur montrait les tests de la 2' ou de la 3“ catégorie (un tableau ne contenant qu'une seule lettre ou un point d’interrogation). En tout vingtquatre expériences. Ces deux sujets ont commis dans la première série (visuelle-auditive-motrice avec le test 2 (reconnaissance), le premier 3 erreurs: le deuxième !\ erreurs ; avec le test 2 (point d’interrogation) mémoire de reproduction, le premier 9 erreurs, le deuxième 6 erreurs, soit pour la mémoire de reconnaissance 12 pour 100 d'erreurs chez M . C. et 16 pour 100 d’erreurs chez M. II. Pour la mémoire do reproduction : C. a 3y pour 100 d'erreurs et H. 25 pour 100. Après un intervalle de 3o secondes le pour cent des erreurs est beaucoup plus considérable.

Le nombre d’erreurs commises, quand le sujet mémorise en cbantant une vovelle, devient pour la mémoire de reconnaissance 2Ô pour 100 chez C. (au lieu d(' 12 |)Our 100 (piaml il prononçait), emiron 2() pour 100 chez 11. (contre 1 ti jiour 100 dans la I série) et |)our la mémoire de reproduction chez. C. environ 58 pour 100 (contre 3^ pour 100 dans la série visuelle auditive motrice), et chez 11. euNiron 1)2 |)our 100 au lieu de 25 pour 100 dans la ])remière série. D’après rensenible des résultats, les deux su-

l.F.S TYl’KS DK \IE^[OIl(R

jets C. cl II. semblent nettement aiiditils-moteui-s. Sur deux autres sujets M. Conx a fait faire la série complète des expériences.

Les chilTres obtenus sont les suivants :

Pour M"® G. C. qui ne lisait les lettres qu’une seule fois. Je transcris le tableau de la page 170.

i” Lecture et prononciation, réponses exactes : rec. 38,5, rep. 38 sur 48 expériences;

U” Lecture sans mouvements d’articutation ; rec. 3ç), re[>. 4o sur 48 expériences ;

3'> Lecture en prononçant une voyclte : rec. 35,5, rep. 35,5, sur 48 expériences;

4° Lecture en comptant tie i à 20 : rec. 4o, rep. 3o,5 sur 48 expériences ;

5“ Lecture en comptant d’une manière complexe : rec. 34,5, rep. 33,5 sur 48 ex[)éricnces.

D’où il appert que ce sujet se sert surtout de la mémoire visuelle; aucune stimulation auditixe ou motrice, ne l’aide, ni ne le trouble.

Les renseignements fournis par le sujet confirment cette interprétation. M"® G. G. remarcpie la forme des lettres, leur disposition dans les cas(;s, et confond les caractères (pii se ressemblent |)ar la forme : les h avec les l par exemple.

Le sujet B au contraire, cpii, lui, lit deux fois les caractères qu’on lui jirésente, est troublé jiar les

distractions auditiv

CS

motrices; 1

le nombre de

réponses exactes est

Uans lo C cas. Hoc. :

; Hep. ,

, sur '18 expériences

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lilEKVLIF.T.

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LA MÉMOIUE

Sur les quatre sujets soumis à la méthode analytique de M. Coiix un seul se révèle visuel, les trois autres auditifs-moteurs. Il importe de remarquer ([u’il s’agit ici non des souvenirs en général, mais de la mémoire du langage en particulier. Il résulte des expériences faites sur les quatre premiers sujets que les ilistractions ne diminuent presque pas la puissance de la mémoire du visuel et altèrent profondément celle de l’auditivo-motcur. Partant pour savoir si un sujet fixe les mots par les yeux ou par l'oreille et les muscles phonateurs, il sullit d'emplover le test imaginé par M. CoHX ; si l'émission continue d'une voyelle ou l’exercice de couqiler diminue d'une façon a[)préciahle la mémoire du sujet, c'est que celui-ci est un auditif moteur ; dans le cas contraire il huit le tenir pour visuel.

Il importait d’essayer ces critériums sur un nombre plus considérable de sujets ; comme la série des expériences faites sui' les ipiatre |iremiers est relativement longue ('t conqiliipiée, M. Coiix l'a simpliliée en imposant à ses sujets plus nombreux de dire, après un t('iu|)sde repos de lo secondes, combien ils avaient retenu de' tests. Les lettres du tableau étaient ; i" lues à haute voix ; -.P lues sans mouvemeul de prononciation, par les \('u\ seulement; .'V’ lues sans articulation mentale, le sujiM chantant une xoxelle.

On a interrogé b's sujets aliu di' saM)ir (piel était cluv. cbacam la nature des images prt’pondéranles.

Les résultats de ci't examen sont moins nets cpio c('u\ des expériences précédentes et révèlent la dixersilé et la complii'at ion des t\|ies.

Ainsi sur dix sujets AL Coiix en trouve trois qui

TES TYPES DE MEMOIRE 63

sont visuels, trois andilifs-mofcurs cl qiialre indelermines.

M. (ioiiN, (le l’cnscrnblo des c\[)ci ienccs, croit pouvoir tirer les conclusions suivantes :

i“ L n sujet fpii mémorise pi incipalemcnl les images auditive-motrices est troublé davantage par les distractions de la même espèce que ne l’est un visuel ;

2" Lors(pie des distractions de cette espèce rendent dilliciles des images auditives-molriccs, elles provoquent la Ibrmation des images visuelles ; la mémoire visuelle remplace l’autre.

M. le 1)’’ Toi 1,01 sE dans l’empiêtc médico-psycbologicpie entiaqirise sur M. Zola a analysé d’une façon complète la raculté rélenlive du célèbre roTuancier; nous ne parlerons ici (|ue de la mémoire au [)oint de \ue f|ualilali(’, de la délenuinalion du type, sans insister sur la mémoire profession nel le dont il sera parlé [>lus loin.

Kj-amen de la mémoire du laïujnije. — Le roman cier a été soumis à re\|)érienco imaginée, par

MM . liIAET et II EMU '.

Le test euq)lo\é est un tableau di\isé eu doii/e carreaux; cbacun contient une lettre; le sujet doit lire ces douze lettres deux fois de, suite avec une vitesse naturelle, jiiiis on lui donne un tableau semblable au précédent mais dont les douze canc'aux sont vides, il doit y insérer les lettres retenues. La natuic des erreurs commises indique s’il est visuel ou aiidi-

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