I. .VI. Bimet. O//, cit., p
L’avanlage appartient à M. Diamandi pour répéter les cbilTres dans un ordre différent.
Ainsi pour énoncer les chiffres du tableau en colonnes ascendantes ou descendantes, M. Diamaadi est en moyenne deux fois plus rapide; il conserve la même supériorité pour énoncer les chiffres suivant une ligne spirale à spires convergentes, et il met même trois fois moins de temps pour énoncer les chiffres selon une série de sécantes parallèles, traversant le tableau de gauche à droite et de bas en haut. D’où peut provenir cette différence?
Très probablement elle provient en partie du type de mémoire; de ce fait que ùl. Diamaxdi voit et M. Inalui entend. M. Ixaldi, qui nous a expliqué clairement ses procédés, arrive à bout de l'expérience en se laissant guider par la valeur des nombres ; ainsi dans la lecture par colonnes ascendantes, il prendra d’abord les unités de chaque nombre, puis les dizaines, puis les centaines et ainsi de suite; dans la diagonale, il prend l’unité du premier nombre, la dizaine du second, la centaine du troisième, etc., ce qui l’oblige à sc remémorer le nombre entier. De là la longueur de l'opération.
Kn ce (pii concerne M. Diamaaui. nous pouvons constater ([u'il se tire Inillammont de scs expériences, mais qu’il n’arrive point à « réciter les chiffres suivant la diagonale avec autant de rapidité que de gauche à droite. Nous avons dé'jà constaté celte différence dans une expérience antérieure ».
\|)rès avoir observé les deux sujets précédents chez lesquels la mémoire typique congénitale a déterminé une vocation, M. Bixet a entrepris une série
LES TYPES DE MEMOIRE
de recherches et d’expériences sur une mémoire pro fessionnelle acquise : celle des joueurs d’écliccs, qui sont capables de jouer sans voir l’échiquier.
Ln premier sujet, un jeune Alsacien, i\l. Goetz, qui en février i8gi venait de jouer au café de la Régence huit parties sans voir, interrogé [lar M. l>i- XET sur la façon de se rappeler la position des pièces sur l’échiquier, répondit « qu’il avait à cœur de me ' démontrer que la mémoire visuelle ne joue aucun rôle dans le jeu sans voir ». Cette allirmalion contredit toutes les opinions courantes. Tous les auteurs qui se sont occupés de la question et notamment Taixe, ce dernier se basant sur une observation faite sur un Américain de ses amis, considèrent comme indispensable au jeu sans voir, la faculté d’avoir de l’échiquier et de ses différentes pièces une image visuelle presque aussi nette que la réalité. Cette image se modifierait ajirès chaque nouveau coiq).
Le sujet observe par Taine alTirmait entre autres ceci : « Il est bien plus facile de me tromper lorsque je regarde l’échiquier rpi’autrcment. ,\u contraire (ipiand je suis dans mon coin), je délie qu’on m’annonce à faux la marche d’une pièce sans qu’à certain moment je m’en aperçoive. Je vois la [lièce, la case et la couXmr exaclernenl telles que le tourneur les a faites, c’est-à-dire que je vois l’échiquier rpii est devant mon adversaire, ou tout au moins j’en ai une re[)résentatiou exacte, et non pascelled’iin autre échi([uier. C’est au point que moi, rpii n’ai [)lus depuis longtenqis l’habitude de jouer, je commence toujours, avant d’aller